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Poésie

Posts Tagged ‘joie’

Avec mes sens, avec mon coeur … (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Avec mes sens, avec mon coeur …

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d’un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s’emplir,
Délicieusement, d’inoubliables larmes.

Et je m’en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d’être à jamais celui
Qui t’est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L’heure est unique et d’extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu’à frôler ton front,
Comme s’ils y touchaient l’aile de tes pensées.

(Emile Verhaeren)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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La Poésie (Raymond Dumaret)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



La Poésie

Aime l’école buissonnière,
Suit son bonhomme de chemin.
Charme l’oreille d’un refrain.
Flâne, le coeur en bandoulière.

Elle vous prend le bras pas fière.
Puis, vous accompagne un instant
Pour s’échapper en sautillant,
Libre, joyeuse, familière.

Poésie d’aujourd’hui: demain
Débordante de joies nouvelles,
Plus chaleureuse et sensuelle,
J’ai le béguin pour ton jardin.

Souvent mon esprit va vers Elle.
Je la devine m’attirant,
Avec ses yeux bleus m’envoûtant.
Elle m’ensorcelle la belle.

(Raymond Dumaret)


Illustration: Josephine Wall

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Le jour gris (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le jour gris

Le jour le mieux défendu
est le jour du temps le plus terne,
sans éclat sans chaleur sans force…
— Cherche ta joie sous la cendre!

Elève tes yeux désertés :
rien à voir dans ce gris!
Ouvre tes mains vides : rien,
ni vent ni soleil ni pluie!

Mais quelle étrange sécurité!
Quelle amertume jusqu’au bonheur!
Toute l’espérance est acquise
puisque tout est déjà consommé.

(Jean Tardieu)

 

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La terre de ses joies (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2017



Illustration: Daniel Martineau
    
Sommeil est la terre de ses joies
Lit est la terre de ses maux

(Adonis)

 

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Si tu restes avec moi (Gottfried Heinrich Stölzel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration: Rémy Disch
    
Si tu restes avec moi, alors j’irai en joie
Vers ma mort et mon doux repos.
Ah ! comme elle serait heureuse, ma fin,
Tes jolies mains fermant mes yeux fidèles!

***

Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’.

Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu!

(Gottfried Heinrich Stölzel)

Découvert ici: https://cequetesyeuxvairons.wordpress.com/

 

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La joie (Gilles Guilleron)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Devant la liste sur le tableau
la joie du candidat
devant son nom

(Gilles Guilleron)

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Ah mon rire (Janine Tavernier)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



 

Ah mon rire
mon rire gigantesque
mon rire silencieux
mon rire emprisonné derrière mes lèvres
ah ah mon rire
emmuré dans son linceul de glace
je t’entends rugir en moi comme un fauve
je te sens qui ballottes en moi
sur le remous tourmenté de ma colère
ah ah ah mon rire
je t’écoute et j’ai peur
mon rire qui n’es pas à moi
mon rire étranger à ma vie
mon rire que les forces de l’inconscient
projettent sur l’écran fragile de ma sensibilité
je te crains plus que mourir
je te crains plus que vivre
ah ah ah ah mon rire
quand tu briseras tes liens
et que hors de moi tu t’enfuyeras
dans l’explosion de tes accords déchaînés
que vas-tu prendre à ma vie t’en iras-tu seul
vers les sphères abolies d’où l’on ne revient pas
J’ai plongé mes deux mains au-delà du présent
et j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Mon désespoir était debout enveloppant ma gauche
coulée de glace tournant avec mon sang
mon désespoir était debout avec sa chevelure noire
et ses voiles noirs éclaboussés de son ombre
et le regard mort de ses yeux sur des nuits sans limite
Mais j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Une joie douce et vraie comme un sourire d’enfant
comme un soupir d’oiseau dans l’aube silencieuse
comme un baiser d’ami posé au bord des cils
et par la seule splendeur d’une joie opaline
prise à la certitude des bonheurs à venir
mon désespoir s’est irisé de mille reflets d’azur

(Janine Tavernier)

Illustration

 

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Les pins solitaires (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Illustration: Paul Madeline
    
Les pins solitaires le long de la mer
désolée ne savent rien de mon amour.
Le vent les éveille, la douce
pluie les baise, le tonnerre
lointain les endort.
Mais les pins solitaires ne sauront
jamais rien de mon amour, jamais rien de ma joie.
Amour de la terre, joie pleine
incomprise. Oh comme tu mènes
loin ! Un jour
les pins solitaires ne verront pas
les lèche la pluie, les endort le soleil —
avec l’amour danser ma mort.

***

I pini solitari lungo il mare
desolato non saneo del mio amore.
Li sveglia il vento, la pioggia
dolce li bacia, il tuono
lontano li addormenta.
Ma i pini solitari non sapranno
mai del mio amore, mai della mia gioia.

Amore della terra, colma gioia
incompresa. Oh dove porti
lontano ! Un giorno
i pini solitari non vedranno
— la pioggia li lecca, il sole li addormenta —
coll’amore danzare la mia morte.

(Sandro Penna)

 

Recueil: PRISMA
Traduction: Bernard Simeone
Editions: OBSIDIANE

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Où sont vos mains (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    
Où sont vos mains
lueurs farouches de presque joie
en presque enfer?

Que voulez-vous prouver vous qui n’y pouvez rien?

Quand ça étouffe quand ça écrase quand ça cisaille
où sont vos mains?

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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Novembre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

fauvette

Novembre

Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.

Ils souffrent bien sous cette pluie ;
Mais, au pays ensoleillé,
Je songe qu’un rayon essuie
Et réchauffe l’oiseau mouillé.

Mon âme est comme une fauvette
Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;

Mais loin d’eux elle est exilée ;
Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et n’ai pas le droit de partir.

(François Coppée)

Illustration

 

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