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Poésie

Posts Tagged ‘jaune’

Te souviens-tu ? (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Te souviens-tu ? Nous nous sommes rencontrés, séparés
Le soleil était jaune comme le wars
Le vent asphyxié
Sans te frôler, j’ai imaginé tes seins
Tes reins, tes hanches et plus bas
L’étoile du nombril
L’idée de redevenir enfant
Rendait ses traits à mon visage
Et à mon âge ses premiers chagrins

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Sans doute vois-tu les images (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration: Suzuki Harunobu
    
Sans doute vois-tu
Les images que je nourris
En pensant à toi :
En cette soirée de printemps
Jaunes se déchirent les nuages

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Je voudrais perdre toute conscience de mon être (Dany Laferrière)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2019



Je voudrais perdre
toute conscience
de mon être
pour me fondre
dans la nature
et devenir une feuille,
un nuage
ou le jaune de l’arc-en-ciel.

(Dany Laferrière)

 

 

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LA LUNE JAUNE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

yellow-moon

LA LUNE JAUNE

Ce long jour a fini par une lune jaune
Qui monte mollement entre les peupliers,
Tandis que se répand parmi l’air qu’elle embaume
L’odeur de l’eau qui dort entre les joncs mouillés.

Savions-nous, quand, tous deux, sous le soleil torride
Foulions la terre rouge et le chaume blessant,
Savions-nous, quand nos pieds sur les sables arides
Laissaient leurs pas empreints comme des pas de sang,

Savions-nous, quand l’amour brûlait sa haute flamme
En nos coeurs déchirés d’un tourment sans espoir,
Savions-nous, quand mourait le feu dont nous brûlâmes
Que sa cendre serait si douce à notre soir,

Et que cet âpre jour qui s’achève et qu’embaume
Une odeur d’eau qui songe entre les joncs mouillés
Finirait mollement par cette lune jaune
Qui monte et s’arrondit entre les peupliers?

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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Gentiane (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    

Gentiane

Altière montagnarde
reine jaune
douce-amère
des prés.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Millepertuis (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019



 

Illustration
    
Millepertuis

Par le tamis
des pores
le soleil mûrit
le jaune d’or
des pétales vulnéraires.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Une question de langue (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



    

Une question de langue

Il regarde le ciel
comme on pose
une question rose
à une baleine jaune
et chaque matin
la baleine
lui répond

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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JUST A MEMORY (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2019



Jean Rousselot

JUST A MEMORY
A Luc Decaunes.

L’air docile revient et s’infiltre comme un chien persévérant.
Oui, mon front est toujours levé dans la fumée.
Oui, ma main va toujours sur le papier.
Oui, tu me retrouves malgré tout.
Dans toute l’Europe, combien sommes-nous à respirer l’air d’autrefois
dans les chambres jaune et bleu ?
Reste avec moi, vieux chien, vieille mémoire :
courte sera ma vie.

(Jean Rousselot)

 

 

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FUITE (Raymond Federman)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



FUITE

ma vie a commencé dans un placard
sous les dépouilles et la poussière
je suçais des morceaux de sucre volés
dehors la lune à petits pas arpentait le toit
ponctuant le début de mon surcroit de vie
replié dans la fragilité de mon aventure
la curiosité me poussa dans l’escalier
mais je butai sur la douzième marche
et les portes ouvrirent des yeux muets
d’effarement devant ma nudité
pendant que je courais sous le ciel indifférent
les mains serrées sur un paquet de peur
une étoile jaune tomba du ciel
et frappa ma poitrine
c’est alors qu’ils m’attrapèrent
et m’enfermèrent dans une boîte
qu’ils trainèrent partout sur la terre
pour figurer ma honte
autour ils se battaient à coup de pierres
et faisaient des étoiles un énorme brasier
tous les jours ils venaient me toucher
mettre leurs doigts dans ma bouche
et me marquer de noir et ce bleu
mais par une fissure dans le mur
je vis un arbre en forme de feuille
et un matin un oiseau me vola dans la tête
je me mis à aimer si fort cet oiseau
que quand mon maître à l’oeil bleu
regarda le soleil et s’aveugla
j’ouvris la cage et cachai
mon coeur dans une plume jaune

***

ESCAPE

my life began in a closet
among empty skins and dusty hats
while sucking pieces of stolen sugar
outside the moon tiptoed across the roof
to denounce the beginning of my excessiveness
backtracked into the fragility of my adventure
curiosity drove me down the staircase
but I slipped on the twelfth step and fell
and all the doors opened dumb eyes
to stare impudently at my nakedness
as I ran beneath the indifferent sky
clutching a filthy package of fear in my hands
a yellow star fell from above and struck my breast
and all the eyes turned away in shame
then they grabbed me and locked me in a box
dragged me a hundred times over the earth
in metaphorical disgrace
while they threw stones at each other
and burned all the stars in a giant furnace
every day they came to touch me
put their fingers in my mouth
and paint me black and blue
but through a crack in the wall
I saw a tree the shape of a leaf
and one morning a bird flew into my head
I loved that bird so much
that while my blue-eyed master
looked at the sun and was blind
I opened the cage and hid my heart
in a yellow feather

(Raymond Federman)

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Ce piano voyage en dedans (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2019




    
Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars
déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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