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Poésie

Posts Tagged ‘jouet’

Lorsque tout disparaîtra au creux de nos paumes (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2022



Illustration
    
lorsque tout disparaîtra au
creux de nos paumes restera
l’éclat doucement terni d’un
jouet d’enfant

et le souvenir d’une matinée
de soleil

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Je suis folle de toi, mon amour (Alda Merini)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2022



Je suis folle de toi, mon amour
qui viens chercher
dans mon passé
ces jouets cassés de mes paroles.
Je te donne tout
si tu veux,
je ne suis de toute façon qu’une enfant
pleine de poésie
et couverte de larmes salées,
je veux seulement m’endormir
sur la berge du ciel étoilé
et devenir une douce brise
de chansons d’amour pour toi.

***

Sono folle di te, amore
che vieni a rintracciare
nei miei trascorsi
questi giocattoli rotti delle mie parole.
Ti faccio dono di tutto
se vuoi,
tanto io sono solo una fanciulla
piena di poesia
e coperta di lacrime salate,
io voglio solo addormentarmi
sulla ripa del cielo stellato
e diventare un dolce vento
di canti d’amore per te.

***

I’m crazy for you, love
that search out
in my past
these broken toys of my words.
I give you everything
if you want,
so I’m just a girl
full of poetry
and covered with salty tears,
I just want to fall asleep
on the bank of the starry sky
and become a gentle wind
of love chants for you.

(Alda Merini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Maison remplie (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



    

Ici et là
Les jouets des enfants
Maison remplie

(Ying Chen)

 

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Là toute simple (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Là toute simple

La glace à la vanille
le quart de pomme pour la tortue
l’eau pour les plantes
des jouets d’enfants qui traînent au sol
du vent dans les toiles d’araignées
les cerises les lucioles
les souvenirs et les projets
qui passent sans écraser
qui s’étirent dans le ciel
qui couchent l’herbe
qui sifflotent
qui germent
Là toute simple
la vie qui clapote
à nos pieds

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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L’OISEAU D’OR DE BRANCUSI (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019



Illustration: Constantin Brancusi   
    
L’OISEAU D’OR DE BRANCUSI

Et le jouet
devint l’archétype esthétique

Comme si la patience de quelque Dieu paysan
avait poli et poli
l’Alpha et l’Oméga
de la forme
à partir d’une masse de métal

Orientation dénudée
désempennée déplumée
dans la dynamique du vol
le rythme final
a élagué les extrémités
de crêtes et de serres

L’acte absolu
de l’art
accorda
à la chasteté de la sculpture
‒ nue comme l’arcade d’Osiris –
sein de la révélation

une courbe incandescente
léchée par les flammes chromatiques
dans les labyrinthes du jeu des reflets

L’hyperesthétisme
de ce gong de cuivre affiné
transperce l’air
comme

la lumière agressive
délivre
sa signification

L’immaculée
conception
de l’inaudible oiseau
jaillit
d’une superbe retenue

(Mina Loy)

 

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Tout me file entre les doigts (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
Tout me file entre les doigts,
je n’ai que l’ombre des images,
jouet des choses que je vois

(Henri Thomas)

 

Recueil: Signe de vie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le baiser du soir (Leopoldo Maria Panero)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
Le baiser du soir

Père, je m’en vais :
je vais jouer dans la mort,
père, je m’en vais.
Dis adieu à ma mère,
éteins la lumière de ma chambre :
père, je m’en vais.

Dis à l’enfant qui rit là-bas,
je ne sais de quoi, peut-être de la vie,
mon nom, rien que mon nom
range bien mes jouets
l’ours avec l’ours, et range le chien
près de l’oiseau, quant au canard
laisse-le seul, le canard :
père, je m’en vais : je vais jouer avec la mort.
Il y avait une flamme, oui dans mes yeux,
d’avoir tant de nuits veillé,
et que personne n’avait su fermer
sinon moi ; pardonne-moi, père, s’il n’y avait
personne, à part moi : je m’en vais,
je m’en vais seul jouer avec la mort.

Père, je suis mort, déjà, et quelle obscurité
tout cela :
pas de lune, pas de soleil, pas de terre ici,
père, je suis mort.
Nous sommes les morts comme des malades
et le cimetière est l’hôpital
on y joue au docteur
drap blanc et bistouri
et des tombes comme autant de lits
pour rƒver : ils sont si blancs ces os
père si blancs : comme rêver.

