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Posts Tagged ‘jonquille’

Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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A UN MORT (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

Bill Viola  Le seuil

A UN MORT

Ou dit que tu as rendu l’âme.
Rendue à quoi, ton âme, dis ?

Je sais : L’eau qui gonfle et grandit
Les jacinthes et les jonquilles,
L’eau des ruisseaux et l’eau des larmes
A l’océan sera rendue,
Rendue avec exactitude.

Mais ces limites adorables ?
Mais ces façons, ah ! sans doute à jamais uniques
De capter, de régir l’immuable trésor,

De prendre part à l’aventure,
De refléter cette lumière en marche ?

Je sais, d’autres viendront, pareils à toi ;
Pareils ? Comme le sont tous les fruits du même arbre :
Il n’y en a pas deux qui aient exactement
Même couleur, même forme et même parfum.

On dit que tu as rendu ton âme…

La médaille au creuset rendue
N’est plus que poids et que métal.

Ton esprit n’est plus que l’Esprit.

Ah ! que l’or brut soit éternel., peu nous importe !
Nous aimions ce lingot frappé
A ton effigie,
Et dont rien ne reste qu’une empreinte
— Déjà changée ! —
Dans nos mémoires.

(Charles Vildrac)

Illustration: Bill Viola

 

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RENAISSANCE (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
RENAISSANCE

1
Quelque chose bat lentement
Qui ne bruit pas encore
Rumeur lovée
Lumière lointaine
L’éveil va délacer les corps
Pour une mêlée plus claire
Pour un nouveau sommeil
Un merle s’est mis à démailler l’ombre
Une carriole de jonquilles s’en va sous les branches

2
Les nuages prennent du champ les paroles
Passent à d’autres collines les pentes
Vers nous mènent leur troupeau de lavande
Le vent anime un débat dans les herbes
Et mon sang n’est qu’une soif très ancienne
Montant vers toi vers tes yeux cet instant
Ce frisson du feuillage où neigent les colombes

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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PLUIE DE MARS (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



PLUIE DE MARS

Ce n’est que pluie de mars.
Elle bouscule les jonquilles,
jette l’eau sur le feu,
et puis s’en va
en pirouettes
folle de joie.

Elle sait que le feu ne s’éteindra pas.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

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Lorsque danse une goutte d’eau (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Ah! que de merveilles scintillent
Lorsque danse une goutte d’eau!
Un ange parfois joue aux billes,
Une étoile tombe au ruisseau.
On ne sait jamais quel manteau
De fée courant dans les jonquilles
On peut coudre avec une aiguille
En rêvant derrière un carreau.

(Maurice Carême)


Illustration: Corrie White

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Premier degré (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



Premier degré

Ils ont arraché mes jarretelles
ils m’ont serré les poignets
avec des cordes
ils ont volé mes jonquilles
avec leurs canifs ils m’ont griffée
ils m’ont appelée pucelle
ils m’ont photographiée nue
ils m’ont fouettée
ils m’ont jetée dans la neige
ils m’ont enfermée avec les noires
ils ont dit : Elle est trop belle
Roger avait raison
Ils m’ont mordue jusqu’au sang.
Alors
de dégoût et de rage
j’ai coupé ma langue avec mes dents
et je l’ai crachée au visage
du gros à la dent d’or
à la tache de son
que les autres appelaient
avec respect
Monsieur Ferdinand.

(Armand Lanoux)


Illustration

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PRIVILÈGE (Claude Sernet)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2017



Illustration: Girodet de Roussy
    
PRIVILÈGE

Un oiseau de passage
Un oiseau sur la branche

Une étoile inconnue
Une étoile à connaître

Et le nom de cette heure
Et l’amour qui la nomme

Hirondelle ou mésange
Marguerite ou jonquille

Je les cherche et les trouve
Je les trouve et les chante

Bel oiseau, belle étoile
— Nous chantons pour leur plaire

(Claude Sernet)

 

Recueil: Les Pas recomptés
Editions: Seghers

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SIMPLICITÉ (Jeanne Catania)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
SIMPLICITÉ

