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Poésie

Posts Tagged ‘(Jean Cayrol)’

Les enfants du Biafra (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




Ils se frottent doucement le ventre
les enfants vieux du Biafra.
Leur peau noire tourne à la cendre
les enfants du Biafra qui vont gâcher les vacances…

(Jean Cayrol)

 

 

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Les pommes respirent (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2017




    
Les pommes respirent

Ne laissez pas l’amour s’échapper de ses pommes.
Ce sont des fruits mordus, sucrés, puis oubliés.
On trouve dans l’herbage ce qui reste d’un homme ;
pulpes mortes et fraîches, chair qui perdit son nacré.

Le pommier a fleuri dans le gel d’hiver ;
ses pétales ont été emportés au loin par un vent sec.
L’écorce s’est fendue, la mousse est sa misère ;
une roue a écrasé ses pépins, la neige les enterre.

L’amour charnu bouge dans le vent froid,
pomme jaunie par les soucis :
c’est un nomade abandonné sans être en vie,
quel amant a choisi d’être un dieu sans carquois ?

Amour rouge et rond telle une pomme douce,
on retrouve des traces de dents sur la peau neuve.
Est-ce un baiser perdu dont la sève s’abreuve ?
On oublie le pas discret d’une saison trop rousse.

Amour, quoi de plus secret, perdu, abandonné,
la guêpe a mordu son cœur qui fut le tien.
Tu roules sur le chemin avec les chiens,
tu te laisses enfermer dans un blanc compotier.

Amour comestible dont le jus fait du bien.

(Jean Cayrol)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Chacun vient avec son silence
Traduction:
Editions: Points

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Mon Dieu vous êtes là (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Illustration
    
Mon Dieu vous êtes là si calme auprès de moi
un arbre qui m’abrite où le vent ne joue plus.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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AUX PALES ACCENTS DE L’AUBE (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
AUX PALES ACCENTS DE L’AUBE

Dans la pleine liberté de la mort
quand le sang se refuse à être partagé
dans la noirceur de l’herbe qui s’endort
quand la terre apparaît tout au fond de la plaie

sous le soleil et sous la lune
quand le monde sans fin appelle un autre monde
dans le vent dur des arbres sur la dune
quand la mer est comme un attelage qui s’effondre

dans le ciel trouvé au fond du tombeau
quand la vie sourit aux feuilles qui tombent
dans la nuit qui joue qui rit dans les cendres
quand le vent n’est plus qu’un vol de l’oiseau

écoute je viens.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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CHANSON DE MARCHE (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
CHANSON DE MARCHE

L’épi mangé grain par grain
par le vent et par les chiens

le coeur pris de saint en saint
par le feu et dans le poing

la nuit chaude sur ton sein
ses deux yeux pareils aux tiens

le passé joyeux qui vient
s’enivrer du premier vin

premier mort mon vert raisin
qui passez de main en main

la fleur folle qui se plaint
de la larve et de l’essaim

et la noire pluie de la fin
qui s’allume et qui s’éteint.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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A SOI-MÊME ENNEMI (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
A SOI-MÊME ENNEMI

Rien n’est encore perdu endors-toi ma nuit
dans les lentes brassées d’un ciel qui se déploie
rien n’est encore perdu endors-toi mon jour
pour le grain qui fut perdu pour la source qui mourut
pour le vent nouveau des rues pour un dieu nu
rien n’est encore perdu endors-toi mon amour
tant qu’il y aura des morts si clairs à ensevelir
des chiens perdus un coeur d’enfant qui ne veut pas mentir
des vivants attablés à la Nuit qui fut seule
et des jardins venus sur les ruines d’un empire

rien n’est encore perdu puisque je t’aime.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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Un dieu rêve dans le grain (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

Un dieu rêve dans le grain
et la douce aurore arrachée
au premier baiser de la faim.
Qui me croira ? Je suis caché.

(Jean Cayrol)

Découvert ici chez Pur Rien

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Mon jeune écho (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Mon jeune écho
jusqu’à l’aube jusqu’à Dieu
plaie d’enfant coquelicot
au-dessus de ton front le ciel est toujours bleu

Les camions du salut vont venir
blanc de neiges éternelles
Rémy qui laisse la porte ouverte
sur le dernier Appel

Mon jeune mort
cruel aux herbes cruel aux voix
autour de toi le vent dévore
ton feu de joie

(Jean Cayrol)

Illustration

 

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Parfois Dieu déforme l’homme dans son sommeil (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




Parfois Dieu déforme l’homme dans son sommeil ;
l’œil est immense sur le front comme une coupole transparente,
son corps grandit comme un arbre prodigieux, des ailes battent sur son dos
mais le matin toute la terre semble un lit d’herbes dérangées.

(Jean Cayrol)

Illustration: Simon Cook

 

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