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Poésie

Posts Tagged ‘jaune’

Notre eau croupit (Michel Besnier)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2022




Illustration: Henri Galeron
    
Notre eau croupit
dans des marmites
rouillées où on se lave
le croupion

On nous jette
des restes des
miettes des
croûtes des
mioutes des
criettes des
couennes des
épluchures
des coulures
des fonds des
oublis des
vieux rabs
des ordures

Avec tout ça on
fait des oeufs
au jaune pur

(Michel Besnier)

 

Recueil: Mes poules parlent
Traduction:
Editions : Møtus

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Un bonheur pas tout à fait éclos (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
Un bonheur pas tout à fait éclos

fragile comme la première primevère dans l’herbe
où on marche fragile comme le grand soleil jaune
au milieu d’octobre déjà froid
un bonheur tout petit un peu malingre encore
On a envie de le protéger des grands
de souffler doucement sur ses doigts pour les réchauffer
de lui donner la main comme à un petit enfant

Un bonheur un peu malheureux
On l’aime bien quand même

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Désirs (Abdourahman A. Waberi)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2022



Wilhelma zoological and botanical gardens, Stuttgart, Germany

Wilhelma zoological and botanical gardens, Stuttgart, Germany

 

Désirs

Je suis le bruit du monde
le balancement inapaisé entre ici et ailleurs
la frondaison muette du cactus
le bois rugueux qui recouvre le gecko
les rais du caméléon jaune soleil
le lit du livre-monde
où les pages sont autant des vagues de la quête
toujours recommencée

(Abdourahman A. Waberi)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Fortune (Joseph-Paul Schneider)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2022




Illustration: Alex Nabaum
    
Fortune

Il y a toujours quelque part
quelqu’un debout devant une
porte inconnu ennemi ami noir,
jaune ou blanc qu’importe

parle pour l’amitié
viens au secours de
celui qui attend
laisse parler le coeur

la porte que tu ouvres
est chance pour lui
chance pour toi

ta générosité est ta fortune

(Joseph-Paul Schneider)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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Tu me grondes (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022




    

Tu me grondes
parce que j’ai les doigts
de toutes les couleurs
noir-polar
ou jaune-sable des squares
parfois blanc-banquise
ou rouge-révolution
et même bleu-contusion
Tu me grondes
et tu te trompes
mes doigts je les ai trempés
dans l’amitié
des mains
des enfants
du quartier

des enfants
du monde entier

(Joël Sadeler)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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Complainte de printemps (Jin Chang-xu)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022


Complainte de printemps

Chasse donc ce loriot jaune
Qu’il cesse de chanter sur la branche !
Son chant interrompt mon rêve
Jamais je n’atteindrai Liao-xi !

(Jin Chang-xu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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L’habitant des montagnes (Guyuedeng)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



Illustration: Shitao
    
L’habitant des montagnes
Vivant au bord de l’eau dans une grotte rouge,
Sans gloire ni revers, occupé de loisirs,
Le vieux bonze ne sait revenir à la source,
Il s’abandonne aux monts qui virent du vert au jaune.

(Guyuedeng)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Le Petit Chat (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;
Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie,
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille,
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant ! »
Il s’assied… Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

(Edmond Rostand)

Recueil: Les Musardises
Traduction:
Editions:

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Portrait de Jean-Daniel (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2022



Illustration: Marfa Indoukaeva
    
Portrait de Jean-Daniel

Il est court et fort, il n’a la semaine
pour pouvoir travailler à l’aise que sa
chemise et un pantalon de grisette,
mais le dimanche il met un habit noir.

Il a de larges épaules, un visage
osseux qui a la couleur du soleil, des
moustaches jaunes qui sentent le vin
et de petits yeux vifs et pâles.

Son parler est lent et chantant
comme ses gestes et comme quand il marche
à pas égaux, tranquillement,
en regardant le ciel au-dessus de lui
pour voir le temps qu’il va faire,
les champs déserts où le blé germe,
la terre qu’il aime, parce qu’il en vit.

Et il va à l’auberge le soir
jouer aux quilles
ou danser avec les filles,
parce que çа fait du bien des fois de s’oublier
après qu’on a bien travaillé,
parce que rien ne vaut de sentir dans sa main
la main de sa bonne amie,
parce que le vin est frais dans les verres,
après une pipe, dans les grandes chaleurs.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Le Pays (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022




    
Le Pays

C’est un petit pays qui se cache parmi
ses bois et ses collines;
il est paisible, il va sa vie
sans se presser sous ses noyers;
il a de beaux vergers et de beaux champs de blé
des champs de trèfle et de luzerne,
roses et jaunes dans les prés,
par grands carrés mal arrangés;
il monte vers les bois, il s’abandonne aux pentes
vers les vallons étroits où coulent des ruisseaux
et, la nuit, leurs musiques d’eau
sont là comme un autre silence.

Son ciel est dans les yeux de ses femmes,
la voix des fontaines dans leur voix;
on garde de sa terre aux gros souliers qu’on a
pour s’en aller dans la campagne;
on s’égare aux sentiers qui ne vont nulle part
et d’où le lac paraît, la montagne, les neiges
et le miroitement des vagues;
et, quand on s’en revient, le village est blotti,
autour de son église,
parmi l’espace d’ombre où hésite et retombe
la cloche inquiète du couvre-feu.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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