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Posts Tagged ‘jaune’

Retouche à la trêve (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

pomme jaune  1

retouche à la trêve

jaune de jalousie
sur la table une pomme
attend le matin

près du couple qui dort

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Eau-Couleur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



Eau-Couleur

Liquide est le Pays de la Couleur; il est
dans l’aniline des bocaux de pharmacie.
Tout juste un regard, et je plane sur le vert
non pas le vert forêt, mais le vert d’outre-vert.

Et dessous la cloche le bleu est une baie.
Je voudrais y naître; je suis en train de naître.
Du jaune je traverse la lagune d’or.
La couleur est l’étant; le reste, bavardage

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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La rivière de l’Ouest à Chu-zhou (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
La rivière de l’Ouest à Chu-zhou

Au bord de l’eau, seul à chérir ces herbes cachées
Un loriot jaune chante là-haut au fond des feuillages
Chargée de pluie, monte au soir la crue printanière
Embarcadère désert : flottant de travers, une barque…

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Du haut du pavillon des Cigognes (Wang Zhi-huan)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Du haut du pavillon des Cigognes

Le soleil blanc s’efface par-delà les montagnes
Le fleuve Jaune se rue vers la mer
Vaste pays qu’on voudrait d’un regard embrasser :
Montons encore d’un étage

(Wang Zhi-huan)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2020


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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BESTIAIRE DES AMANTS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



Illustration: Pierre Paul Rubens
    
BESTIAIRE DES AMANTS

Amants endormez-vous
après de tendres soins
serrez-vous aimez-vous
vos rêves iront loin
Bien au-delà du jour
au profond du sommeil
du bon-chaud de l’amour
renaîtra le soleil
Un écureuil viendra
Entre vos deux orteils
un lézard glissera
Tous vos amis de nuit
la loutre et le renard
le chat et la fourmi
accourront sans retard
à pas feutrés de rêve
jusqu’au chant de l’alouette
et se mélangeront
sans mordre ni crier
au jaune hérisson
à la fauvette huppée
Les hôtes amicaux
viendront à pas feutrés
jusqu’au cocorico
d’un grand coq très distrait
qui chassera enfin
cette ménagerie
que la soif ni la faim
n’auront jamais surpris
Sur la main de l’enfant aimée
un rossignol vient et se pose
(La gazelle viendrait aussi
mais elle a peur et elle n’ose)

La truite et le chien de mer
s’en vont naviguant de conserve
Le toucan l’étoile de mer
restent tous deux sur la réserve
Devant le bélier qui insiste
pour que le chat touche à ses cornes
ne sachant trop si elle existe
longuement pleure la licorne
La taupe et le corbeau
s’en vont à petits pas
Le renard les chevaux
marchent tout près du rat
et la chauve-souris
veille sur la dormeuse
tandis qu’une perdrix
lui chante une berceuse
La girafe et le chien
le lion le pangolin
le zèbre et la vigogne
flairent les endormis
les lèchent doucement
et parlent en amis
aux fidèles amants
qui s’éveillent enfin
lorsque le réveil sonne
et leur rend leur matin
de vraies grandes personnes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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A qui vais-je demander l’heure ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Si je suis mort sans l’avoir su,
à qui vais-je demander l’heure ?

Où donc, en France, le printemps
puise-t-il tant et tant de feuilles ?

Où un aveugle peut-il vivre,
harcelé par un vol d’abeilles ?

Si le jaune un jour disparaît,
avec quoi ferons-nous le pain ?

(Pablo Neruda)

Illustration

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Où finit l’espace (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2020



Le jaune des bois d’aujourd’hui
est-il celui de l’an d’hier ?

Se répète-t-il, le vol noir
de l’oiseau de mer obstiné ?

Faut-il, là où finit l’espace,
parler de mort ou d’infini ?

Quel poids charge le plus la taille :
les douleurs ou les souvenirs ?

(Pablo Neruda)

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Avec du papier un peu jaune (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



coquetier

Avec du papier un peu jaune
des mains que je ne connais pas
avaient fait le petit sac
où le crémier a mis mes deux oeufs à la coque

Eternité éternité
que le papier du petit sac
le dise à la postérité

(Pierre-Albert Birot)

Illustration

 

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Aussi simple que l’est ta main, te voici nue (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



Guan ZeJu  025 [800x600]

Aussi simple que l’est ta main, te voici nue :
lisse, terrestre, fine et ronde, transparente,
tu as des lignes de lune, chemins de pomme,
toute nue tu es mince comme le blé nu.
Nue tu es bleue, du bleu de la nuit à Cuba,
l’étoile en tes cheveux se mêle au liseron,
toute nue tu es jaune et tu es gigantesque,
on dirait un été dans une église d’or.
Nue te voici petite ainsi qu’un de tes ongles,
courbe, rose, subtile jusqu’au point du jour
qui te verra rentrer au souterrain du monde
comme en un long tunnel de travaux, de costumes :
et ta clarté s’éteint et s’habille et s’effeuille
et devient à nouveau une main toute nue.

***

Desnuda eres tan simple como una de tus manos,
lisa, terrestre, mínima, redonda, transparente,
tienes líneas de luna, caminos de manzana,
desnuda eres delgada como el trigo desnudo.
Desnuda eres azul como la noche en Cuba,
tienes enredaderas y estrellas en el pelo,
desnuda eres enorme y amarilla
como el verano en una iglesia de oro.
Desnuda eres pequeña como una de tus uñas,
curva, sutil, rosada hasta que nace el día
y te metes en el subterráneo del mundo
como en un largo túnel de trajes y trabajos :
tu claridad se apaga, se viste, se deshoja
y otra vez vuelve a ser una mano desnuda.

(Pablo Neruda)

Illustration: Guan ZeJu  

 

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