Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Jean Royère)’

Avec ces souvenirs (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Avec ces souvenirs

Avec ces souvenirs d’automne gris et las
Qui traînent dans le parc blême leurs falbalas
Indifférents au galbe effacé des statues
– Le soir pâme au toucher de ces chairs dévêtues
Et sur le marbre nu met l’appât du velours –
Je farderai du rose alangui des vieux jours
Où l’avenue à l’infini du crépuscule
Jaune et mourante ainsi que du passé recule
Pour vous – pour vos espoirs renaissent tous les mois,
Le visage vieilli de nos jeunes émois,
Méditant notre amour et cette destinée
De la feuille qui meurt aux cendres condamnée.

(Jean Royère)

Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Exil doré (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Duy Huynh -   (26)

Exil doré

J’ai retiré mon âme au manoir du Silence ;
J’ai fait derrière moi sonner les gonds d’airain.
Nul ne viendra troubler ma solitude immense,
Nul ne viendra souiller mon vierge souterrain !

Les rumeurs de la vie expirent à ma porte :
Mon parc est sans ramage et mon mur sans échos.
J’ai ravagé les nids que le printemps m’apporte,
Et, de mon lourd donjon, j’ai chassé les corbeaux.

Nulle clarté d’emprunt n’illumine mes salles,
Ni lustres aux plafonds, ni torches aux piliers ;
Seuls, les rayons du jour, bondissant sur les dalles,
Ruissellent à travers mes larges escaliers.

Puis, la Nuit lentement accroche ses pans d’ombre
Aux chapiteaux massifs des pilastres géants ;
Le manoir, tout entier, dans les ténèbres sombre,
Partout on voit s’ouvrir des abîmes béants.

J’aime mes murs déserts comme un rustre ses landes ;
J’y savoure, à l’écart, la douceur du relais,
Les Heures, le front ceint de fleurs et de guirlandes,
Y tissent mon destin d’allégresse et de paix.

Et je ne suis pas seul dans ce palais féerique,
Bien que nul importun n’y pénètre jamais,
Car le Rêve y déploie, étrange et magnifique,
Sa verte frondaison en superbes forêts.

(Jean Royère)

Illustration: Duy Huynh

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La caresse du soir (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



 

gare

La caresse du soir sur ce marbre fantôme,
Atome inhabité frôlant d’autres atomes,
Neige, pour une nuque ironique à souhait,
Dans le nonchaloir que le crépuscule fait
Peser sur le ciel gris qui de l’azur se gare
Et tourne au noir ! C’est la mélancolique gare
Où s’embarque, au déclin de l’arrière-clarté,
Le soir espoir humain veuf de son entité.

(Jean Royère)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

EURYTHMIE (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



phalène [800x600]

EURYTHMIE

J’écoute, à la clarté des choses endormies,
Dans l’Espace assoupi de traînantes phalènes,
La cendre remuer sur vos lèvres blêmies
Et sous le plomb figé la fraîcheur d’une haleine.

Vous, nul azur béat, mais une lampe amie,
Ariane aux secrets du vivant labyrinthe,
Venez guider l’amour dans les lacs de la crainte
Et d’un doigt somnambule égrener les momies,

Pour savoir si, les plis des ombres effacées
Joints au galbe des lis dont les urnes sont pleines,
Nous ne trouverons pas dans nos langueurs passées
De quoi ressusciter le cadavre d’Hélène !

(Jean Royère)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Faune (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



 

Hendrik  Balen

Le Faune

Assis au pied de l’arbre aux sonores rameaux
Dont le soleil doré baigne les jeunes pousses,
Dans le hallier propice aux solitudes douces,
Le Faune industrieux rassemble les roseaux.

Il façonne, en riant, la flûte à sept tuyaux,
Qui souffle le désir au cœur des nymphes rousses
Et, dans les frais gazons ou sur les tièdes mousses,
Fait germer les hymens harmonieux et beaux.

Les Dryades, en rond, dansent dans la prairie,
Et leur troupe, enfantine et joyeuse, s’écrie,
Apercevant le Faune au visage sournois.

Mais lui saisit la flûte et la porte à ses lèvres :
Aussitôt, dans les yeux des rieuses, tu vois
Courir l’éclair furtif des amoureuses fièvres.

(Jean Royère)

Illustration: Hendrik  Balen

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :