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Poésie

Posts Tagged ‘jour’

La mesure d’un jardin (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La mesure d’un jardin sur une terre de grand espace.
Une fleur pour les marches de l’air
qui chante sur le sol une musique couleur de rose.
Les marguerites sèches
qui s’ouvrent encore le jour et se ferment la nuit.
Cette infime respiration,
une pincée de vie entre les doigts obscurs,
est notre fidélité.

(Heather Dohollau)

Illustration

 

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Je vis très en dessous du seuil de poésie (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
Je vis très en dessous
du seuil de poésie,
je fais le tour du vide
en me donnant la main,
je n’arrive nulle part
pour n’être pas parti ;
les portes sont, ici, mes fragiles alliées.
L’angoisse prend à la gorge mes pauvres mots
et réclame son dû
(l’âme du diable est grande et belle
comme un mètre cube d’eau glacée)
ou mon jour le plus beau
ou demain l’enfant le plus pur.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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Au fond de ce lac (Ping Hsin)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Un jour
au fond de ce lac qui scintille de tous ses feux
pourra-t-il se dresser une stèle de pierre dure
Et moi puis-je ainsi immobile – penser

(Ping Hsin)

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JE CHANTE MA CHAIR ET MA VIE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Charles Edouard Boutibonne
    
JE CHANTE MA CHAIR ET MA VIE

Certes je ne chanterai pas les amantes célèbres. Si elles ne sont plus, pourquoi en parler?
Ne suis-je pas semblable à elles ? N’ai-je pas trop de songer à moi-même?

Je t’oublierai, Pasiphaê, bien que ta passion fût extrême.
Je ne te louerai pas, Syrinx, ni toi, Byblis,
ni toi, par la déesse entre toutes choisie, Hélênê aux bras blancs!

Si quelqu’un souffrit, je ne le sens qu’à peine.
Si quelqu’un aima, j’aime davantage.
Je chante ma chair et ma vie, et non pas l’ombre stérile des amoureuses enterrées.

Reste couché, ô mon corps, selon ta mission voluptueuse !
Savoure la jouissance quotidienne et les passions sans lendemain.
Ne laisse pas une joie inconnue aux regrets du jour de ta mort .

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dernière fois (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



 
    
Le jour où sans le savoir
nous faisons une chose pour la dernière fois
– regarder une étoile,
passer une porte,
aimer quelqu’un,
écouter une voix –
si quelque chose nous prévenait
que jamais nous n’allons la refaire,
la vie probablement s’arrêterait
comme un pantin sans enfant ni ressort.

Et pourtant, chaque jour
nous faisons quelque chose pour la dernière fois
– regarder un visage,
nous appeler par notre propre nom,
achever d’user une chaussure,
éprouver un frisson –
comme si la première fois ou la millième
pouvait nous préserver de la dernière.

Il nous faudrait un tableau
où figureraient toutes les entrées et les sorties,
où, jour après jour, serait clairement annoncé
avec des craies de couleur et des voyelles
ce que chacun doit terminer
jusqu’à quand on doit faire chaque chose,
jusqu’à quand on doit vivre
et jusqu’à quand mourir.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 15
Traduction: Jacques Ancet
Editions:

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J’écoute la rumeur des jours (Jean Digot)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Marie-Pierre Lascaux
    
J’écoute la rumeur des jours
guettant le silence des sources.

(Jean Digot)

 

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Les jours ne s’en vont pas longtemps (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Théodore Chassériau
    
Les jours ne s’en vont pas longtemps
Mais nous laissent leur poids qui pense.
Mon hiver sert en plat d’argent
Aux jours en grappes de vacances

Sans poids sans ombre, leur ballade
Dévêtit sur mon sol maussade
L’ombre changeante, ou devenir,
Qui s’y répand comme le sang
Interrogeable d’un présent.

Beaux nus dans le soleil mémoire
Volez ou plongez !
nous traitant
De passeurs et de passe-temps
Vers l’ambroisie de notre histoire.
– Allez-vous-en ! pas pour longtemps.

(Olivier Larronde)

 

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LE FLEUVE PAISIBLE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration
    
LE FLEUVE PAISIBLE
Tchan-Jo-Su

Tant qu’un homme reste sur la terre, il voit la lune, toujours pure et brillante.
Comme un fleuve paisible suit son cours, chaque jour elle traverse le ciel.
Jamais on ne la voit s’arrêter, ni revenir en arrière.
Mais l’homme, a des pensées, brèves et vagabondes.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Des heures tournées vers l’océan (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Des heures tournées vers l’océan,
noyées demain dans le bouillon des jours,
subsistent entre hâle et peau,
entre sommeil et rêve,
entre sable et marée,
ces quelques fines rides
qui tirent tes yeux vers demain.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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MAISON DE RETRAITE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
MAISON DE RETRAITE

La fin du monde a déjà commencé
pour les pensionnaires entourés de roses.
Les jours passent plus vite,
deviennent un seul jour aux couleurs mêlées,
coupé de bandes noires.
La vie oublie de leur répondre,
parfois s’arrête en face d’eux :
voici qu’on leur présente
un nouveau-né dont la petite main,
si douce à baiser,
dépasse à peine de la manche.
Il n’a pas encore appris à sourire
et ses yeux gris-bleu posent
les questions les plus profondes.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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