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Posts Tagged ‘(José-Maria de Heredia)’

Le Bain des Nymphes (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Illustration: Adolphe William Bouguereau

    

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre !… Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.

(José-Maria de Hérédia)

 

 

 

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Le bain des nymphes (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018


Francois_Boucher

 

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre! … Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caystre.

(José-Maria de Heredia)

 

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La Naissance d’Aphrodite (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Avant tout, le Chaos enveloppait les mondes
Où roulaient sans mesure et l’Espace et le Temps ;
Puis Gaia, favorable à ses fils les Titans,
Leur prêta son grand sein aux mamelles fécondes.

Ils tombèrent. Le Styx les couvrit de ses ondes.
Et jamais, sans l’éther foudroyé, le Printemps
N’avait fait resplendir les soleils éclatants,
Ni l’Été généreux mûri les moissons blondes.

Farouches, ignorants des rires et des jeux,
Les Immortels siégeaient sur l’Olympe neigeux.
Mais le ciel fit pleuvoir la virile rosée ;

L’Océan s’entr’ouvrit, et dans sa nudité
Radieuse, émergeant de l’écume embrasée,
Dans le sang d’Ouranos fleurit Aphrodité.

(José-Maria de Hérédia)

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La belle viole (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Accoudée au balcon d’où l’on voit le chemin
Qui va des bords de Loire aux rives d’Italie,
Sous un pâle rameau d’olive son front plie.
La violette en fleur se fanera demain.

La viole que frôle encor sa frêle main
Charme sa solitude et sa mélancolie,
Et son rêve s’envole à celui qui l’oublie
En foulant la poussière où gît l’orgueil Romain.

De celle qu’il nommait sa douceur Angevine,
Sur la corde vibrante erre l’âme divine
Quand l’angoisse d’amour étreint son cour troublé;

Et sa voix livre aux vents qui l’emportent loin d’elle,
Et le caresseront peut-être, l’infidèle,
Cette chanson qu’il fit pour un vanneur de blé.

(José-Maria de Hérédia)


Illustration

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Némée (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Depuis que le Dompteur entra dans la forêt
En suivant sur le sol la formidable empreinte,
Seul, un rugissement a trahi leur étreinte.
Tout s’est tu. Le soleil s’abîme et disparaît.

A travers le hallier, la ronce et le guéret,
Le pâtre épouvanté qui s’enfuit vers Tirynthe
Se tourne, et voit d’un oeil élargi par la crainte
Surgir au bord des bois le grand fauve en arrêt.

Il s’écrie. Il a vu la terreur de Némée
Qui sur le ciel sanglant ouvre sa gueule armée,
Et la crinière éparse et les sinistres crocs ;

Car l’ombre grandissante avec le crépuscule
Fait, sous l’horrible peau qui flotte autour d’Hercule,
Mêlant l’homme à la bête, un monstrueux héros.

(José-Maria de Hérédia)

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Déclaration d’Amour (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ton front marmoréen, ta démarche si fière
Et de tes yeux profonds l’insoutenable ardeur
Font plier mon orgueil sous ta calme grandeur
Je te crains et je t’aime ô douce meurtrière

Tes cheveux noirs te font un casque de guerrière
Dont le peigne ne peut retenir la splendeur
Et pour baiser du sein la superbe rondeur
Roule amoureusement l’ondoyante crinière

Et je croirais parfois, ô terrible Beauté,
Voir en toi l’Amazone à l’unique mamelle
Dont le coeur ne bat plus que pour la cruauté

Si je ne sentais pas, ô fraîche nouveauté!
Pointer sur ce sein où la fleur au fruit se mêle
Les boutons rougissants d’une rose jumelle.

(José-Maria de Heredia)

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Chantez (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2016



Chantez. Vous apprendrez, mais dans un autre temps,
Que seul un coeur en paix rend les mortels contents,
Et qu’il vaut mieux chanter l’Amour que de le faire.

(José-Maria de Heredia)

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L’Etoile de Vénus (II) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



Elle semblait plier dans ses cheveux châtains
Retombant mollement en cascade ondoyante,
Si beaux que l’on voudrait les prendre à pleines mains,
S’y plonger, respirer leur odeur enivrante.

De son robuste corps, la volupté puissante
S’exhalait; on voyait s’agiter sur ses seins,
Globe marmoréens, sa robe frémissante; –
– L’oeil ébloui tremblait sur ces contours divins.

Un souffle ardent gonflait ses mobiles narines,
Et l’on voudrait baiser sur ses lèvres mutines
La fraîcheur de son sang. Son oeil étincelant

Et noyé de langueur attirait comme l’onde;
Qu’il est doux de mirer dans cette mer profonde
Et mordre, ivre d’amour, à ce corail sanglant!

(José-Maria de Heredia)

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L’Etoile de Vénus (IV) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



J’aime … et de cet amour j’ai l’âme toute pleine;
Je tremble … mon coeur bat … Je ne sais? … Mais je sens
Quand je touche sa robe ou sa main tous mes sens
Tressaillir, et le feu me courir dans la veine;

Aussi je meurs d’amour aux genoux de ma reine,
A voir s’épanouir la fleur de ses vingt ans,
Rayonner dans ses yeux un éternel printemps,
A l’écouter parler, respirant son haleine.

Mais ce que j’aime en toi surtout, ô ma beauté,
C’est ta jeune poitrine où bat la volupté.
Oh! Quel enivrement et quelle poésie

Dans ces deux seins naissants façonnés par l’Amour!
Oui la Grèce eût moulé sur leur divin contour
Une coupe où les Dieux auraient bu l’ambroisie.

(José-Maria de Heredia)

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Tu sembles t’animer (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



Seul, quand finit le jour auprès de la fontaine,
J’aime à m’asseoir, rêvant à sa douce fraîcheur,
A laisser la pensée échapper de mon coeur,
Comme les gouttes d’eau de son urne trop pleine.

A la tiède splendeur de la lune sereine,
Sous ton blanc vêtement que traça le sculpteur,
Tu sembles t’animer, et ma charmante erreur
Prête des traits amis à ta forme incertaine.

(José-Maria de Heredia)

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