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Poésie

Posts Tagged ‘jaune’

DANS LA FORET (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



DANS LA FORET

Simulant un amour humain,
Tendrement de la gorge un oiseau m’appelle.

Un oiseau criard de toutes ses forces
Rit tout seul dans la forêt.

Les langues d’herbe sont molles
Et les pas des chevaux
Sèchent aux bords des marais.

La menace lointaine
Court dans le cri lointain des chiens
Et dans le chant des mouches.

Une fleur jaune se balance,
Seule jaune de la clairière ombragée,
Et le vent en bas crie et s’enfuit
De la rade du vent.

(Pierre Morhange)


Illustration

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Mayo jaune (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration
    
Mayo jaune mollet dur

L oeuf

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LA MER (Norge)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018


 


LA MER

Il est difficile de peindre la mer,
mais il est simple de peindre des vagues.
Toutes les couleurs conviennent,
elles sont toujours justes,
car il existe des vagues de toutes les couleurs.
Voilà pourquoi l’artiste dessine beaucoup de vagues,
puis il étend des jaunes, des bleus, des verts, des gris, des bruns mêmes.
Enfin, il peint le sentiment.
C’est le plus important pour la mer.

(Norge)


Illustration: Geneviève Goulley

 

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Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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Est-ce possible ? (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Werner Lambersy
    
Hier, cheveux jaunes, dents
blanches.

Aujourd’hui cheveux blancs,
dents jaunes.

Est-ce possible ?

Avant, amour à découvrir.
Après, amour à découvert.

Poussé hors du monde.
Est-ce possible ?

Thé froid.
Je vais chez le voisin

(Werner Lambersy)

 

Recueil: L’éternité est un battement de cils
Traduction:
Editions: Actes Sud

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La jolie sandwicherie (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Ah ! la jolie sandwicherie
dont la salade
marque les pages
d’un roman en pain de mie.
J’y lis:
« La vie est une bille
de mie de pain.
On la mange, et hop ! on a toujours faim! »
Sous son store jaune canari,
Ah, comme elle est simple et jolie
l’histoire de la sandwicherie !

(Alain Serres)

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Eux les tournesols (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



    
eux les tournesols
quand le soleil disparaît
leurs têtes s’inclinent
retombent ne sont plus
que ce coeur noir
ce jaune éteint

tu te voyais en eux

tête baissée
tu stagnais
prisonnier d’une attente
inerte

regard mort
ou tu fuyais par les rues mornes
aspirant à retrouver la terre
à sentir monter en toi
la lueur qui pourrait
te redresser
te donner le cran
d’engager le combat

sans lumière
tu étais sans force

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Tout le jour (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
tout le jour
le tilleul a perdu
ses larges feuilles

des taches de lumière
jaune pâle
planant
dans l’air immobile

au soir
le noir des branches
nues

le tapis jaune vif
sur le vert du pré

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Les feuilles de l’arbre (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Les feuilles de l’arbre

Sur l’arbre le feuillage
S’agite doucement.
Tout jaune se courbant,
Flétri est son pelage.

Un oiseau sans tapage,
Sur l’arbre va et vient.
Le feuillage devient
L’espace de sa cage.

Mon âme la voici,
Et qui de branche en branche,
Déambule et s’épanche,
Muette comme lui.

M’envoler je ne puis.
Le rameau se balance.
Le silence s’avance,
Fragile et indécis.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Je t’aime… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    

Je t’aime…

I
Je t’aime et je ne sais ce que je te voudrais.
Hier res jambes douces et claires ont tremblé
quand ma gorge t’a touché, lorsque je courais.
II
Moi, le sang a coulé plus fort comme une roue,
jusqu’à ma gorge, en sentant tes bras ronds et doux
luire à travers ta robe connue des feuilles de houx.
I
Je t’aime et je ne sais pas ce que je voudrais.
Je voudrais me coucher et je m’endormirais…
La gentiane est bleue et noire à la forêt.
II
Je t’aime. Laisse-moi te prendre dans mes bras…
La pluie luit au soleil sur les arbres du bois…
Laisse-moi t’endormir et tu m’endormiras.
I
J’ai peur. Je t’aime et ma tête tourne, pareille
aux ruches du vieux banc оù sonnaient les abeilles
qui revenaient gluantes des raisins des treilles.
II
fait chaud. Les blés sont remplis de fleurs rouges.
Couche-toi dans les blés et donne-moi ta bouche.
Les mouches bleues au bas de la prairie — écoute ?
I
La terre est chaude. Il y a là-bas des cigales
près du vieux mur où sont des roses du Bengale,
sur l’écorce blanche et rugueuse des platanes.
II
La vérité est nue et mets-toi nue aussi.
Les épis crépiteront sous ton corps durci
par la jeunesse de l’amour qui le blanchit.
I
Je n’ose pas, mais je voudrais être nue ce soir…
Mais tu me toucherais et j’aurais peur de toi.
Je serais toute blanche et le soir serait noir.
II
Les geais ont crié dans le bois, car ils aiment.
Les capricornes luisants s’accrochent aux chênes.
Les abeilles qui aiment les longs vols blonds essaiment.
I
Prends-moi entre tes bras. Je ne peux plus qu’aimer
et ma chair est en air, en feu et en lumière,
et je veux te serrer comme un arbre un lierre.
II
Les troupeaux de l’Automne vont aux feuilles jaunes,
la tanche d’or à l’eau et la beauté aux femmes
et le corps va au corps et l’âme va à l’âme.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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