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Poésie

Posts Tagged ‘journal’

Maman ne cesse de rire… (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2021




    
Maman ne cesse de rire…

Maman ne connaît pas
Le nom du Premier ministre
Elle n’a jamais entendu parler
Du Gouverneur
Maman ne sait rien non plus
Du Commonwealth, de la 2G
Et des concessions de charbon
Elle ne sait pas lire
Pas même les gros titres des scandales
Imprimés dans les journaux
Il est également difficile de lui faire comprendre
Combien représente en réalité
La somme de plusieurs dizaines de milliards, en pièces de 50 centimes
Maman ne sait que ceci
Si un père maçon reçoit au travail
Un billet à l’effigie de Gandhi
Alors on obtient
250 grammes de gros sel
Deux kilos de pommes de terre
Deux morceaux de mélasse
Deux doses de médicament pour l’asthme
Et du tabac pour une semaine
Là-dessus elle peut encore économiser
Quelques piécettes
Maman sait très bien
Ce que signifie ne plus avoir de grain dans la jarre
Le docteur de la ville prend
Beaucoup, beaucoup de billets à l’effigie de Gandhi
C’est pourquoi elle ne parle jamais
De ses yeux troubles
Et ses poumons malades
Maman s’échine sans relâche avec le bétail
Et ne cesse jamais de rire.

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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INCONSTANCE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2021



INCONSTANCE

Du plus profond
Du plus profond de moi-même,
De ce tissu, de ce violon,
De ce thorax, de cette chair

Non, je cours parmi les rues et le désert,
Non, je cours aux sentiers scintillants de mon imagination,
Non, je m’étourdis d’un répit,
Non, je prends un journal, je le parcours, je le lis, je le mange.

(Pierre Morhange)


Illustration

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On se met la nuit sur le dos… (Bohdan Chlibec)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
On se met la nuit sur le dos…

On se met la nuit sur le dos,
ce manteau de tissu fort pour l’hiver.
On achète le journal du matin.
On dédie une petite réflexion
à ces deux faits
pendant le trajet de métro.
Le soir, on les retire,
la nuit pend à nouveau dans l’entrée.

(Bohdan Chlibec)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Cendres sous la neige
Traduction: Traduit du tchèque par Petr Zavadil & Cédric Demangeot
Editions: Pariah

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PHOTOGRAPHIE (extérieur) (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
PHOTOGRAPHIE (extérieur)

Auparavant la vérité
descendait la colline sur les paroles du berger ;
et les brebis n’étaient pas seules à les saisir. Je me
souviens
de ces collines vertes
sous les pluies du printemps, glaciales par vent
d’avril et lumineuses comme le soleil du nord. C’était
un matin. Les femmes préparaient encore le
four à pain — et déjà un rythme obscur annonçait
la naissance des fruits, c’est-à-dire,
l’équivoque de la faux au moment
de la récolte.
C’étaient bien ses paroles. Un
mouvement qui parcourait la surface
des rizières, qui ridait l’échine
des dunes, qui repoussait les mouettes vers
l’estuaire. Cependant, les vieux
le comprenaient; et quelques innocents, dont
l’esprit se confondait à la transparence
de l’eau, répétaient ce qu’il disait en un murmure
de ruisseau. Mais ce n’était pas à eux qu’il
s’adressait.
Il évita l’ambiguïté, les sens complexes
de la philosophie, le fond noir
du poème. De fait, il n’allait jamais jusqu’au bout
de ses histoires — comme s’il ne pouvait pas
les terminer.. ou qu’il ne savait plus rien, au-delà
de ce que nous savons, maintenant que nous sommes peu
à se souvenir de lui. Moi, pourtant, je l’ai revu —
assis sur ce banc de gare, feuilletant un vieux
journal et suçant un vieux mégot —
avec le souffle avide d’un apprenti
en hésitations.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Berceuse pour le dieu de la guerre (Souad Labbize)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021




    
Berceuse pour le dieu de la guerre (Extrait)

Certaines nuits Allah
dans Son sommeil
parle l’arabe dialectal
de choses surprenantes dans une
bouche divine les imams
refusent que Ses mots soient
ajoutés à Son journal D’autres
nuits nous L’entendons marcher
sur talons aiguilles nous
devinons au bruit du plafond
qu’Il se déguise devant un miroir
pour descendre faire un tour
dans les rues de Bab el-Oued

(Souad Labbize)

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Mon père, quelle tristesse ! (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



    

Mon père, quelle tristesse !
Aujourd’hui encore lassé de lire le journal,
je me suis amusé avec les fourmis du jardin.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Plans de construction (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Plans de construction

Je me rappelle aussi net que si c’était ce jour
le soir où je vis mon premier poème imprimé dans le journal.

J’étais dans ma mansarde, à lancer des bouffées de
fumée et je rêvais, béatement satisfait.

Je bâtirai un château en Espagne. Il resplendira sur le Nord.

Il y aura deux ailes, une petite et une grande.
La grande hébergera un poète immortel, la
petite hébergera une jeune fille.

Je trouvais ce plan superbement harmonieux ;
puis le désordre s’y mit.
Quand le maître est devenu raisonnable, le château a paru absurde:
la grande aile était trop petite, la petite en ruine est tombée.

