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Posts Tagged ‘jonc’

Les béatitudes (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



 

 
    
Les béatitudes

Bienheureux ceux qui vont cassés et vermoulus
S’appuyer souriants au mur du cimetière,
Sachant qu’ils sont vivants, tous ceux qui ne sont plus;
Certains d’être attendus par eux dans la lumière
Des paradis prochains dont les portes flamboient:
Bienheureux ceux qui croient.

Bienheureux ceux qui sont assis coeur contre coeur
La nuit sur les seuils noirs ou les vieux bancs de pierre
Dans le parfum des lys et de la vigne en fleur,
Partageant simplement l’ivresse de la terre,
Alors que la blancheur des vergers fous essaime:
Bienheureux ceux qui s’aiment.

Bienheureux les naïfs et bienheureux les fous
Dont les trésors sont faits d’un or impondérable:
Caresses de leur chien, cri d’un oiseau, le doux
Murmure qu’ont le soir les branches des érables
Aux souffles languissants du vent qui les soulèvent:
Bienheureux ceux qui rêvent.

Et bienheureux aussi les tendres dont les yeux
Sont humides quand un violon bégaie
Sous l’archet d’un aveugle, ou que vibre amoureux
Le contralto d’un merle à travers la futaie,
Quand parmi les joncs bleus des clartés d’astres meurent:
Bienheureux ceux qui pleurent.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES

Aux noces d’un Tyran tout le Peuple en liesse
Noyait son souci dans les pots.
Esope seul trouvait que les gens étaient sots
De témoigner tant d’allégresse.

Le Soleil, disait-il, eut dessein autrefois
De songer à l’Hyménée.
Aussitôt on ouït d’une commune voix
Se plaindre de leur destinée
Les Citoyennes des Etangs.
« Que ferons-nous, s’il lui vient des enfants?
Dirent-elles au Sort, un seul Soleil à peine
Se peut souffrir. Une demi-douzaine
Mettra la Mer à sec et tous ses habitants.
Adieu joncs et marais: notre race est détruite.
Bientôt on la verra réduite
A l’eau du Styx. » Pour un pauvre Animal,
Grenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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La harpe (Zbigniew Herbert)9

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



La harpe

L’eau est basse. Dans l’eau, une lumière dorée et plate.
Dans les joncs argentés, les doigts du vent entourent la seule colonne sauve.
Une jeune fille brune entoure la harpe.
Son grand oeil égyptien glisse sur les cordes comme un poisson triste.
Loin derrière lui de petits doigts.

(Zbigniew Herbert)

 

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Les jonquilles (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



 

Les jonquilles
commencent comme des joncs
et finissent comme des quilles.

(Laurent Albarracin)

 

 

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



La main touche une jupe

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin,

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

 

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Neige sur le fleuve (Lieou Tsong-Yuan)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Neige sur le fleuve

Au-dessus de mille montagnes, nul oiseau ne passe.
A dix mille lieues à la ronde, aucune trace humaine.
Une barque. Le vieillard en manteau et chapeau de jonc,
Solitaire, pêche la neige sur le fleuve gelé.

(Lieou Tsong-Yuan)

 Illustration: Shitao

 

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Mon amour?… Dis-moi, te rappelles-tu (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Mon amour?… Dis-moi, te rappelles-tu
ces tendres joncs,
languides et jaunes,
dans le lit desséché du ruisseau?…

Te rappelles-tu le coquelicot
que l’été calcina,
le coquelicot fané,
crêpe noir sur la campagne?

Te rappelles-tu le soleil glacé,
humble, du matin,
qui brille et tremble, brisé,
sur une fontaine gelée.

(Antonio Machado)

Illustration: Guy Baron

 

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Chanson (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



Chanson

Un sorbier comme une fille avec du rouge aux lèvres
Entre la petite et la grande route
Les aulnes mouillés et ruisselants
Se tiennent à distance parmi les joncs.

Il y a les humbles fleurs du dialecte
Et les immortelles de l’accent parfait
Et cet instant où l’oiseau chante tout proche
De la musique des événements.

***

A rowan like a lipsticked girl.
Between the by-road and the main road
Alder trees at a wet and dripping distance
Stand off among the rushes.

There are the mud-flowers of dialect
And the immortelles of perfect pitch
And that moment when the bird sings very close
To the music of what happens.

(Seamus Heaney)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



 

SONNET

Je voudrais, en groupant des souvenirs divers,
Imiter le concert de vos grâces mystiques.
J’y vois, par un soir d’or où valsent les moustiques,
La libellule bleue effleurant les joncs verts ;

J’y vois la brune amie à qui rêvait en vers
Celui qui fit le doux cantique des cantiques ;
J’y vois ces yeux qui, dans des tableaux encaustiques,
Sont, depuis Cléopâtre, encore grands ouverts.

Mais, l’opulent contour de l’épaule ivoirine,
La courbe des trésors jumeaux de la poitrine,
Font contraste à ce frêle aspect aérien ;

Et, sur le charme pris aux splendeurs anciennes,
La jeunesse vivante a répandu les siennes
Auprès de qui cantique ou tableau ne sont rien.

(Charles Cros)

Illustration: Arthur Braginsky

 

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Sur le bout de la canne de jonc (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



Sur le bout de la canne de jonc petite libellule posée
le monde l’entoure

(Ko Un)

 

 

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