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Poésie

Posts Tagged ‘jaunir’

AU BONHEUR DU JOUR (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
AU BONHEUR DU JOUR

Doyenne de gourmandise
je vous laissais parler
votre sourire était sucré

Mais votre arbre était si loin
si ténébreux sans entaille
qu’il déchaînait autour de nous
les marronniers bleus du désir

J’étais chaste en ce temps de grives
je mettais si haut l’amour
comment m’auriez-vous choisi
moi qui n’étais que plaie vive

Vous êtes partie
vous avez semé
des chardons épais

Et le soleil a jauni.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Les choses jaunissaient (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Les choses jaunissaient devant mes yeux
revenus d’un rêve d’automne.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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LA BELLE FEMME MÉLANCOLIQUE (Li Jing)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LA BELLE FEMME MÉLANCOLIQUE

Les fleurs de nénuphar perdent leur parfum
Leurs feuilles vertes jaunissent
Le vent d’ouest soulève des rides mélancoliques
à la surface de l’eau
Le temps flétrit le beau visage
qui n’attire plus l’attention

Sous la pluie fine le rêve galope vers le lointain
Le petit chalet retentit de la flûte de jade
Mélancolie froide
Chagrins et pleurs
Elle regarde dans le vide
par-dessus la balustrade

(Li Jing)

 

 

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Quand tu contemples une rose (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Quand tu contemples une rose
qui a blessé un mur et que tu te dis :
J’ai bon espoir de guérir du sable,
ton cœur verdit…

Quand, par une journée belle comme une icône,
tu accompagnes une femme au cirque
et que tu es convié à la danse des chevaux,
ton cœur rougit…

Quand tu comptes les étoiles, que tu te trompes
après la treizième et que tu t’assoupis
comme l’enfant
dans la bleuité de la nuit,
ton cœur blanchit…

Quand tu marches et
que tu ne
trouves pas
le songe
allant devant toi comme l’ombre,
ton cœur jaunit…

*

When You Gaze Long

When you gaze long at a rose
that has wounded a wall, you say to yourself:
I hop e for a cure ftom the sand.
Your heart turns green…

When you take a woman to the circus,
a woman whose day is lovely as an icon…
and you dismount like a guest to the horse’s prance.
your heart turns red…

When you count the stars, and make a mistake after
thirteen, and you doze like a child
in the blue of the night,
your heart turns white…

When you journey, and do not find the dream
that walks before you like a shadow,
your heart turns yellow…

(Mahmoud Darwich)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

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Je travaillais en silence (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Herman Gorter    
    
Je travaillais en silence,
les livres m’étaient pierres tombales,
je savais bien ce que
chaque tombe renfermait.

Mon corps là dans une chambre,
branches d’arbres devant la fenêtre
allant et venant
feuilles vertes déjà jaunissantes.

Mes yeux regardaient étonnés
la lumière au dehors, mais
sans même savoir sur quoi
ils se posaient.

Mon coeur était si affamé,
si anxieux et si avide,
si sec et il ne pleuvait pas
et chaque jour disparaissait.

En ces jours de clarté —
mon coeur s’activait sans trêve —
je regardais, je travaillais,
tout m’était pierre tombale.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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LE POÈTE MONTE LA MONTAGNE ENVELOPPÉE DE BROUILLARD (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




    
LE POÈTE MONTE LA MONTAGNE ENVELOPPÉE DE BROUILLARD
Sou-Tong-Po

Je monte sur cette haute montagne ;
le poil noir de mon cheval est jauni par la maladie.

Le chagrin a aussi couvert mes joues maigres, d’une teinte jaune,
et je monte tristement la montagne.

Je veux emplir ma gourde, d’un vin de riz de bonne qualité,
et voiler mes chagrins, dans l’étourdissement que donne le vin.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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La feuillée d’or (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
La feuillée d’or s’est mise à tournoyer.
Sur l’eau rosissante de l’étang
comme un vol de papillons ailés
file vers l’étoile en mourant.

Je suis amoureux du soir qui tombe,
il m’est cher ce val jaunissant.
L’aquilon polisson a soulevé
la robe du bouleau dénudé.

Par le val comme en moi il fait doux,
l’ombre indigo passe en troupeau.
Derrière la haie du jardin qui se tait
s’évanouit la sonnaille des clochettes.

À écouter la chair pleine de raison
jamais je n’ai pris tant de soin.
Il ferait si bon, comme branche de saule,
s’abandonner à la roseur de l’eau.

Il ferait si bon, à la gueule de la lune,
rire sur la meule en mâchouillant le foin…
Où es-tu, où es-tu, joie sereine
à tout aimer, et ne désirer rien ?

(Sergueï Essénine)

***

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Le ciel se danse (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2017



Le ciel se danse
dehors, les rayons jaunissaient.

(Valérie Rouzeau)

Illustration

 

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Le coeur perd lentement mémoire du soleil (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
L’herbe jaunit.
Le vent fait voler une neige tôt venue.
Juste un peu.

Dans les canaux étroits déjà l’eau se fige,
Ne coule plus.
Il ne se passe jamais rien ici,
Oh! jamais.

Le saule a déployé sur le ciel vide
Sa dentelle en éventail.
Peut-être il valait mieux que je ne sois jamais
Votre femme.

Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
Qu’y a-t-il? Le noir?
Peut-être! Une nuit va suffire pour que vienne
L’hiver.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Te parler papa (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



Te parler papa j’ai pu te paparler un peu un petit peu paparce que nous n’avions plus tout le temps.
Dehors le monde ses oiseaux blancs comme des avions, le mur du son.
Tes mains sur le drap blanc jaunissaient jaunissaient.
Ils n’ont sûrement pas le droit de voler aussi bas pas pas le droit de voler aussi bas tu disais.
Même même le blanc de tes yeux était jaune nous alors nous sommes tout pardonné.

Ça va quand on demande moi je dis bien surtout s’il y a du monde je prends sur moi très bien.
On ne me voit pas chez l’épicière sangloter sur les pommes de terre.
Ni aux guichets de la poste retarder l’envoi pressé d’un colissimo.
Ça va je dis sans dire et la tête et la tête.
Ça rime à rien ta mort intérieurement pauvre chant.
De timbres je voudrais et de patates un carnet s’il vous plaît, un filet.
Merci beaucoup de monde.

***

Talk to you dad I managed a bit of daddychat a chitter ’cause we didn’t have that much time.
Outside the world its birds as white as planes, the barrier of sound.
Your hands on the white sheet were growing yellow yellow.
Surely they have no right to fly so low no right no fly so low you said.
Even the whites of your eyes were even yellow so we two forgave each other everything.

Okay when people ask I tell them fine especially when there are people round me yes I’m coping fine.
You don’t see me in the grocer’s weeping over the potatoes.
Nor waiting at the PO window when a portant package has to be packed off.
I’m fine it goes I say without saying my head my head.
It makes no sense your dying inwardly poor song.
Some stamps I need and some potatoes please a book, a bag.
Thanks a bundle.

(Valérie Rouzeau)

 

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