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Quand nous nous allongeons côte à côte (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
quand
nous nous allongeons côte à côte
mes petits seins se pavanent en deux charmantes tours aiguës et
je pousse chaudement la tendresse de mon ventre contre toi

tes bras sont
jeunes;
tes bras me convaincront,dans un complet silence disant
sur mon corps
leurs derniers mots sveltes.

ne ris pas de mes cuisses.

il y a entre mes grandes jambes une ville craquante.
quand tu me touches
c’est le printemps dans la ville;les rues se tortillent joliment,
c’est pour toi;ne les effraie pas,
toutes les maisons se serrent terriblement
quand tu arrives:
elles sont contentes
quand tu remplis d’enfants les rues de ma ville.

***

as
we lie side by side
my little breasts become two sharp delightful strutting towers and
i shove hotly the lovingness of my belly against you

your arms are
young;
your arms will convince me,in the complete silence speaking
upon my body
their ultimate slender language.

do not laugh at my thighs.

there is between my big legs a crisp city.
when you touch me
it is Spring in the city;the streets beautifully writhe,
it is for you;do not frighten them,
all the houses terribly tighten
upon your coming:
and they are glad
as you fill the streets of my city with children.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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C’est hier (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
c’est hier

tout s’invente
un passé dans l’oeil

si joliment loin
l’arbre dans la clairière

il existe

beaucoup

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

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La Vieille (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



vieille-dame

La Vieille

Dans le bois, l’y a-t-une vieille qui passe quatre-vingts ans.
C’est la femme d’un pauv’ vieil homme qu’on a tué pour son argent.
— La vieille s’en va dansant, sous les branches, sous les branches.
— C’est la femme d’un pauv’ vieil homme qu’on a tué pour son argent.

Il avait trois francs six sols dans son gousset de bûcheron.
La vieille crie à tous les vents :
Qui c’est-y qu’a vu mon homme ?
— Elle s’en va glissant, sautant, sous les branches, sous les branches.
— La vieille crie à tous les vents :
Qui c’est qu’a vu mon amant ?

Deux mouches vertes aux paupières, une araignée au menton,
la vieille s’en va dansant,
— qu’elle est belle !
qu’elle est belle !
— et toute une fourmilière en grains de beauté plaisants,
la vieille s’en va sautant,
— qu’elle est belle joliment !

Cheveux gris pleins de rosée, tout brouillés de coccinelles,
la vieille s’en va glissant,
— qu’elle est belle !
qu’elle est belle !
— deux scarabées aux oreilles, une marguerite aux dents,
la vieille s’en va dansant,
— qu’elle est belle joliment !

Elle embrasse tous les passants, les glissants et les sautants,
— la folle s’en va chantant, sous les branches, sous les branches,
— les sautants et les glissants, les crapauds et les serpents.
Elle s’en va chantant, la folle :
Qui c’est donc qu’a vu mon homme ?

Elle embrasse tous les passants, le rossignol sur la gorge,
— elle s’en va chantant, la folle, sous les branches, sous les branches,
— baise l’ortie sur la fleur et le voleur sur le front.
La folle s’en va chantant :
Qui c’est qu’a vu mon amant ?

(Paul Fort)

Illustration trouvée ici: https://www.tripalbum.net/andes/vieille-dame/

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