Les autres disent, les plus morts d’entre nous,
ceux qui passent un temps fou
à se venger ici de Dieu,
que le Diable viendra, le bon Diable,
qu’il viendra le Diable avec plus de fleurs
que personne n’en peut porter.
Père, je suis mort, je ne suis pas seul
père, je suis mort, j’ai des amis
avec qui jouer.

Mère, ces baisers que tu reviens
me donner dans la tombe
me réveillent, me donnent froid
j’ai été vivant, je l’ai su
maintenant
laisse-moi oublier.

Père, je suis mort, et la tombe
est un berceau bien meilleur
père, il n’y a personne, je suis seul
père, si un jour à nouveau
je retourne parmi vous, père si à nouveau je vis
j’ignore de quoi je pourrais rêver.

(Leopoldo Maria Panero)

 

Recueil: Bonne nouvelle du désastre et autres poèmes
Traduction: Victor Martinezet Cédric Démangeot
Editions: Fissile

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LA GARE (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

LA GARE

GARE de la douleur j’ai fait toutes tes routes.
Je ne peux pîus aîler, je ne peux plus partir.
J’ai traîné sous tes ciels, j’ai crié sous tes voûtes.
Je me tends vers îe jour où j’en verrai sortir
Le masque sans regard qui roule á ma rencontre
Sur le crassier livide où je rampe vers lui,
Quand le convoi des jours qui brûle ses décombres
Crachera son repas d’ombres pour d’autres ombres
Dans l’étable de fer où rumine la nuit.

Ville de fiel, orgues brumeuses sous l’abside
Où les jouets divins s’entr’ouvrent pour nous voir,
Je n’entend plus gronder dans ton gouffre l’espoir
Que me soufflaient tes choeurs, que me traçaient tes signes,
A l’heure où les maisons s’allument pour le soir.

Ruche du miel amer où les hommes essaiment,
Port crevé de strideurs, noir de remorqueurs,
Dont la huée enfonce sa clef dans le coeur
Haïssable et hagard des ludions qui s’aiment,
Torpilleur de la chair contre les vieux mirages
Dont la salve défait et refait les visages,
Sombre écofe du soir où la classe rapporte
L’erreur de s’embrasser, l’erreur de se quitter,
Il y a bien longtemps que je sais écouter
Ton écluse qui souffre à deux pas de ma porte.

Gare de ma jeunesse et de ma solitude
Que l’orage parfois saluait longuement,
J’aurai longtemps connu tes regards et tes rampes,
Tes bâillements trempés, tes cris froids, tes attentes,
J’ai suivi tes passants, j’ai doublé tes départs,
Debout contre un pilier j’en aurai pris ma part
Au moment de buter au heurtoir de l’impasse,
A l’heure qu’iî faudra renverser la vapeur
Et que j’embrasserai sur sa bouche carrée
Le masque ardent et dur qui prendra mon empreinte
Dans le long cri d’adieu de tes portes fermées.

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: Edvard Munch

 

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La petite noix (Louis Godet)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



J’ai pelé la petite noix
Dont j’ai cassé la coque blanche entre deux pierres.
La curieuse coque de bois.

J’ai pelé la petite noix ;
On dirait un jouet d’ivoire,
Un curieux jouet chinois.

L’odeur fraîche et un peu amère
de ces grands bois
M’a parfumé la bouche entière !
J’ai croqué la petite noix,
Ce curieux jouet chinois.

(Louis Godet)

Illustration

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Hiver (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Hiver

II faudrait faire un feu… bien grand, bien haut,
Pour que tous les humains se chauffent à sa flamme.

Nous jetterions dedans tel bibelot vieillot,
Tels objets ébréchés, cassés, tel jeu de dames,
Les jouets des enfants, tel autre jeu,
M’entends-tu, chat perché? Et dans ce feu,
Nous éparpillerions, je le proclame,
Tout ce qui semble beau. L’on entendrait soudain
L’incandescente flamme offrir au ciel serein
Les ardeurs de son chant. Les gens d’une même âme,
Ou d’un même pays, se donneraient la main.

Il faudrait faire un feu d’une folle envergure,
Car le givre a couvert les villes et les prés;
Faire sauter la si froide serrure
De nos garde-manger. Et que les jets pourprés
Reçoivent de nos mains leur riche nourriture
Pour donner en retour la chaleur douce et pure.

Il faudrait, oui, faire ce noble feu
Afin que les humains se dégèlent un peu.

(Attila Jozsef)

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