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Posts Tagged ‘(Jean-Pierre Schlunegger)’

LE BASILIC (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



LE BASILIC

Et la fermière aux mains de sel, dès l’aube
S’avance dans la cour, lavande et basilic
Au poing, parmi les poules noires
Baignant dans une aurore d’églantine…

Le monde est un feu de copeaux légers,
On dirait qu’un champagne éblouissant arrose
Les genêts d’or de la poitrine incandescente,
Et je vois dans le soleil bleu ce boulanger
Qui va sur les chemins de seigle et de farine
Vers la ferme lointaine où l’amour lui fait signe.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration

 

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Il y a le vin clair (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2016



Il y a le vin clair
sa rose
et les amis

(Jean-Pierre Schlunegger)

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Les pommes sur la table (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2016



Les pommes sur la table
distillent des parfums d’arbres

(Jean-Pierre Schlunegger)

 

 

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FOEHN (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



FOEHN

Novembre. Un fin crachin, une buée
Têtue, portant l’hiver
Sur la vitre perdue où les raisins, les fées
Transparentes, les vins rêvent d’horizons clairs.

Lavaux. Plus loin, la limite des vignes.
J’y ai passé quand mon père veillait sa mort,
Avant guerre. La même route vers le nord
Et le même brouillard, les mêmes signes.

Est-ce le monde, ce retour d’images brèves ?
Soudain j’ai peur d’être si lourd, si chaud de rêves.

Je suis hanté d’une longue terreur,
Imprégné d’herbe rousse, de fougères, de bois,
Et j’apparais, un peu hagard, à la lisière
Des forêts, noires sous le foehn, comme autrefois,

Pour m’échouer contre la porte familière
Ouverte sur fa nuit : j’y hume le chevreuil
Le doux retour du fils, la flamme, la lumière
Dans les regards heureux. Mais je suis voyageur.

Je dis bonjour, je dis bonsoir, levant mon verre.
La pluie reprend. On a changé les coeurs.
Je revois la forêt, je vois la route immense,
La sente herbeuse où, pâle, je m’enfuis
Sans retour et pourtant jamais sans espérance,
Et joue à joue avec les larmes de la nuit.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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INNOCENCE (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



INNOCENCE

Je m’éveille à l’air pur, je crois à l’innocence,
L’après-midi serein, les feuilles dans les bois.

Je m’éveille à l’air pur, je crois aux mains légères
Qui déchirent la brume odorante des baies,

Je m’éveille aux regards, aux lèvres de la pluie,
Je n’entends plus frapper les rames de la mort.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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FÊTES DE LA MÉMOIRE (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



FÊTES DE LA MÉMOIRE

La bûche casse et craque, les résines
Allument la narine en fleur, mais le palais
S’éclaire de vin bleu comme une église,
Et les hommes, les femmes s’élancent
Vers le plafond, montent comme des cyprès
De Toscane fêtant l’espace.

Oui, fête pour les sens, fête pour la mémoire,
Bientôt nous serons secs, et nos yeux pleins de vent
Feront siffler nos crânes (les courges de décembre
Taillées par les enfants s’éclairent de bougies
Vite soufflées à la bise du Nord).
Oui, fête pour les sens, fête pour la mémoire,
Bientôt nos crânes siffleront comme des souris.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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ESPACE DE CRISTAL (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



ESPACE DE CRISTAL

Rire du feu dans l’herbe noire,
Comme l’enfant qui retourne vers l’eau
J’y reviens pour les fleurs.

Mes mains s’égareront dans la brume des sables,
La gorge de la pierre à feu
Palpitera sous le velours des menthes.
Mes ongles rayeront l’espace de cristal.

Chantez, dansez, faites flamber le miel,
Châteaux de cloches végétales,
Pour fondre en or la tristesse du jour,
Pour éclairer les vergers de la nuit
D’une merveille insaisissable.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration

 

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MÉMOIRE (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



MÉMOIRE

Premières lueurs de l’herbe,
La fille aux bras de bronze,
Et le soleil qui tourne sur la forêt
Comme un archange.

Je ne ramasse plus de sable fin
(Dans la mousse étincelle un brouillard de rosée)
Mémoire de mes jours, mémoire
Du feu le plus lointain, le plus secret
Que ma vie ait logé dans les hautes futaies.

Moulin du vent, gardien des anciennes fraîcheurs,
Ensilage de rêves,
Mes granges d’autrefois, dévorées de soleil,
Noires comme du velours sous sa dent charbonnière,
Je vous attends, je vous reçois d’un même souffle.

Jusqu’à la nuit, nous chanterons sur les étangs, sur la rivière,
Jusqu’à la nuit, parmi les joncs et les bruits d’ailes,
Jusqu’à la nuit, et quand sonnera l’heure
Comme la masse
D’un boucher noir, nous nous tairons,
Pétrifiés.

(Jean-Pierre Schlunegger)

 

 

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BUISSONS DE LA MORT (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



BUISSONS DE LA MORT

Quand je pense qu’un homme va mourir
Dans des buissons de flammes
Pour les canons en fête
Avec des cailloux secs enfoncés dans la tête
Les mains crispées sur un talus d’orties
Je le vois seul comme un enfant qui crie
Un enfant que n’écoute personne

Quand je pense qu’un homme va mourir
Avec des yeux d’enfant et des mains rouges
Avec un visage un corps des mains
Un poulpe d’angoisse au ventre et dans les reins
Le ciel se ferme et les oiseaux s’envolent

Quand je pense qu’un homme va mourir
Et qu’il se prend aux buissons de la mort
Dans les rizières embrumées
Je le vois aussi comme un bateau
Immobile un instant au sommet de la vague

Alors j’ai la tristesse du mendiant
Qui se laisse tomber au bord d’un champ
Pour aujourd’hui l’espérance est finie

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration: Otto Dix

 

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FEU DE GRÈVE (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



FEU DE GRÈVE

Je l’ai trouvé sur la grève
Mordu par le vent de la nuit
Sifflant de sèves
Troué de pluie

Il brûlait là comme une pauvre étoile
Rousse et malsaine
Nourrie de joncs
Parmi les pierres

Je l’ai trouvé près des vagues
Empoisonné par leur noire lumière
Je l’ai trouvé solitaire
Triste et rêvant

Étoile sans cause
Musique perdue
Son haleine abattait les papillons de nuit

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration

 

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