Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Jean Rousselot)’

L’INTERHUMAIN (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
L’INTERHUMAIN

Tous les abonnés sont absents. Qu’ils disent.
Par la voix d’une indulgente aux griffes rouges, qui promet,
ça n’engage à rien, de transmettre mon message.

Non, non, pas de message ! Je voulais seulement leur dire… leur dire…

Leur dire que je suis là. Avec le vent. Avec le temps. Avec le sang. Que je suis là, battant.

Avec deux T, comme une porte ouverte ?

Va pour la porte ouverte !
O Dieu femelle en ton standard ! Peut-être ai-je mis la main sur ta cuisse, un jour, au cinéma.
Tu sens la permanente, j’entends grouiller ton ventre.

Et dire qu’il faut en passer par là. Toujours par là !
Raccrochez donc, Essence du Monde !

(Jean Rousselot)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’EST LA, NICHÉ… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

C’EST LA, NICHÉ…

C’est là, niché
Il n’y a qu’à prendre
A se gorger
C’est là, créé
Il n’y a qu’à.

Mais on veut des brumes autour
Et de la mer et de la nuit
Pour faire mieux
Pour faire dieu
A tout le moins un peu moins court.

Il ne nous suffit pas que ça nous cause
Que ça nous ressemble
Que ça nous soit chaud
Que ça nous noie.

Il faudrait encore que ce fût un théâtre
Avec des glaces
Des machins de secours
Et l’on meurt sans savoir
Qu’il n’y a pas d’autre espace
Que ça.

(Jean Rousselot)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’HOMME EST DERRIÈRE SON REGARD… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



L’HOMME EST DERRIÈRE SON REGARD…
A Charles Autrand,

L’homme est derrière son regard
Comme derrière une vitrine
Lavée à grande eau par le jour.

Lui-même est en-deçà, très loin
Il pourrait durer aussi bien
Les yeux clos sur le monde ancien.

Mais il lui faut, sauf à hurler
D’épouvante dans son linceul
Coller son front contre la vitre

Dont l’inaltérable fraîcheur
Le persuade : il est caillot
Dans les bronches du paysage.

Et l’homme broute, à longueur d’homme,
Sans faim, pour ne pas avoir peur,
Des rues, des pays, des automnes.

(Jean Rousselot)

Illustration: Martin Jarrie

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Prête-moi tes yeux bleus centaurée (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

centauree

Prête-moi tes yeux bleus centaurée
Herbe un peu de ton sang vert
Ton amour indivis pluie de loin
Et toi vent qui as tout créé
Fais lever ma dormance
Arrache mon bois mort
Rebrousse-moi pétris-moi
Retaille-moi en forme d’homme

(Jean Rousselot)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE VIE QUI N’EST PLUS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

Jean-Claude Forez_Femme_au_tricot-2

UNE VIE QUI N’EST PLUS…

Une vie qui n’est plus qu’une petite enclume
Un langage qui s’interdit toute écume
Tout juste ce qu’il faut pour la cuisine
Le gaz et le loyer
Vous voyez ?

Trop encore pour n’avoir pas à rougir
Des mots qui ne sont pas des choses
Mais le deviennent
Et nous emplâtrent
Et nous encadrent
Dans la vérité

Pas assez pour l’oxygène
Pas assez pour l’amour.
N’importe quel amour.

(Jean Rousselot)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que l’eau tombe goutte à goutte (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Que l’eau tombe goutte à goutte
Dans les paumes de la nuit,
Et nous disons : Solitude,
Remords, Enfance immolée,
Quand c’est en langage d’eau
Des choses d’eau qui se disent,
Des choses d’eau qui se font.

(Jean Rousselot)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ENVIE DE DIRE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



L’ENVIE DE DIRE…

L’envie de dire vient aux mâchoires
Comme une salive un peu plus amère ;
L’envie de dire dès qu’on voit ;
C’est une étrange maladie.
C’est une atroce boule d’enfance
Qui remonte la gorge ; on la baptise
Poésie ; et beaucoup en sont morts
Sur ces terres nouvelles que le sang fertilise.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’INDIFFÉRENCE D’UN ARROSOIR (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




L’INDIFFÉRENCE D’UN ARROSOIR

Nous mourrons sans avoir apprivoisé les choses
Qui nous cernent en attendant
De nous incorporer
Elles n’ont pas même un regard
Pour les moignons d’âme qui nous restent
Et laissent pourrir à leurs pieds
Nos humbles propositions de trêve.

Celles qui nous doivent la vie
Ne sont pas les moins odieuses
On peut mourir de l’indifférence d’un arrosoir
Aussi bien que du poids d’une avalanche.

(Jean Rousselot)

Illustration: Patrick Martin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DE LA POÉSIE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



DE LA POÉSIE

Et nul n’a jamais su
Pas même le poète
Ce qu’est la poésie

— Une marche ou soleil
— Il faut payer très cher
— Cela me prend parfois
— Les mains comme aruspices
Et les mains comme ovaires
— La vie comme tactique
Et la mort comme hygiène
— Rocher comme Sisyphe
Prométhée comme espoir
Et vautour comme foie
— Prendre le raccourci
Pour aller au supplice
— Digestion Confusion Création
— Suppression Salvation Dérision

— Ou bien encor le gouffre
Qui compte des moutons
Pour pouvoir s’endormir
Sous l’aisselle du monde ?

(Jean Rousselot)

 

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Les cailloux font ce qu’ils peuvent… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Les cailloux font ce qu’ils peuvent…

Si tu vois un escargot en panne, n’interviens pas.
Il s’en tirera tout seul.
Tu pourrais le vexer.
Ou bien – qui sait? –
le rendre malade.
Même conseil en ce qui concerne les étoiles.
Si tu vois une étoile qui n’est pas à sa place sur les étagères du ciel,
dis-toi qu’elle doit avoir ses raisons.
Il n’est pas recommandé non plus de pousser la rivière dans le dos
pour qu’elle aille plus vite : elle fait son possible.
Ah, j’oubliais : les cailloux font ce qu’ils peuvent,
eux aussi, en attendant d’aller dans la bétonneuse.
Evite donc de leur donner des coups de pieds, même en douce.

(Jean Rousselot)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :