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Poésie

Posts Tagged ‘jeunesse’

J’entends vibrer ta voix (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


entre ciel et terre

 

Ta bouche aux lèvres d’or n’est pas en moi pour rire
Et tes mots d’auréole ont un sens si parfait
Que dans mes nuits d’années, de jeunesse et de mort
J’entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde.

(Paul Eluard)

 

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Nous nous vîmes (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Nous nous vîmes par un soir calme
(Le coeur se souvient de ces songes).
Les arbres s’habillaient à peine
De leur feuillage de printemps.

De vermillon s’illuminant,
Courant le long de cet étang,
L’étroite allée nous invitait
Aux songes et ombres à jamais.

Cette jeunesse, cette tendresse —
Que fut-elle pour nous, vraiment?
N’est-ce pas elle qui élève
Chacun de mes vers insurgés ?

Le coeur est occupé de rêves,
Le coeur sait que le terme est long,
Il sait le soir sur les étangs
Et votre mouchoir parfumé.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Tout périra (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Georges Jeanclos
    

Tout périra — la mère, et la jeunesse,
L’épouse trahira, l’ami te quittera.
Apprends à goûter cette autre douceur
En te mirant dans le cercle polaire et froid.

Vers le pôle lointain mène ta barque,
Parmi les murs de glace — on oublie peu à peu
Comme on aimait, luttait et périssait là-bas,
Oublie-le, ce pays des passions anciennes.

Et aux frémissements de la longue froideur
Habitue doucement ton âme fatiguée,
Pour qu’elle n’ait plus besoin de rien, ici,
Quand de là-bas jailliront les clartés.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Carmen (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Alexey Slusar 1961- Ukrainian painter - Flamenco dancers - Tutt'Art@ (4) [800x600]

Parmi les amoureux de Carmen,
Qui se hâtent, foule bigarrée,
Voulant l’entraîner derrière eux,
Un seul…

Silencieux et morose
N’attend rien, ne demande rien ;
Mais lorsque le tambourin résonne,
Et sourdement, tintent les bracelets,

Il se souvient des jours de printemps,
Et dans le tumulte des accords
Il regarde sa taille chantante
Et voit des rêves créateurs…

Tu es telle l’écho d’un hymne oublié
Dans mon noir et sauvage destin.
0 Carmen, il m’est triste et étrange
D’avoir pu rêver de toi…

Tu es ta propre loi, tu voles, tu voles outre,
Vers d’autres constellations, ne connaissant pas d’orbites,
Et ce monde-ci n’est pour toi qu’un rouge nuage de fumée
Où quelque chose consume, chante, tourmente et brille.

Et dans cet incendie est folle ta jeunesse.
Tout est musique et lumière : il n’y a ni bonheur, ni trahisons,
D’une même mélodie résonnent joie et tristesse.
Mais je t’aime : je suis pareil à toi, Carmen !

(Alexandre Blok)

Illustration: Alexey Slusar

 

 

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Tu traverses la nuit (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Albert Ritzberger  de1

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe
Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison
Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse

(René Guy Cadou)

Illustration: Albert Ritzberger 

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La cinquième saison (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




Illustration: Marc Chagall

    
La cinquième saison

S’il faut nommer le ciel je commence par toi
Je reconnais tes mains à la forme du toit

L’été je dors dans la grange de tes épaules
Les hirondelles de ta poitrine me frôlent

Dressées contre ma joue les tiges de ton sang
Le rideau de ta chevelure qui descend

Je te cache pour moi dans la ruche des flammes
Reine du feu parmi les frelons noirs des âmes

Par l’automne épargné tes yeux sont toujours verts
Les fleuves continuent de passer au travers

Ton souffle achève au loin le clapotis des plaines
On ne sait plus si c’est le soir ou ton haleine

En hiver tu secous la neige de ton front
Tu es la tache lumineuse du plafond

Et je ferme au-delà des mers le paysage
Avec les hautes falaises de ton visage

L’étrave du printemps glisse entre tes genoux
Lentement le soleil s’est approché de nous.

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe

Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison

Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
Sur le mur le dernier reflet d’une caresse.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Solitude (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: George Hunter
    
Solitude, viens me nourrir avec ton pain d’absence
et ton ivresse froide
toujours le vide devant moi et dans mes bras berceurs
c’est toi dont parlera le vent
d’où coulera le sang du rêve
d’où montera la trouble odeur de l’encrier.

J’ai vécu ma jeunesse longue
dans les cheveux de la folie
fouillant les lèvres de la nue
pour découvrir un feu qui brûle.

Les baisers seuls sont venus
que je guettais des chairs sans nombre
le lent cortège s’évanouit
des bien-aimées au cour de cendre.

J’ai vécu mon temps d’amour
avec un moi-même ennemi ;
où vont les mondes ? vers l’oubli
la foudre signe le ciel noir.

Les femmes belles d’être nues
dorment nouées à leur amant
dont le désir n’a plus de chant
et dont le but s’est perdu.

(Alain Borne)

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Jeunes mortes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Lionel Valot
    
Jeunes mortes

Par-delà la tiédeur enivrante des choses
il y a le doux froid, vois la ville des girouettes
les lits caressés de jeunesse fleurante dorment dans l’aube,
l’acier de l’innocence perce les coeurs adolescents
le pic-vert d’amour veille les nénuphars et tremble
les chevelures étranges montent des puits lourdes de songe,

Dans l’aube sonne et dans le sang le premier son des cloches
dans l’aube et dans le sang des cloches de vos gorges
soeurs mes sources solitaires prisonnières de toiles
l’ombre du rossignol pleure sur vos quinze ans
mortes givreuses mortes de satin blanc
mais la pierre est moins rude que l’étreinte de l’homme.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Je marchais dans la nuit (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Evaristo
    
Je marchais dans la nuit pluvieuse,
Et, à la fenêtre d’une vieille maison,
Je reconnus les yeux songeurs
De ma douleur. — En larmes, solitaire,
Elle fixait les horizons humides…
Je restais là, à l’admirer,
Comme si j’avais, sous ses traits,
Reconnu ma jeunesse enfuie.
Un regard. Et mon coeur se serre,
La lumière s’éteint — c’est l’aube.
Et le matin humide toque
À sa fenêtre abandonnée.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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A l’ombre d’un myrte (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2017




    
A l’ombre d’un myrte

Pourquoi te serai-je lié,
Ô mon myrte charmant ?
L’amour, le libre amour, ne peut être lié
A nul arbre planté en terre.

Ô que j’étais malade et las
Étendu sous mon myrte
Semblable à la bouse sur le sol
Lié à mon myrte.

Souvent mon myrte soupirait en vain,
A contempler ma lourde chaîne ;
Souvent mon père nous vit soupirer
Et rit de notre naïveté.

Ainsi je l’abattis et son sang
Colora les racines issues du myrte.
Mais le temps de la jeunesse a fui
Et des cheveux gris couvrent ma tête.

***

In a Myrtle Shade

Why I should I be bound to thee,
O my lovely Myrtle-tree?
Love, free Love, cannot be bound
To any tree that grows on ground.

O! how sick and weary I
Underneath my Myrtle lie;
Like to dung upon the ground,
Underneath my Myrtle bound.

Oft my Myrtle sigh’d in vain
To behold my heavy chain:
Oft my Father saw us sigh,
And laugh’d at our simplicity.

So I smote him, and his gore
Stain’d the roots my Myrtle bore.
But the time of youth is fled,
And grey hairs are on my head.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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