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Posts Tagged ‘(Jean-Charles Michel)’

PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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LE PONT DES SOURIRES (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Le-pont-des-sourires

 

LE PONT DES SOURIRES

Y a toujours un pont quelque part,
Pour que la rive aille au rivage,
Un village à l’autre village,
Pour l’aïeul et pour le moutard,
Pour les baladins du voyage
Éternellement de passage,
Y a toujours un pont quelque part.
Dans un repli du paysage,
Rudimentaire… ouvrage d’art,
Pour sécuriser le têtard,
En place du vieux gué sauvage,
Pour joindre la terre en partage,
Y a toujours un pont quelque part.
Que tu sois fou, que tu sois sage,
Quel que soit ton choix, ton bagage,
Ta fortune, ton étendard,
Ta misère que l’on outrage,
Si tu sais bannir haine et rage,
Pour l’arrivée et le départ,
Y a toujours un pont quelque part.

(Jean-Charles Michel)

Illustration

 

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IL FAUT À CONFLANS ALLANTS ET VENANTS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




IL FAUT À CONFLANS
ALLANTS ET VENANTS

Le quai, les arbres et l’Église,
Dans la brume de février,
Prennent des airs d’île promise,
Jette l’amarre, marinier.

Il est loin le temps des cerises,
Saurons-nous encor le goûter,
Et le bois des trousse-chemises
Refleurira-t-il cet été ?

Ne poussez plus, je vois la traîne
Longue des chalands de jadis
Quand l’herbe mangeait le parvis

Des retrouvailles de la Seine,
Avecque l’Oise couronnée
Du Pont Eiffel dans la fumée.

(Jean-Charles Michel)

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Banlieue Ouest 1950 (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



Les nombreux pas perdus dans la salle du nom
Ont sonné maintes fois sur les pavés de verre,
A Saint-Lazare à l’heure où partait pour Cythère
La rame des élus via Triel ou Bécon.

La Défense n’était pas encore en béton,
On cueillait l’abricot du côté de Nanterre,
Certain petit vin blanc se buvait sans manière,
Passant par les gosiers de godet en chanson.

De Malmaison à Vaux fleurissaient les guinguettes
Où les fins de semaine étaient sûrement faites
Pour la guinche et la joie alentour des buissons.

Les femmes portaient haut leur chevelure floue,
Quelques mèches pourtant leur tombaient sur la joue
Pour taquiner la barbe ou la peau des garçons.

(Jean-Charles Michel)

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BOOMERANG (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2015




BOOMERANG

Les trains de banlieue à longueur d’année,
Chargés des parias de l’ordinateur,
Ne connaissent plus l’épaisse fumée,
L’espiègle escarbille et le vieux chauffeur.

Le wagon perché sur la marche usée,
La banquette en bois et le radiateur
À vapeur s’en sont allés au musée,
Avec le commun dénominateur

De notre âge doux, de notre âge tendre,
Pourtant aujourd’hui, je voudrais entendre
Siffler au tournant comme au plus beau jour.

Le chef moustachu crierait Maurecourt !
Je te donnerais la main pour descendre,
Tes yeux et mes yeux parleraient d’amour.

(Jean-Charles Michel)

Illustration

 

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VILLANELLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015




VILLANELLE

Parmi la nature aux trésors multiples,
Il est un vieux temple où j’aime prier.
C’est le bois vibrant où dansent les feuilles.

Quand je foule aux pieds l’humus parfumé,
Ou que sous mon pas, la brindille sèche
Craque d’un seul coup, comme une révolte ;
Je me sens chez moi, mon âme est à l’aise.

J’aime le grand chêne et la violette,
La lourde moiteur des calmes fougères
S’en vient épicer mes repas fantasques.

Je cueille en passant les mûres offertes,
Les champignons roux et la graminée
Laisse à mon palais la saveur céleste
Du pain brioché qu’un sylvain m’a cuit.

(Jean-Charles Michel)

(Villanelle: définition)

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SPLEEN DE FIN D’OISE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015




SPLEEN DE FIN D’OISE

Rien n’est tant déprimant qu’un ennui sans partage,
Quand le choc d’aucun verre au contact du comptoir,
Ne vient porter secours au broyage du noir ;
La nuit dort sans étoile et sans Lune en servage.

Le charme désuet d’un très vieux paysage,
Oublié dans le lit d’un affluent miroir,
N’ose quitter le fond, du matin jusqu’au soir,
Et laisse gésir seul son voile de veuvage.

La brume au ras du sol emmitoufle un chat gris,
Aux rives des trottoirs se butent les aigris ;
Le talus sous le joug d’une bête de somme,

Nous concède un long train pesant comme un intrus,
Au milieu des vergers sans groseille et sans pomme,
En rupture d’ailleurs, que nul n’espère plus.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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BOULEVARD NOËL MARC (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




BOULEVARD NOËL MARC

Sous les tilleuls, en file drue,
Les chevaux-vapeur font le mort,
Le cheval a perdu le Nord
En même temps que la charrue.

L’été s’en vient, la bienvenue
On la lui souhaite, d’accord !
Très élégant le joli port
De cette épaule dévêtue.

Le trottoir est aux chiens errants,
Et quelques badauds bons enfants,
Cherchent, penchés sur l’eau du fleuve

Où flotte encore un serpentin,
Le reflet du matin certain
Où la joie était toute neuve.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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À POINGS FERMÉS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2015




À POINGS FERMÉS

D’un banc à l’autre à petits pas
Je véhicule ma carcasse
En craignant fort qu’elle se casse
Et passe de vie à trépas.

Dans l’allée des ramiers roucoulent
Des cygnes à deux pas de 1à
Dans leur blanc tutu de gala
Dansent sur les eaux qui s’écoulent.

Parfois un pousseur remontant
Le courant s’en va-t-à perpette
Et c’est alors que je regrette
De ne pouvoir en faire autant.

(Jean-Charles Michel)

Illustration

 

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