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Il suffit de rien (Joël Vernet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
Gao, 1975
(Extrait)

Il suffit de rien, vraiment. De rien du tout: la pauvreté d’un mur,
une silhouette, un beau visage, des pirogues sous les branches. Oui,
il suffit d’être là, au bon moment, avec son coeur et les deux yeux
ouverts. C’est le sommet d’une rencontre, un instant de grâce. Un
instant si rare.

[…]

Oui, c’est l’enfance du monde que nous recherchons. Ses premiers
balbutiements. Cet orage en mesure de provoquer un tremblement.

(Joël Vernet)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Elle qui n’a pas les mots (Joël Vernet)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2016



Elle qui n’a pas les mots

Elle marchait dans le silence comme une reine sur les eaux.
Les sages sont ainsi : souvent, ils n’ont plus les mots,
plus aucun mot dans la bouche pour dire la démesure du monde.

La réponse est parfois sous la moindre touffe d’herbe.
Mis elle n’est pas plus dans la lumière que font les arbres
que dans le silence de Dieu, le vol des oiseaux.

Même les ciels d’exception ne nous délivrent pas les mots
en mesure de nous sauver, de panser notre âme blessée.

Vivre, c’est creuser en vain la terre d’attente
dont le lit serait l’espérance invisible.

Vivre, c’est voir,
c’est éprouver chaque instant de pulsation terrestre.

La fenêtre basse de la ferme sur laquelle elle posait le journal, ses lunettes,
par laquelle scrutait son beau visage recouvert de cheveux longs d’indienne.
Je l’apercevais souvent de profil dans un étroit miroir crocheté au mur.
La cour, la prairie et le ciel venaient s’asseoir sur la vitre.

[…]

Tout est silencieux dans le paysage.
Sauf mon cœur.

Notre cœur est une petite machine bruissante qui chante ou murmure.
Notre vie est accrochée à lui comme le lierre au muret.
Si une seule pierre se détache, tout l’ensemble s’effondre.

Notre cœur chantonne toujours un souvenir, un espoir une aventure.
Notre cœur est le cœur du poème qui s’en va, là-bas, dans la forêt
où elle dût si souvent courir, enfant,
après les bêtes rendues folles par le printemps qui ouvrait en grand les étables.

(Joël Vernet)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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