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Poésie

Posts Tagged ‘jour’

Aujourd’hui (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Illustration: Silvia Leveroni Calvi   
    
Aujourd’hui
Ne veut pas
Se blottir dans un poème.

Il y a
Des jours comme ça.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard
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Cassures (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Bruno Walpoth -Zoom

Cassures

Nudités des jours
Écoulés sans surprise
Les uns
À la suite
Des autres
Est-ce cela vivre?

Amitiés aussi incertaines
Aussi maladroites parfois
Qu’une écriture tremblée
Est-ce cela vivre?

Brèves amours
Qui se suivent
Et se ressemblent
Tel un cheminement
De fourmis folles
Est-ce cela vivre?

Île natale aussi présente en moi
Qu’en gestation dans ses eaux à rompre
Là-bas où le facteur plaint les miens
Est-ce cela vivre?

Pays cassé au ras de nos rêves
Toujours blessé de vents contraires
Et chaque jour un peu plus délaissé
Parviendrai-je au bout du voyage
À me rencontrer face à face
Pour mieux te revenir et enfin vivre?

(Elsie Suréna)

Illustration: Bruno Walpoth

 

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Tu es dans les sanglots (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Fuyuko Matsui 000

Tu es dans les sanglots, tu es dans la prière
Les jours pour toi sont navires sur l’eau
L’amitié les ancres le pain les carènes
La musique les équipages les livres d’écume
Tu t’attristes pour moi qui ne sais que des mots.

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Fuyuko Matsui

 

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L’aigle Noir (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
L’aigle Noir

Un beau jour,
Ou peut-être une nuit
Près d’un lac, je m’étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer.
Près de moi, dans un bruissement d’ailes,
Comme tombé du ciel,
L’oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleur rubis
Et des plumes couleur de la nuit.
À son front, brillant de mille feux,
L’oiseau roi couronné
Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue.
Dans ma main, il a glissé son cou.
C’est alors que je l’ai reconnu :
Surgissant du passé,
Il m’était revenu.

Dis l’oiseau, O dis, emmène-moi.
Retournons au pays d’autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Pour cueillir en tremblant
Des étoiles, des étoiles.

Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Être faiseur de pluie
Et faire des merveilles.

L’aigle noir, dans un bruissement d’ailes
Prit son vol pour regagner le ciel.
Quatre plumes, couleur de la nuit,
Une larme, ou peut-être un rubis.
J’avais froid, il ne me restait rien.
L’oiseau m’avait laissée
Seule avec mon chagrin.

Un beau jour, ou était-ce une nuit
Près d’un lac je m’étais endormie.
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.

(Barbara)

 

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Dis ! Quand Reviendras-tu ? (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Dis ! Quand Reviendras-tu ?
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits…
Voilà combien de temps que tu es reparti !
Tu m’as dit ;
Cette fois, c’est le dernier voyage,
Pour nos coeurs déchirés, c’est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour.
Le printemps, c’est joli, pour se parler d’amour :

(Version Femme : Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et déambulerons dans les rues de Paris !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûl’nt les feux de bois…
A voir Paris si beau en cette fin d’automne,
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne…
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine ;
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Ton image me hante, je te parle tout bas…
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et j’ai le mal d’amour et j’ai le mal de Toi !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

J’ai beau t’aimer encor, j’ai beau t’aimer toujours.
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour…
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir,
Je ferai de nous deux, mes plus beaux souvenirs…
Je reprendrai la rout’, le Monde m’émerveill’.
J’irai me réchauffer à un autre Soleil…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Je ne suis pas de ceux qui meurent de chagrin…
(Je n’ai pas la ver-tu des femmes de marins.)
Je n’ai pas la vertu des Chevaliers anciens.

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

(Barbara)

 

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les jours de pluie (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



les jours de pluie
la mélancolie envahit
le moine Ryôkan

***

ame no furu
hi wa aware nari
Ryōkan bo

(Ryôkan)

 

 

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Je t’aime, toi (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Je t’aime, toi… Mais ne va point me plaindre,
Arbre de vie aux fruits délicieux,
Puisque ta forme et ses dons précieux
Sur tous mes cieux ne cessent de se peindre.

Oui, tous mes jours… Mais les nuits le font mieux :
A peine vient ma lampe de s’éteindre
L’ombre s’éveille, et mes regards de feindre
Ce qu’ils verraient et virent dans tes yeux.

L’obscurité m’ouvre ta chambre claire
Où si souvent ton sourire m’apprit
A t’inventer ce qui pourrait te plaire…

Ô pour ma soif de toi seule et d’esprit
Est-il au monde une autre récompense
Qu’être à nous deux la tendresse qui pense ?

(Paul Valéry)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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Le meilleur moment des amours (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Le meilleur moment des amours
N’est pas quand on a dit : « Je t’aime. »
Il est dans le silence même
À demi rompu tous les jours ;

Il est dans les intelligences
Promptes et furtives des cœurs ;
Il est dans les feintes rigueurs
Et les secrètes indulgences ;

Il est dans le frisson du bras
Où se pose la main qui tremble,
Dans la page qu’on tourne ensemble
Et que pourtant on ne lit pas.

Heure unique où la bouche close
Par sa pudeur seule en dit tant ;
Où le cœur s’ouvre en éclatant
Tout bas, comme un bouton de rose ;

Où le parfum seul des cheveux
Parait une faveur conquise !
Heure de la tendresse exquise
Où les respects sont des aveux.

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Raymond Peynet

 

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Tout un long jour (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
Tout un long jour …
Mais jamais assez long pour l’alouette
Chantant, chantant.

(Bashô)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morga

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L’USAGE DE LA PAROLE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



L’USAGE DE LA PAROLE

Ce qui reste c’est l’aubier sédimentaire
Des hontes bues
C’est entre les paillers roussis
La ronde des enfants pauvres
C’est le tâtonnement du petit jour
Sur les plèvres endormies
Ce qui reste ce qui monte
C’est la fumée noire qui partage le jour
C’est la main calcinée qui surgit encore des laves
C’est la voix qui n’a rien à dire
Et fleurit obstinément parmi les pierres
Rien à dire car l’ombre des mots est mortelle
Et descend toujours plus bas
Sous les ornières des canons
Ce qui reste c’est
Deux bras
Deux jambes
Qui s’ignorent
Une tête admirablement vide
Qui va son chemin.

(Jean Rousselot)

Illustration: Hans Thoma

 

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