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Poésie

Posts Tagged ‘jeux’

Ah ! que je t’aime (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Gustave Courbet
    
Ah ! que je t’aime, Mnasidika, plus que le souvenir de ma vie.
Je t’aime parce que tu as une vulve brûlante, et une bouche infatigable pour le baiser que je veux.

Ouvre les genoux : Je te couvre. Donne-moi tes lèvres et ta langue.
Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Foule tes seins contre mes seins.

M’y voici : Nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent.
Étreins-moi comme je t’étreins ! Elles clapotent, entends-tu ? Mnasidika, nos jouissances se mêlent!

Je suis ton amant ! Je te possède ! Ah ! Si j’étais fille de Kypris,
sans doute elle me donnerait la virilité, et nos tentatives acharnées
ne seraient pas jeux de petits enfants .

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction: Gallimard
Editions: Gallimard
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Placet futile (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Placet futile

Princesse! à jalouser le destin d’une Hébé
Qui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres,
J’use mes feux mais n’ai rang discret que d’abbé
Et ne figurerai même nu sur le Sèvres.

Comme je ne suis pas ton bichon embarbé,
Ni la pastille ni du rouge, ni jeux mièvres
Et que sur moi je sais ton regard clos tombé,
Blonde dont les coiffeurs divins sont des orfèvres!

Nommez-nous… toi de qui tant de ris framboisés
Se joignent en troupeau d’agneaux apprivoisés
Chez tous broutant les voeux et bêlant aux délires,

Nommez-nous… pour qu’Amour ailé d’un éventail
M’y peigne flûte aux doigts endormant ce bercail,
Princesse, nommez-nous berger de vos sourires.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Auguste Toulmouche

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C’est vrai, j’aime Paris d’une amitié malsaine… (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



monet-quai-louvre-img

 

C’est vrai, j’aime Paris d’une amitié malsaine ;
J’ai partout le regret des vieux bords de la Seine
Devant la vaste mer, devant les pics neigeux,
Je rêve d’un faubourg plein d’enfants et de jeux.
D’un coteau tout pelé d’où ma Muse s’applique
A noter les tons fins d’un ciel mélancolique,
D’un bout de Bièvre, avec quelques chants oubliés,
Où l’on tend une corde aux troncs des peupliers,
Pour y faire sécher la toile et la flanelle,
Ou d’un coin pour pêcher dans l’île de Grenelle.

(François Coppée)

Illustration: Claude Monet

 

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Ce n’est qu’une lune de papier (Rose/Harburg/Arlen)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Ce n’est qu’une lune de papier

Rien n’est réel pour moi
Quand je suis loin de toi
Loin de tes bras
Le monde n’est plus qu’un parking transitoire

Mmm
Une bulle juste un instant
Mmm
La bulle s’irise de ton sourire

Tu vois, ce n’est qu’une lune de papier
Voguant sur une mer de carton
Mais ce ne serait pas imaginaire
Si tu croyais en moi

Oui ce n’est qu’un ciel de toile
Au-dessus d’un arbre de mousseline
mais ce serait pas imaginaire
Si tu croyais en moi

Sans ton amour
Ce n’est qu’un défilé d’attractions
Sans ton amour
C’est une mélodie d’arcade de jeux

C’est un monde qui appartient au cirque
Aussi faux que possible
Mais ce ne serait pas imaginaire
Si tu croyais en moi

***

It’s Only A Paper Moon

I never feel a thing is real
When I’m away from you
Out of your embrace
The world’s a temporary parking place

Mmm, mm, mm, mm
A bubble for a minute
Mmm, mm, mm, mm
You smile, the bubble has a rainbow in it

Say, its only a paper moon
Sailing over a cardboard sea
But it wouldn’t be make-believe
If you believed in me

Yes, it’s only a canvas sky
Hanging over a muslin tree
But it wouldn’t be make-believe
If you believed in me

Without your love
It’s a honky-tonk parade
Without your love
It’s a melody played in a penny arcade

It’s a Barnum and Bailey world
Just as phony as it can be
But it wouldn’t be make-believe
If you believed in me

(Rose/Harburg/Arlen)

Illustration

 

It’s Only A Paper Moon

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Est-ce en vous cette attente (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Plaine telle un sanglot
Qui s’étrangle et se cache,

Champ de blé supportant
Les jeux de l’alouette,

Est-ce en vous cette attente
Ou dans celui qui vous regarde?

(Guillevic)

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Ce matin… (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Ce matin…

Ce matin est plein de brume
Où des oiseaux se mêlent à des feuilles
Des oiseaux froids se suivent

À peine si l’on distingue
Tant c’est l’aube
Leurs jeux du peu de nuit
Restée au sol d’automne

Les troncs penchent
Où nous avions marché
Par degré dans l’eau de la lumière
Comme un corps enchevêtré qui a mémoire
Et le temps pour œuvre.

(Béatrice Douvre)

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Sous la branche propice aux jeux (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Sous la branche propice aux jeux,
la foudre broie le printemps d’une robe
et l’arbre sent couler sa vie
sur le marbre taché de feu.

Survivent la vipère et la ronce,
le scorpion dans le roc,
le roc étroit et nu,
complice muet du venin.

Un homme entend grogner au loin
les charrois de l’orage
et s’étonne du soleil
couché sanglant sur les dalles.

Sa femme est jeune et sa maison pesante.
Il pressent dans le soir le triomphe du bien.

(Jean Joubert)


Illustration:
Geneviève  Peyrade

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Du temps jadis revenu (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2016




Du temps jadis revenu
Tu semblais mon moi perdu :
Quel besoin de jeux d’amants
Pour des enfants penchés sur le courant,
Tête claire contre tête dorée ?

***

From long ago returned,
As my lost self you seemed:
Of lover’s play what need
For children gazing in a stream
Bright head by golden head?

(Kathleen Raine)

Illustration: Jeffrey T. Larson

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Forêts sans muguet (Angèle Vannier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



Au mois de mai
quand les forêts
sont frustrées de fleurs de muguet
elles ressemblent trait pour trait
aux églises désaffectées
Et les filles sont déroutées
par des fauves candeurs qui perlent à leur cou
Si l’un se met à genoux
l’autre pleure sous la feuillée

Les jeux sont faits
Sauve qui peut
Mais le mal n’a pas l’existence
Il n’est que le temps et le lieu
où il n’a pas pris conscience
de Dieu.

(Angèle Vannier)

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L’enfant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2016



Henri Rousseau_la_Guerre

L’enfant

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
– Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

(Victor Hugo)

Illustration: Henri Rousseau

 

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