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Poésie

Posts Tagged ‘(Jean Breton)’

Elle passe (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Les seins tendus
comme des piquets de tente,
elle passe
sans accepter mon visage.

(Jean Breton)


Illustration: Alexander Sulimov

 

 

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C’est toi, douce lune (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2019



La Soeur blanche m’a regardé fixement.
Hélas, encore un:
Il va falloir écrire à la famille.

***

Au ciel pâle
Ce flocon de shrapnell ?
Oh! pardon, c’est toi, douce lune.

(Jean Breton)

 

 

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Je te connais (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Je te connais
pour t’avoir rêvée mille fois
sous les feuilles de la forêt
dans ce monde
où l’air et l’eau ne pèsent pas

(Jean Breton)


Illustration

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TU MARCHES (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



Daria Petrilli [800x600]

TU MARCHES

Tu marches, hésitante,
sur le sable de mon regard
tu es douce, tu ne comprends pas le vertige sans joie
des êtres qui s’élancent vers ton corps

un bout de verre brisé aiguise tes paupières
qui tournent sur le monde
battent sur le dos des grands arbres
épuisent la lumière sur le museau des sources

je t’ai prise dans mes bras
comme une captive
que rien ne pourra retenir
que d’autres bras, bientôt, après les miens

tu es menue et charmante comme une sauterelle
qui tremble de beauté sur une tige
et n’oublie pas
l’immense prairie à franchir, herbe par herbe

je t’ai prise dans mes bras
comme on ouvre la mer aux rivières
et les rivières pleurent, au moment de perdre la mémoire,
les pays qu’elles n’ont pas eu le courage de consoler

tu ne sauras jamais l’immense feu de joie
que nous aurions pu élever
de nos deux vies tressées comme des huttes.

(Jean Breton)

 Illustration: Daria Petrilli 

 

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DANS LA RUE… (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



Dans la rue je vois des femmes pressées par l’amour
on sait qu’elles n’auront qu’une porte à ouvrir
et ce sera pour elles le bonheur dans un lit —
plus haut que le lit
dans la rue les volets tombent des fenêtres
un cri ferme les coeurs brûle les bouches
je puis encore être sauvé mais que m’importe
dans la rue je passe seigneur de mes pas
propriétaire de ma solitude
cherchant une image que personne n’a vue
dont le regard était trop grand pour mon visage.

(Jean Breton)

Illustration

 

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L’ESPOIR (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



L’ESPOIR

Je donne le bras aux arbres
je souffle sur l’herbe
bouturée d’insectes et de vents
nulle présence
hors mon amour qui se prolonge

Je veux dompter en moi ce bouledogue de nerfs
cette écume de lune écrasée sur ma tête
et toi, Montagne, tenue au sol par des tonnes de terre
tenue au ciel par des kilomètres de soleil
écoute-moi ! sois patiente !
l’amour serait-il né au monde
si l’on torturait notre voix
pendant longtemps encore ?

Je veux parler pour que l’espoir renaisse
et non plus vagissant
et non plus douloureux
mais droit dans sa lumière

Je veux crier pour qu’on abatte les murs de la misère
je veux chanter pour que mes amis soient davantage
je veux être heureux purs
pour que chaque homme soit assis
entre celle qu’il aime
et un bonheur comme le mien.

(Jean Breton)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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INNOCENCE (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



INNOCENCE

Rappelle-toi mes yeux aux cendres de sommeil
rappelle-toi la chambre :
la lampe éclairait la lampe
et les murs se pressaient en foule
contre mon coeur
la même aube traîne
les draps sales du lit
et les coups du soleil
sur le plancher ciré
sur la meute fragile des songes

rappelle-toi
le vent bavard
les vitres pâles
et mes bras en sueur

j’ai appuyé mes doigts
sur ton front familier
pour te reconnaître entre toutes
je n’avais que mon regard usé
pour t’arracher à l’oubli
des mémoires de braise.

(Jean Breton)

 

 

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DANS LA NUQUE (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2015



 

Sarolta Bán  -04

DANS LA NUQUE

après tout le café n’a que la couleur du rhum
au fond d’une pièce noyautée par le vide
où je me vante de mimer l’accord

(il faudrait battre la mort de vitesse)

j’agite de lourds draps
comme un bloc de terre blanche

tout ce que je touche s’effrite
tout ce que j’invente fait la nuit

j’aime sans vouloir être père

en vain j’attends des balles dans la nuque

(Jean Breton)

Illustration: Sarolta Bán

 

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TE PERDRE (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2015



 

Kareem Iliya  1r7f56io1_400

TE PERDRE

Te perdre, c’est me donner la nuit à moi-même.
Le sang puni en étoile clignote et supplicie mon
chant aveugle.
Ce n’est pas possible
nul n’a vu en fuite l’aurore ?

Elle reviendra, j’en suis certain, la bouche
brûlante, les yeux libres.
Elle versera ses mains sur mon front.

(Jean Breton)

Illustration: Kareem Iliya 

 

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