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Poésie

Posts Tagged ‘jouer’

Pluie (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Pluie

Sur Lima… Sur Lima tombe
la pluie sale d’une douleur
ô combien meurtrière. Elle tombe
du larmier de ton amour.

Ne joue pas l’endormie,
souviens-toi de ton trouvère ;
car je comprends bien… je comprends
l’humaine équation de ton amour.

Résonne dans la flûte mystique
la gemme tempétueuse et fausse,
le sortilège de ton « oui ».

Mais tombe, tombe l’averse
sur le cercueil de mon sentier,
où pour toi je me consume jusqu’aux os…

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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S’il y avait un lieu (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019


S’il y avait un lieu

Qui s’ouvrirait enfin
A celui qui s’avance

Pour voir ce qui se joue
Dans le dernier à-pic,

Passés les tourbillons
Dans la flamme et le soufre,

S’il y avait un lieu

Où pour prix du courage
Tout lui serait donné,

Qui n’irait pas au sacrifice ?

(Guillevic)

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Le petit garçon malade (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



 

enfant-malade 

Le petit garçon malade

Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre,
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans son petit bras plié.

(Madeleine Ley)

 

 

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Le fou (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Il était bon comme une figue brune
il était fort comme un désir de loup
il était seul comme un chien dans la lune
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il était beau comme un pitre en Sorbonne
sérieux aussi comme un enfant qui joue
il était fier comme un air de trombonne
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il s’exaltait comme un désert qui danse
il rêvait grand comme un oeil de hibou
il s’affolait comme un cri d’ambulance
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il est parti comme un cheval sauvage
il s’est défait comme brume au mois d’août
il a vécu comme un oiseau sans âge
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il fut amant comme on l’est en enfance
il en souffrit mais au fond ce fut doux
il s’est perdu comme on part en vacances
il était fou, fou comme l’amour fou.

(Henri Gougaud)

Illustration

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À mon frère Miguel (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2019




    
À mon frère Miguel
In memoriam.

Petit frère, je suis là assis sur le banc de notre maison,
où tu nous manques infiniment!
Je me rappelle, c’est l’heure où nous jouions, et maman
nous câlinait : « Vraiment, les enfants… »

Maintenant je me cache,
comme avant, toutes ces prières
vespérales, et j’espère que tu ne me trouveras pas.
Dans la grande salle, le vestibule, les couloirs.
Ensuite, c’est à toi de te cacher et moi, je ne te trouve pas.
Je me rappelle que nous nous faisions pleurer,
petit frère, à ce jeu-là.

Miguel, tu t’es caché
une nuit d’août, au lever du jour;
mais au lieu de te cacher en riant, tu étais triste…
Et ton coeur jumeau de ces après-midi
consumées, s’est lassé de ne pas te trouver. Et voilà
l’ombre qui tombe sur mon âme.

Dis, petit frère, ne tarde pas
à sortir. Allons? Maman pourrait s’inquiéter.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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CUEILLETTE DES LOTUS (Liu Fangping)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



lotus

CUEILLETTE DES LOTUS

Le soleil couchant décline dans le fleuve limpide
Les filles gracieuses chantent d’une voix mélodieuse
Dès leur jeune âge elles sont habiles à cueillir des lotus
A quinze ans elles jouent déjà avec les vagues

(Liu Fangping)

Illustration

 

 

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Jadis c’était la couleur du dire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2019



Illustration: Margaret Brohan
    
Jadis c’était la couleur du dire
Qui inondait ma table sur le versant le plus laid d’une colline
Avec un champ chaviré où une école se tenait, tranquille
Et un carré noir et blanc de filles s’y répandait en jeux ;
Les doux glissoires du dire je les dois détruire
Pour que les noyés enchanteurs se relèvent pour chanter comme coq et tuer.
Quand je sifflais avec des gamins joueurs à travers le parc du réservoir
Où la nuit nous lapidions les froids, les niais
Amants dans la boue de leur lit de feuilles,
L’ombre de leurs arbres était mot à plusieurs obscurités
Et lampe d’un éclair pour les pauvres dans la nuit ;
Maintenant mon dire doit me détruire,
Et je déviderai chaque pierre comme un moulinet.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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Tristesse pourquoi pas (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



Tristesse pourquoi pas
mais non
tristesse vitre sale crachant sa vilenie
sur tous les paysages
non tristesse
dent pourrie interdisant tout sourire
non tristesse tache de gras sur
la soie naturelle de cette mer
de cet air
Tristesse ah pourquoi pas
avance sur
moi mais joue de la harpe
couvre-moi de deuil
sans courber mes épaules
sois une auréole
de lumière noire sur ma tête

***

Tristeza ah porque nâo

Tristeza ah porque nâo
mas nâo
tristeza vidro sujo a cuspir sua vileza
sobre todas as paisagens
nâo tristeza
dente podre a proibir qualquer sorriso
nâo tristeza nôdoa de gordura sobre
a seda natural deste mar
deste ar
Tristeza ah porque nâo
avança sobre
mim mas toca harpa
cobre-me de luto
sem vergar meus ombras
sê uma auréola
de negra luz sobre a minha cabeça

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Couleurs simples (Sylvie Schenk)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



Fagnes  [800x600]

Couleurs simples

Ce dimanche ils avaient garé leurs voitures
A la lisière des Fagnes stoïques
Multicolores comme les pions d’un jeu d’aventure
Ils sautaient sur les passerelles un pied dans les sphaignes
Les rossolis dormaient encore et les pommes de pins anciennes
Et les bruyères des bouquets secs où se fourraient microscopiques
Des survivants anonymes
L’eau ruisselait sous la glace éclatée
Très bleu le ciel dans les buissons nus
Loin les bouleaux sauvaient leur peau
Les Fagnes avaient des cheveux blancs
Et tous ces gens les joues en feu
Sur la tourbe séculaire

(Sylvie Schenk)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Tu disais (Jean L’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



Tu disais
j’ai joué de la flûte
et vous n’avez pas dansé.

Alors j’ai dansé
dansé jusqu’à bout de force
dansé jusqu’à en mourir
pensant que tu allais venir
me rejoindre avec ta musique.

(Jean L’Anselme)


Illustration

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