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Poésie

Posts Tagged ‘(Jean-François Mathé)’

Tu voudrais savoir (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



indocile jusqu’au soir
ta vie avant le sommeil
se laisse parfois donner
des noms d’herbes
et caresse la peau délivrée

seuls tes yeux
brûlent dans les paupières
et continuent le chemin d’inquiétude
mais jusqu’où

tu voudrais savoir si
quand tu dormiras
ils regarderont sans toi
ta mort

(Jean-François Mathé)


Illustration: Chantal Quinet

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Hospice (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Hospice

si je veux te voir de plus près

par nulle porte je traverse le
blanc de ce mur d’hôpital

où les saisons n’accrochent ni
mouvement ni ombre

blanc jusque dans les fenêtres

je te reconnais à peine

depuis que tes cheveux ta bouche
tes yeux jouent au ralenti
leur rôle dans ton visage

ta voix

hésite retombe et
te porte en silence
comme en terre
on te portera bientôt

prière de

respecter l’horaire des visites

quand je reviens j’ai
à la place de la tête un caillou

que je voudrais jeter
dans l’eau

(Jean-François Mathé)

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Qui était et n’est plus derrière les mains qui font signe ? (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Qui était et n’est plus derrière les mains qui font signe ?
Un coup de vent fit hésiter le paysage
dont la caresse plaisait aux vitres,
et dans la transparence il n’y eut plus rien.

Maintenant, le vide devient une question qui s’étend
et mange les réponses jusque dans notre bouche.
Demain le reste du corps sera repris et bougé douleur par douleur,
aussi faible qu’une fumée en plein ciel dénouée de sa source de feu.

(Jean-François Mathé)

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De main en main (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



de main en main vont se perdre ces herbes
ces caresses que furent les moments
d’enfance ou les haltes visibles de la beauté
fleuves vous passez par la lenteur des yeux
pour aller plus loin avec
de plus en plus de clarté emportée

(Jean-François Mathé)

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Solitaire saison de désirs (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



après cette nuit où le corps
caressa et déchira longtemps
une absence d’amour
la première clarté du jour
est un appel qui jette la
fille folle aux fenêtres
si sa gorge nue touche le froid
c’est pour y faire entrer et demeurer
une solitaire saison de désirs

(Jean-François Mathé)


Illustration: Francine Van Hove

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On fixerait l’oiseau son violent vol immobile en plein coeur (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



on fixerait l’oiseau
son violent vol immobile
en plein coeur
on voyagerait d’ombre à neige
comme vers l’enfance
perdant mots apprenant silence
l’arbre porté au fond de soi
n’aurait plus ses branches de sang
ni douleur à chaque passage du temps
et puis on se perdrait franchissant
la clarté de la peau
comme un ciel qui traverse les lampes
pour aller abreuver l’horizon

(Jean-François Mathé)

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La fleur cueillie est devenue silence (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



la fleur cueillie est devenue silence
rose faite de tant d’yeux fermés
que son parfum nous gagne
comme le sommeil

où passerait la nuit
sinon à travers nous qui cherchons
les racines d’une île
sous l’eau sombre à tâtons

nous dormons nous respirons
pour rejoindre une enfance
un instant éclairée
par la source du souffle

(Jean-François Mathé)


Illustration

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Avant la suite (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Man Ray

    
Avant la suite

J’ai mis du rouge aux lèvres des mots
et je suis sorti dans la rue livide
à l’heure où les chiens se disputent
des lambeaux de clair de lune,
à l’heure où l’on entend les pas
de ceux qui vont fusiller
s’ils trouvent un fusil.
Des prostituées ont embrassé
les lèvres rouges de mes mots
puis me les ont rendues
en me disant que mieux valait
les poser sur les lèvres de femmes
qui serrent la nuit dans leurs bras
à défaut d’amant ou d’enfant.

(Jean-François Mathé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Le ciel passant (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



le ciel passant
nous lui avons confié
le vol maladroit de la mémoire
ses ailes à retremper
dans des bleus d’autrefois

et la tête vide
en attendant que tout revienne
nous avons accepté
les pierres du chemin
et la douleur d’un premier pas
à côté du soulier

marcheurs danseurs
avaleurs des sabres du souffle
nous avançons pour ouvrir
le temps terrible qui nous tient

(Jean-François Mathé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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Il reste quoi du feu qui me fit vivre (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



Il reste quoi du feu qui me fit vivre
les nuits comme des jours ?
Une fumée mourante ?

J’en ferai l’ombre qui me précède
et annonce à mon corps
qu’il avance en se diluant.

(Jean-François Mathé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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