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CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE

gonfle sur son passage terre ridée,
soleils se gorgent d’air et se vident.
Sol fertile —
Surfaces jaunes croisent presque à la verticale un vert saturé,
elles grandissent en se rapprochant et nous montrent ici les atomes jaunes —
de joie, ils prennent part à la vie.

CHAMP D’ÉPIS

***

LEUCHTENDES HELLICHT

durchschwellt runzlige Erde,
Sonnen atmen auf und nieder.
Reichlicher Boden —
gelbe Flächen durchkreuzen steil ein gesättigtes Grün,
sie wachsen näher und zeigen uns hier die gelben Atome —
die spielen vor Lust an dem Leben.

ÄHRENFELD

(Egon Schiele)

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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Les ovales de deux citrons sur une table (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021


 


Vincent Van Gogh   3 [1280x768]

Les ovales de deux citrons sur une table,
notes jaunes soutenues autour de quoi gravitent les gammes bleues des raisins.
D’un vase rouge aminci par le haut, inquiétant et profond montent les bulles sonores des anémones,
accords de mauve et de carmin, avec des soupirs noirs et, çà et là, des dissonances de verts froids.
Une nappe blanche par-dessous reçoit les harmonies
et les propage comme une eau lisse, tandis qu’un livre ouvert, à côté, les raconte.

(Franz Hellens)

Illustration: Vincent Van Gogh

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SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT… (Bao Zhao)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT…
(Du cycle « Le chemin épuisant », quinzième poème)

Souvenez-vous
comme fièrement se dressait
la tour de la Poutre de Cyprès,
il n’en reste
que des ruines
envahies de ronces.
N’avez-vous pas vu
que le palais d’Afang,
si splendide,
est devenu un pré bourbeux
où nichent les perdreaux ?
Aujourd’hui,
des rangées de stèles serrées
couvrent les pentes
où jadis des beautés minces
aux manches flottantes
rivalisaient pour conquérir
le monde entier.
Leurs corps précieux
qui valaient leur poids d’or
ont bien changé.
Que le vin et le plaisir
soient notre but !
Ne faisons
que ce que le coeur désire !
Quand, un jour,
nous descendrons
vers l’argile jaune,
nous n’aurons rien
à regretter !

(Bao Zhao)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Des pensées (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



Des pensées jaunes
Des pensées violettes
Toutes blanches
Sous la neige de printemps

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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Elle est gravement gaie (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2021



Illustration
    
Elle est gravement gaie.
Par moments son regard se levait
comme pour surprendre ma pensée.
Elle était douce alors comme quand il est tard
le velours jaune et bleu d’une allée de pensées.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Orange (Diana Burazer)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



    

Orange
(ou poème d’amour)

Grosse et mûre, je la prends dans ma main gauche,
je la caresse de la droite,
mon index effleure presque tous ses plis.
Les noeuds,
où demeure sa tristesse durcie,
me surprennent toujours par leur taille.
De mes ongles, je fais une première incision.
Pas de résistance particulière,
pas de révolte.
En silence
une larme jaune
marque notre consentement
mutuel au pénible processus qui s’ensuit
et annonce le début.
Le reste en découle:
je lui dénude une épaule,
puis l’autre.
Ensuite la taille.

Bientôt entièrement nue
dans une fine chemisette transparente,
elle tremble devant nos yeux.

Vas-y, partage-la, elle a l’air bonne —
en attendant à une distance d’où
tout a l’air bon.
Je retarde mes derniers gestes
car je sais
qu’une fois nue et partagée
il sera difficile de garder
ne fût-ce que la mémoire
de sa beauté intégrale.

(Diana Burazer)

Traduit du croate par Vanda Miksic

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



    

EMMAÜS

Le soleil du soir en été calme le jeu
de la mort qui plante son dard
partout, dans la sueur et l’écrasement
de midi. Au ras de l’herbe sans bruit,

la coccinelle fait une dernière promenade
tandis que les autos passent en douce
de petites médailles jaunes au revers
de la colline qui se déshabille.

Assis, tu contemples tes pieds nus,
désormais affranchis des sentes et détachés
de toi, comme ces inconnus qui ont porté
la charge du jour et qui demandent

pourquoi, s’il faut mourir encore.

(Guy Goffette)

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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TROIS JOURS DE VENDANGES (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Daniel Ridgway Knight
    
TROIS JOURS DE VENDANGES.

Je l’ai rencontrée un jour de vendange,
La jupe troussée et le pied mignon ;
Point de guimpe jaune et point de chignon :
L’air d’une bacchante et les yeux d’un ange.

Suspendue au bras d’un doux compagnon,
Je l’ai rencontrée aux champs d’Avignon,
Un jour de vendange.

* * *

Je l’ai rencontrée un jour de vendange.
La plaine était morne et le ciel brûlant ;
Elle marchait seule et d’un pas tremblant,
Son regard brillait d’une flamme étrange.

Je frisonne encore en me rappelant
Comme je te vis, cher fantôme blanc,
Un jour de vendange.

* * *

Je l’ai rencontrée un jour de vendange,
Et j’en rêve encore presque tous les jours.
………
Le cercueil était couvert en velours,
Le drap noir avait une double frange.

Les sœurs d’Avignon pleuraient tout autour…
La vigne avait trop de raisins ; l’amour
A fait la vendange.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Quand survient l’heure (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020



Illustration: Sophie Vulliard
    

Quand survient l’heure nous nous donnons à la flamme
Du cœur. Éclatent en nous les couleurs de l’arc-en-ciel :
Du jaune au rouge en passant par l’orange, le roux…
Tant de passions aux entrailles que nous avions tues !

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Congrès international de la peur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Congrès international de la peur

Provisoirement nous ne chanterons pas l’amour,
qui s’est réfugié plus bas que les souterrains.
Nous chanterons la peur, qui rend stériles les embrassades,
nous ne chanterons pas la haine car elle n’existe pas,
seule existe la peur, notre mère et compagne,
la grand-peur des sertöes, des mers, des déserts,
la peur des soldats, la peur des mères, la peur des églises,
nous chanterons la peur des dictateurs, la peur des démocrates,
nous chanterons la peur de la mort et la peur d’après la mort,
et puis nous mourrons de peur
et sur nos tombes pousseront des fleurs jaunes et craintives.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: William Blake

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