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Poésie

Posts Tagged ‘joncher’

Tes mains (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

Tes mains,
jonchant les draps étaient mes feuilles mortes

(Jean Cocteau)

Illustration: Jean-Jacques Henner

 

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Mon front pâle est sur tes genoux (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Lauri Blank -   (53) [1280x768]

Mon front pâle est sur tes genoux
Que jonchent des débris de roses ;
O femme d’automne, aimons-nous
Avant le glas des temps moroses !

Oh ! des gestes doux de tes doigts
Pour calmer l’ennui qui me hante !
Je rêve à mes aïeux les rois,
Mais toi, lève les yeux, et chante.

Berce-moi des dolents refrains
De ces anciennes cantilènes
Où, casqués d’or, les souverains
Mouraient aux pieds des châtelaines.

Et tandis que ta voix d’enfant,
Ressuscitant les épopées
sonnera comme un olifant
Dans la danse âpre des épées,

Je penserai vouloir mourir
Parmi les roses de ta robe,
Trop lâche pour reconquérir
Le royaume qu’on me dérobe.

(Stuart Merrill)

Illustration: Lauri Blank

 

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PRUNES (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    
PRUNES

Voilé le ciel,
rôdeurs les souffles,
émues les branches.

Soudain la colère des nuées.
La pluie se jette sur les arbres.
Les frondaisons gesticulent.

Et soudain l’averse en fuite,
le verger jonché de prunes
bleues, bouffies, talées, fendues.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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[MOTlF PERSAN] (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
[MOTIF PERSAN]

Au Khorassan je connais une porte
dont le seuil est jonché de roses.
Derrière, vit une péri à l’air pensif.
Au Khorassan je connais une porte
mais cette porte, je ne l’ai pu ouvrir.

Ce n’est pas qu’en mes mains la force manque
pas plus que l’or cuivré en ma chevelure.
La voix de ma péri était belle et tendre.
Ce n’est pas qu’en mes mains la force manque
pourtant cette porte, je ne l’ai pu ouvrir.

À quoi bon prouesses d’amour. Et
pour quoi ? A qui dédierai-je mes chants si,
Chaga, tu ne fais plus la farouche,
mais que ta porte je ne la puisse ouvrir,
à quoi bon, dis, prouesses d’amour ?

Il est temps de retrouver ma Rus’.
Perse ! comment te quitter ?
me séparer de toi pour toujours
à trop aimer la terre où je suis né ?
Il est temps de retrouver ma Rus’.

Adieu, Péri, adieu ! Tant pis
si ta porte je ne l’ai pu ouvrir :
Tu me fis don d’une belle douleur,
en mon pays je saurai te chanter.
Adieu, Péri, adieu.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Recouverts de lichen (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Recouverts de lichen et comme pétrifiés
des arbres morts jonchent les sous-bois
d’enchevêtrements impénétrables
et dans cette pénombre sous-marine
transpercée de longs traits de lumière
on croirait voir remontée à la mémoire
la trace évanouie de l’outre-monde

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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L’homme qui prie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Illustration: Annagol
    
L’homme qui prie n’attend rien de sa prière
Il lève les yeux au ciel
Des mots tombent comme neige
Jonchent le sol et mangent ses pieds
L’homme se consume
Jusqu’au dernier souffle de son illusion.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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J’ai vu la femme éclater (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Letinha
    
j’ai vu la femme éclater
dans le silence de la fleur
refermée
les membres épars étaient des allumettes
jonchant le cendrier de la
vie
un oeil était de ces diamants
trouvés par hasard dans
la bouche écartelée
d’une glèbe griffée
le sang coulait dans les méandres
d’une pensée là oubliée

j’ai vu la femme éclatée
dans le silence de la fleur
refermée

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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L’OPOPONAX (Thédore Hannon)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



Illustration: Sergey Smirnov 
    
L’OPOPONAX

Depuis le crêpelé havane
De ta nuque, rais de soleil.
Jusqu’aux neiges de ton orteil.
Ce baume vainqueur se pavane.
Roulant au versant de tes seins,
Il court le long de les bras, flâne
Par tes lèvres rouges, et plane
Sur tes grands baisers assassins.

La Japonaise en ses rançons
Se sert de tes acres salives
Pour pimenter ses chairs olives,
Pour ensorceler ses suçons.

Qu’importe ! si, pour me griser,
Quand ton beau corps jonche ta couche.
Tu me verses à ronde bouche
L’opoponax de ton baiser !

(Thédore Hannon)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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LE PAVILLON DE LA TRISTESSE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 poésie 7

LE PAVILLON DE LA TRISTESSE

Jour et nuit, les plus jolies femmes de l’Empire y dansent.
Les chants les plus joyeux y retentissent.

Lorsque l’ivresse a terrassé tout le monde,
je cesse de boire, je prends mon pinceau, de l’encre d’or,
et j’écris une poésie mélancolique
dont les caractères ressemblent aux corps vermeils
qui jonchent le marbre de la salle.

(La Flûte de Jade)

 

 

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APRÈS LA PLUIE (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




APRÈS LA PLUIE

Cohue aux fenêtres : les feuilles sont là!
Le ciel, ce chablis, jonche encor le gazon.
Le calme revient. Mais vous auriez vu ça
D’abord ! A présent, c’est une autre chanson.

D’abord on l’a vu qui se rue, trublion,
Franchit les enclos et décoiffe les branches,
Piétine le parc, et de pluie en grêlons,
Et puis de hangar en terrasse de planches !

Goûtez à présent l’air épais et corsé !
Et le peuplier, si ses veines éclatent,
C’est l’air du jardin que, sodé, fait mousser
L’amer peuplier, tel du bicarbonate.

La vitre transpire et ruisselle, évoquant
La hanche et le dos frissonnants d’une ondine.
Le coin des fraisiers est glacé et brillant,
La grêle — égaillée en gros sel de cuisine.

D’un fil d’araignée tombe un rai de soleil
Qui semble un moment se tapir dans l’ortie,
Mais proche est l’instant qui verra l’escarbille
Flamber dans la haie et souffler l’arc-en-ciel.

(Boris Pasternak)

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