Amour
Laisse venir
La belle qui aime et réjouit
Facile
Simple

Le corps ouvre son sein
Son coeur se livre bien
Effleurer
Effeuiller
Effacer
Luise le soleil
Fleurissent les jonquilles
Éclairent les étoiles
Terre ô ciel
La paix descend
Femina
Éclat d’être
Une planète
Ouïr et jouir
Jouer et rejouer
Perdre et se perdre
Encore
Dédore l’infini rose
Abolies et polies
Toutes les faces à temps
Chantées
Les fables des amants
Osent rougir les sables
Où coulent les ciels bleus
Brûlent les parfums doux
Fondent les sels marins
Une plume vole
Vers l’horizon à court
Oh ! Il nous fuit déjà…

(Jeanne Catania)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Je suis fille… (Yvonne Le Meur-Rollet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

Alexandre Jacques Chantron  1_0

Je suis fille…

Je suis fille de l’eau des étangs et des sources.
Je sais depuis toujours
Où poussent les jonquilles,
Où pleurent les grands saules,
Où glissent les anguilles,
Où les joncs bleus murmurent
Les secrets des amants
Dont les ombres se mêlent
Sous les troncs des sureaux.

Je suis fille des bois de hêtres et de frênes.
J’ai gravé dans l’écorce
Des serments révolus.
J’ai lu sous les futaies
Les romans interdits où galops et baisers
Menaient à une chambre
Crépitante de bûches
Dont les flammes dansaient au rythme des désirs.

Je suis fille nourrie
Au pays des mirages,
Au pays des silences,
Des soupirs, de l’ennui.
Et les hommes qui passent
Me regardent sans voir le feu qui me consume.
De loin,
Je les regarde :
Ils me font un peu peur :
Leurs ventres sont trop gros, leurs rires sont trop forts
Et leurs mains sont trop moites.

Moi, je rêve toujours d’un poète au teint pâle,
D’un amoureux fragile
Qui marche près d’un lac
Où le temps se suspend aux lames des roseaux.

(Yvonne Le Meur-Rollet)

Illustration: Alexandre Jacques Chantron

 

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Tubéreuse et jonquille (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Tubéreuse et jonquille

—L’autre jour, disait la Jonquille, mon maître,
en me montrant à un de ses amis, s’est écrié:
voyez cette jolie fleur, c’est le désir.

—Moi, répondit la Tubéreuse, je suis la volupté.
—J’aime bien mieux être le désir.
—Cela vous plaît à dire, mais tout le monde n’est pas de votre avis.
—Vous ne venez qu’après moi.
—Mais je vous fais oublier.
—Sans moi vous n’existeriez pas. Je vous fais naître.
—Moi, je vous ressuscite.

La conversation, comme on le voit, avait pris une tournure assez métaphysique.
Le champ était vaste, et les deux fleurs pouvaient disputer longtemps avec des avantages égaux.
Entre le désir et la volupté, entre la jonquille et la tubéreuse,
ce n’est pas nous qui oserons décider.
Heureusement, le Ramier n’éprouvait pas les mêmes scrupules:
Pour vous juger, je n’ai qu’à voir la manière dont les hommes vous traitent;
la nature a pris soin de multiplier la jonquille;
elle abonde dans les prés, elle s’épanouit à côté des fleurs les plus simples.
Son parfum est doux sans être enivrant.
Sa tête penchée qui semble cachée sous un voile blanc,
sa robe verte d’espérance charment le regard.
L’homme aime à s’entourer de jonquilles.
Sur la fenêtre du pauvre, sur la cheminée du riche, partout, elle est bien accueillie.
C’est que le désir plaît.

Quant à vous, madame la Tubéreuse, c’est autre chose.
Vous êtes originaire de l’Inde, vous êtes fille de la terre d’où nous viennent tous les poisons.
Vos grandes fleurs blanches lavées de rose séduisent, il est vrai, par leur beauté,
mais leur parfum ne peut se sentir longtemps.
En vous voyant pour la première fois un charme puissant s’empare des sens,
on voudrait se livrer tout entier au plaisir de vous respirer,
mais bientôt une fatigue étrange remplace cet enivrement passager.
On vous éloigne, on vous évite, on craint de vous approcher.
C’est que la volupté tue.

Les sages seuls sont de l’avis du Ramier.
Le reste des hommes hésite encore entre le désir et la volupté.

(J.J. Grandville)

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