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Poésie

Posts Tagged ‘jour’

Ce sera un jour… (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Ce sera un jour…

Ce sera un jour pareil aux autres jours
Un matin familier avec des joies connues
Eprouvées parce qu’elles sont quotidiennes.

Avec des mots brûleurs du ciel
Avec des mots traceurs de route
Qui font du bonheur une question de patience
Qui font du bonheur une question de confiance.

Et ces femmes fières d’avoir le ventre rouge
A force de remettre au monde leurs enfants
A chaque aube, ces femmes bleuies de patience
Qui ont trop de leur voix pour apprendre à se taire.

Forte comme une femme aux mains roussies d’acier
Tu caresses tes enfants avec précaution
Et quand leur fatigue se blesse à ta patience
Tu marches dans leurs yeux afin qu’ils se reposent.

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration

 

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Le jour annonce la nuit (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Le jour annonce la nuit — éveille-toi.
Je traverse jusqu’à toi le bateau de mon corps
Je cherche à connaître la secrète terre
à travers la carte du sexe

(Adonis)

 

 

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Ah! Toi l’autre amour dans l’amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Ah!
Toi l’autre amour dans l’amour
Toi la dimension qui commence après les dimensions
Ô mon aimée

Comme je t’ai créée tu m’as désiré
Comme je t’ai voulue tu as bondi en moi

Tu entres dans mon rythme
Tu oins tes deux seins de mes mots, tu te noies
dans l’abîme de l’amour

Là où j’élève ma ville et vis
Nous vivons, et des bas-fonds de la haine nous annonçons l’amour
Nous rêvons que nos cils sont écritoires et le jour livre ouvert

(Adonis)

Illustration: Otto Mueller

 

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Pour moi, la montagne, le ciel, l’arbre… (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Pour moi, la montagne, le ciel, l’arbre…
ne sont pas que la montagne, le ciel, l’arbre
Ce sont des présences,
de hautes présences éblouissantes,
et je suis leur frère, leur compagnon

le soleil contre la fenêtre de ma salle de bains
forme un visage sans traits, une face essentielle

Les arbres, le soir,
retiennent la nuit dans leurs bras avec une telle force
qu’il semble que rien ne pourrait la leur arracher,
pas même le jour revenant

Mais le jour revient,
et les arbres, s’illuminant de tendresse,
libèrent la nuit.

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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Retouche à la clairière (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



retouche à la clairière

en plein bois dans les feuilles à l’affût
le jour a posé sa lanterne
la lumière est seule et reste à rebrousse-poil
accablée de murmures

(Daniel Boulanger)

 Illustration

 

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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Y aura-t-il pour de vrai un «matin»? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Y aura-t-il pour de vrai un «matin»?
Y a-t-il ce qu’on appelle un «Jour»?
Pourrais-je le voir des montagnes
Si j’étais aussi haute qu’elles?

A-t-il des pieds comme les Nénuphars?
Des plumes comme un Oiseau?
Nous vient-il de pays fabuleux
Dont je n’ai jamais ouï parler?

Oh un Savant! Oh, un Marin!
Oh, un Sage venu des cieux!
Qu’il dise à une petite Pèlerine
Où se trouve le lieu nommé «matin»!

(Emily Dickinson)

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Émily Dickinson (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Emily Dickinson  07

Émily Dickinson a passé ses jours et ses nuits
dans la prunelle de Dieu :
invisible et voyant tout.

(Christian Bobin)

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Jour de réconciliation (Gerrit Achterberg)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Jour de réconciliation

Le saint survient. J’ai touché
les frontières de Dieu et de l’homme et de l’animal.
Le voile se fend. Le saint est là.
Le saint des saints s’éveille

Je suis rendu identique à vous.
Vie et mort ne sont plus entrebâillés.
Les parois des quatre régions célestes
pivotent et s’ouvrent. Vous êtes décrochée

du papier qui vous tenait liée
aux lettres, qui étaient rassemblées
pour ce qu’elles savent de vous diversement ;

jeu par soi-même animé en bruissant
jusqu’à tant de feu, que nulle fibre ne reste
entre ce qui est et ce qui écrit là-dessus.

***

Verzoendag

Het heilige gebeurt. Ik heb graakt
grenzen van God en mens en dier.
Voorhangsel scheurt. Het heilige is hier.
Het heilige der heilige ontwaakt.

Ik word geheel met u gelijk gemaakt.
Leven en dood staan niet meer op een kier.
De wanden draaien open van de vier
hemelgewesten. Gij zijt losgehaakt

van het papier, dat u gebonden hield
aan lettertekens, die tesamen stonden
om wat zij wisselend van u bevonden ;

spei door zichzelve ritselend bezield
tot zoveel vuur, dat er geen vezel blijft
tussen wat is en wat er over schrijft.

(Gerrit Achterberg)

Illustration : Sandrine Genet

 

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Mélancolie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



mélancolie
non

simple mouvement lent de vivre
on puise ce qu’on peut
dans le courant

tout ce qui file entre les doigts
ciel ou paquet de tabac
livre herbe lettre peu importe

la perte est continue
dans le sans-mots du jour

une benne quotidienne enlevée par la nuit
les ordures ménagères

des pans entiers de vivre
devenus tout-venant

(Antoine Emaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Jean-Baptiste Corot

 

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