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Posts Tagged ‘jeune fille’

C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022



Illustration: Christian Lepère
    
C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ

c’est pourtant bien l’été
rien ne manque la lumière
les arbres les sourires la musique
les jeunes filles en fleurs
le soleil qui surveille
et s’occupe des convives
tout est tendre éternel
ondoyant tel un regard langoureux

à peine le galet froid va-t-il tomber
de cette fissure infime
telle une larme tu vas couler
hors du tableau

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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LE VOYAGEUR (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2022



Illustration: Gao Xingjian
    
LE VOYAGEUR

Plus vite il marchait,
plus il approchait de sa maison,
plus elle rapetissait,
devenait inhabitable.

La distance se solidifiait derrière sa marche
et le poussait avec le rythme
d’une troupe militaire que rien ne presse.

Il lui fallait entrer dans cette maison minuscule,
ce qui était impossible et devint possible
lorsque la muraille militaire s’arrêta.

Le voyageur, alors, rapetissa très vite
cependant que sa maison grandissait à vue d’oeil
et qu’une belle jeune fille apparaissait à une fenêtre
et riait de son aventure.

(Jean Cocteau)

Recueil: Poèmes Appogiatures Clair-obscur Paraprosodies
Editions: Du Rocher

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Chant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021



 

neige  [1280x768]

Chant

Tu es à jamais avril
pour moi
l’éternel indécis

forsythia blonde
jeune fille aux jambes
bien droites

à qui dans mon
ignorance
j’apprenais

à lire les poèmes
mes bras
autour de ton cou

nous nous sommes cramponnés l’un à l’autre
péril
leusement

plus qu’une jeune
fille
ne devrait savoir

un coup de gel
brûla
des fleurs jaunes

au printemps
de
l’année

***

Song

you are forever April
to me
the eternally unready

forsythia a blonde
straight
fegged girl

whom I myself
ignorant
as I was taught

to read the poems
my arms
about you neck

we clung together
peril
ously

more than a young
girl
should know

a burst of frost
nipped
yellow flowers

in the spring
of
the year

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Le laurier du Generalife (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

generalife  [1280x768]

Le laurier du Generalife

Dans le Generalife, il est un laurier-rose,
Gai comme la victoire, heureux comme l’amour.
Un jet d’eau, son voisin, l’enrichit et l’arrose ;
Une perle reluit dans chaque fleur éclose,
Et le frais émail vert se rit des feux du jour.

Il rougit dans l’azur comme une jeune fille ;
Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair.
On dirait, à le voir sous l’onde qui scintille,
Une odalisque nue attendant qu’on l’habille,
Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.

Ce laurier, je l’aimais d’une amour sans pareille ;
Chaque soir, près de lui, j’allais me reposer ;
A l’une de ses fleurs, bouche humide et vermeille,
Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille !
J’ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser…

(Théophile Gautier)

Illustration

 

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UNE POLLUTION DE MON AMOUR, – OUI. (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021




    
UNE POLLUTION DE MON AMOUR, – OUI.

J’aimais tout.
La jeune fille vint, je trouvai son visage,
son inconscient, ses mains d’ouvrière ;
j’aimais tout en elle.
Je devais la représenter
parce qu’elle regarde ainsi et m’était si proche. —
……….
Maintenant, elle est partie. Maintenant, je rencontre son corps.

LE PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE A LA PÂLEUR MORTE

***

EINE POLLUTION MEINER LIEBE, -JA.

Alles liebte ich.
Das Mädchen kam, ich fand ihr Gesicht,
ihr Unbewußtes, ihre Arbeiterhände;
alles liebte ich an ihr.
Ich mußte sie darstellen,
weil sie so schaut und mir so nahe war. —
……….
Jetzt ist sie fort. Jetzt begegne ich ihrem Körper

DAS PORTRÄT DES STILLBLEICHEN MÄDCHENS

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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SOUS LE CRÉPUSCULE (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Femme-Africaine

SOUS LE CRÉPUSCULE

sous le crépuscule horizontal s’avance
une jeune fille d’un certain pays

on la voit sur la pente verte s’élever
légère ses cheveux flottant dans les arbres

et sa marche et ses bras et sa robe glissent
furtifs entre les nuages et les herbes

qu’en est-il des vals des sommets ou des plaines
qu’elle repousse doucement vers la nuit

vers le regard d’une patience inféconde
l’inoubliable jeune fille du soir

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

Illustration

 

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RENCONTRES (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



RENCONTRES

I

dites-nous si les fleurs extasiées
furtives douces sous la lune
veillent ou somnolent dans vos doigts

jeunes filles sur vos lèvres peintes
retenez l’appel de nos ombres
fugitives au milieu des fleurs

II

l’océan — une barque dans le soleil du soir
quelques dessins légers sur les sables
des mains prises dans un galet creux
viennent les houles le ciel nu et l’ombre des bras

III

voici que se brise le jour
sur les rives de nos rencontres

ouvrez votre paume à l’oiseau
sans un repos son vol se meurt

effleurez à peine la terre
d’un geste de danseuse vague

enfant étroite de la nuit
dans les plis froids de nos baisers

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

Illustration: Myrtille Henrion Picco

 

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Un jour, j’inventerai les signes de ma topographie personnelle (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



moissonneuses

Un jour, j’inventerai les signes de ma topographie personnelle :
baisers dans les fougères, postes d’affût des grosses truites,
coups de foudre, harems champêtres, traces de fées, moissonneuses nues,
violettes hallucinogènes, arbres à casse-croûte, granges aux belles,
cabarets en lierre, haltes du temps, sourires, etc…

Je me demande si M. Larousse, qui emploie des jeunes filles à souffler sur des pissenlits,
accueillera mes suggestions dans ses excellents ouvrages.

(André Hardellet)

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C’ÉTAIT UNE AUTRE EPOQUE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



René Julien_le-jour-des-noces [1280x768]

C’ÉTAIT UNE AUTRE EPOQUE

Nous étions assis sous une horloge sans nuages
comme à la source du temps bref.
La jeune fille la plus proche parlait le sanscrit
et quelqu’un lui demanda un chemin qui n’existait pas.
Derrière nous un village
aux yeux agrandis par le loisir.

Nous froissions des caresses
longtemps retenues aux vitres de la pluie
et la rouille gagnait l’extrémité de nos doigts.
Enfants tardifs et désoeuvrés
dont les visages ne servaient à personne

nous laissions l’herbe monter autour de nous
comme un besoin coupable
et nous rêvions de disparaître
enfin voilés par ce caprice aux longs cils
exemptés de toute présence et de tout lieu.

C’était un jour incrusté d’oubli
comme une chapelle baroque
un jour qui n’avait pas la force de se lever
et de nous regarder pâlir.

(Georges Henein)

Illustration: René Julien

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On a noyé tous les dieux (Sergueï Stratanovski)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021




    

On a noyé tous les dieux
et dans notre kolkhoze spirituel
Des jeunes filles bien proprettes
récoltent le lin au milieu des champs
Les rivières débordent de lait
et les poissons volent dans les airs
Glorifiant plaines et montagnes
et la nouvelle harmonie cosmique

***

Потопили богов,
и живем мы в колхозе духовном
Чистотелые девушки
лен убирают в полях
Реки полны молока,
и летают по воздуху рыбы
Славят равнины и горы
и новый космический лад

(Sergueï Stratanovski)

 

Recueil: Les ténèbres diurnes
Traduction:Traduit du russe par Henri Abril
Editions: Circé

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