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Posts Tagged ‘(Jean Moréas)’

Quand pourrai-je, quittant les soins inutiles (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Quand pourrai-je, quittant les soins inutiles

Quand pourrai-je, quittant tous les soins inutiles
Et le vulgaire ennui de l’affreuse cité,
Me reconnaître enfin, dans les bois, frais asiles,
Et sur les calmes bords d’un lac plein de clarté !

Mais plutôt, je voudrais songer sur tes rivages,
Mer, de mes premiers jours berceau délicieux.
J’écouterai gémir tes mouettes sauvages,
L’écume de tes flots rafraîchira mes yeux.

Ah, le précoce hiver a-t-il rien qui m’étonne ?
Tous les présents d’avril, je les ai dissipés,
Et je n’ai pas cueilli la grappe de l’automne,
Et mes riches épis, d’autres les ont coupés.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Sensualité (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Sensualité

N’écoute plus l’archet plaintif qui se lamente
Comme un ramier mourant le long des boulingrins ;
Ne tente plus l’essor des rêves pérégrins
Traînant des ailes d’or dans l’argile infamante.
Viens par ici : voici les féeriques décors,
Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres,

Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres,
Et les divans profonds pour reposer ton corps.
Viens par ici : voici l’ardente érubescence
Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls,
Les étangs des yeux pers, et les roses avrils
Des croupes, et les lis des seins frottés d’essence
Viens humer le fumet-et mordre à pleines dents
A la banalité suave de la vie,
Et dormir le sommeil de la bête assouvie,
Dédaigneux des splendeurs des songes transcendants.

(Jean Moréas)

Illustration: Louis Courtat

 

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Ode (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Julius Hübner Mélusine [800x600]

Ode

Seins des femmes ! ô seins de lis ! ô seins de nacre !
Vos rythmes indolents dorlotent nos blessures.
Leurs lèvres ! Vous gardez, en vos calices l’âcre
Saveur des bigarreaux et des grenades sures.

Mais, aux bords fabuleux des fleuves du Levant,
J’eus mes rêves bercés aux ghazels des Péris ;
Et, dans l’antre fatal, la dame de Mervent
Scella mes yeux pensifs de ses baisers fleuris.

(Jean Moréas)

Illustration: Julius Hübner

 

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Ode II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Van Balen Hendrik, l'Ancien le_festin_des_dieux32550

Ode II

Sur la nappe ouvragée où le festin s’exalte,
La venaison royale alterne aux fruits des îles ;
Dans les chypres et les muscats de Rivesalte,
Endormeur des soucis, ô Léthé, tu t’exiles.

Mais l’antique hippogriffe au vol jamais fourbu,
M’a porté sur son aile à la table des dieux ;
Et là, dans la clarté sidérale, j’ai bu,
A pleine urne, les flots du nectar radieux.

(Jean Moréas)

Illustration: Van Balen Hendrik, l’Ancien

 

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En jupe de peluche noire (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



En jupe de peluche noire

En jupe de peluche noire,
Avec des chapeaux tout fleuris,
Mes folles amours de Paris
Chantent autour de ma mémoire.

Elles ont des cheveux d’or pur,
Et, sous les blanches cascatelles
Des guipures et des dentelles,
Des seins de lis veinés d’azur.

Avec une audace espagnole,
Ma gourmande caresse n’a-
T-elle aux genoux de Rosina
Moqué les verrous de Barthole ?

N’ai-je pas promené ma main,
Avec des luxures d’artiste,
Sous des chemises de batiste
Embaumant l’ambre et le jasmin ?

(Jean Moréas)

Illustration: Jean-Gabriel Domergue

 

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Conte d’amour X (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Conte d’amour X

Ce jour-là, les flots bleus susurreront plus bleus
Le long des côtes blanches,
Et du soleil frileux, les rayons plus frileux
Se joueront dans les branches.

Malgré le rude hiver, les fleurs de l’églantier
Souriront grand’ouvertes,
Et l’on verra changer les cailloux du sentier
En émeraudes vertes.

Les loups pour les agneaux auront des soins exquis,
Et sous l’oeil bon des aigles,
Les grands vautours feront la cour, en fins marquis,
Aux colombes espiègles.

Les dames, aux propos galants des séducteurs,
Ne seront pas rebelles,
Et les Almavivas, malgré les vieux tuteurs,
Enlèveront leurs belles.

Car ce jour-là, jour saint, vaillamment attendu,
Dans tes chastes prunelles,
Mes yeux retrouveront le paradis perdu
Des amours éternelles.

Car ce jour-là, les coeurs par le bonheur brisés,
Mes lèvres dans les tiennes,
Nous nous rappellerons en de nouveaux baisers
Nos caresses anciennes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Paris je te ressemble (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Paris je te ressemble

Paris, je te ressemble: un instant le soleil
Brille dans ton ciel bleu, puis soudain c’est la brume;
Au veuf septentrion si tu te fais pareil,
Tu passes les pays que le zéphyr parfume.

Triste jusqu’à la mort, en même temps joyeux,
Tout m’est concours heureux et sinistre présage;
Sans cause l’allégresse a pleuré dans mes yeux,
Et le sombre destin sourit sur mon visage.

(Jean Moréas)

 

 

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Je naquis au bord d’une mer (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Je naquis au bord d’une mer dont la couleur passe
En douceur le saphir oriental. Des lys
Y poussent dans le sable, ah, n’est-ce ta face
Triste, les pâles lys de la mer natale ;

N’est-ce ton corps délié, la tige allongée
Des lys de la mer natale !

Ô amour, tu n’eusses souffert qu’un désir joyeux
Nous gouvernât; ah, n’est-ce tes yeux,
Le tremblement de la mer natale !

(Jean Moréas)

 

 

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Je songe à ce village (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Jean-René Jérôme  femme lune

Je songe à ce village …

Je songe à ce village assis au bord des bois,
Aux bois silencieux que novembre dépouille,
Aux studieuses nuits, – et près du feu je vois
Une vieille accroupie et filant sa quenouille.

Toi que j’ai rencontrée à tous les carrefours
Où tu guidais mes pas, mélancolique et tendre,
Lune, je te verrai te mirant dans le cours
D’une belle rivière et qui commence à prendre.

(Jean Moréas)

Illustration: Jean-René Jérôme

 

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Le judicieux conseil (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019


 


 

Jacob Collins  - 06

Le judicieux conseil

Pourquoi cette rage,
Ô ma chair, tu ne rêves
Que de carnage,
De baisers !
Mon âme te regarde,
En tes joutes, hagarde :
Mon âme ne veut pas
De ces folâtres pas.
Aussi, parmi cette flamme,
Que venez-vous faire,
Ô mon âme !
Ah, laissez
Vos bouquets d’ancolie,
Et faites de façon
Que l’on vous oublie.

(Jean Moréas)

Illustration: Jacob Collins

 

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