(Henrik Ibsen)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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AMRUTLAL (Udayan Thakker)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2020




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Gujarati

Poem of the Week Ithaca 651
« Amrutlal », Udayan Thakker, India

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***
AMRUTLAL *

A l’encre verte, parfois rouge,
Amrutlal écrivit ses poèmes,
de façon soignée, d’un trait élégant,
dans un journal relié en cuir.
Parfois il avait un cauchemar
qu’il mourait de la peste
que ses poèmes ne seraient jamais publiés,
jamais découverts

Mais Amrutlal vécut une longue vie
(Il était mon ami)
Durant sa vie il vit
la naissance de ses Poèmes Réunis
il vit aussi
leur vieillesse et leur fin.

* Nom d’une personne (littéralement ‘ Immortel’)

(Udayan Thakker)

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

AMRUTLAL *

Met groene inkt, soms met rode,
schreef Amrutlal zijn gedichten neer,
zeer zorgvuldig, in keurig handschrift,
in een in leder gebonden dagboek.
Soms had hij een nachtmerrie
dat hij stierf aan de pest
dat zijn gedichten nooit gepubliceerd,
nooit ontdekt zouden worden

Maar Amrutlal leefde een lang leven.
(Hij was mijn vriend.)
Tijdens zijn leven zag hij
de geboorte van zijn Verzamelde Gedichten,
hij zag ook
hoe ze verouderden en stierven.

* Naam van een persoon (Letterlijk ‘Onsterfelijk’).

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

AMRUTLAL *

Con tinta verde, a veces con roja,
escribía Amrutlal sus poemas
con mucho cuidado, con una escritura limpia
en un diario encuadernado en cuero.
A veces tenía esta pesadilla
que murió de la peste
que sus poemas nunca fueron publicados
ni siquiera se encuentra

Pero Amrutlal vivió una larga vida.
(Era mi amigo.)
Durante su vida vio
el nacimiento de su Colección de Poemas,
también los vio
envejecer y morir.

* Nombre de una persona. (Literalmente, Immortal)

Traducción Germain Droogenbroodt

***

AMRUTLAL *

With green ink, sometimes with red,
Amrutlal would very carefully, in neat handwriting,
write down his poems
in a leather-bound diary.
Sometimes he had a nightmare
that he died of the plague,
that his poems were never published
not even found.

But Amrutlal lived a long life.
(He was my friend.)
During his lifetime,
he sawthe birth of his Collected Poems.
But he also saw them
age and die.

* Name of a person. (Literally, ‘Immortal.’)

Translation Udayan Thakker – Stanley Barkan

***

AMRUTLAL *

Con inchiostro verde, o a volte rosso,
Amrutlal con attenzione, con calligrafia chiara,
scriveva le sue poesie
su un diario dalla copertina di pelle.
A volte sognava
di morire di peste,
e che le sue poesia non sarebbero state pubblicate
nemmeno mai trovate.

Ma Amrutlal visse lunghi anni.
(era un mio amico.)
nel corso della sua vita,
vide la nascita delle suePoesie scelte.
Ma le vide anche
invecchiare and morire.

* nome proprio il cui significato letterale è Immortale

Traduzione Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

Amrutlal *

Mit grüner, manchmal mit roter Tinte,
schrieb Amrutlal seine Gedichte nieder
sehr sorgfältig, in sauberer Handschrift,
in einem ledergebundenen Tagebuch.
Manchmal hatte er diesen Albtraum
dass er an der Pest starb,
dass seine Gedichte nie veröffentlicht,
nie entdeckt wurden.

Aber Amrutlal lebte ein langes Leben.
(Er war mein Freund.)
In diesen Jahren sah er
die Geburt seiner Gesammelten Gedichte,
er sah sie auch
altern und sterben.

* Name einer Person, (Wörtlich “Unsterblich“’).

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into Germain by Wolfgang Klinck

***

AMRUTLAL *

Com tinta verde, às vezes vermelha,
Amrutlal escrevia os seus poemas
com muito cuidado, a escritura limpa,
num diário encadernado em couro.
Tinha muitas vezes este pesadelo:
tinha morrido da peste
sem que os seus poemas fossem publicados
nem encontrados jamais

Mas Amrutlal sobreviveu muitos anos.
(Foi meu amigo)
em vida pode ver
o nascimento de sua Antologia de poemas,
também os viu
envelhecer e morrer.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

AMRUTLAL *

Cu nchiostru virdi, quacchi vota russu,
Amrutlal scriveva lentamenti
e cu calligrafia pulita
li so puisii
nta nu diariu
câ cupertina di peddi.
Quacchi vota ci vineva
un incubu unni iddu mureva di la pesti
eunni li so puisii non vinevanu mai pubblicati
e mancu truvati.

Ma Amrutlal appi na vitalonga
(era un amicu)
Mentri era ancora vivu
Vitti la nascita di li so Puisii Cugghiuti.
Ma li vitti puru
nvicchiari e moriri.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into by Gaetano Cipolla

***

AMRUTLAL *

Cu cerneală verde, uneoriroșie
și-a scris cândvaAmrutlal poeziile,
trecându-le pe curat, foarte atent,
într-un jurnal legat în piele.
Îl bântuia,din când în când,coșmarul
că ar muri de ciumă, timpuriu,
iar poeziilesale ar rămâne
uitate, nedescoperite.

Dar Amrutlal a avut viață lungă.
(Mi-a fost prieten.)
În anii care i-au fost dați, a apucat să vadă
cum se năștea propria luiCulegere de Poezii
dar și cum ele
au îmbătrânit și au murit.

* Numele unei persoane, (tradus literal: “Nemuritorul”)

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

AMRUTLAL/NIEŚMIERTELNY *

Zielonym, a niekiedy czerwonym atramentem
Amrutlal bardzo uważnie, misternym pismem
notował swoje wiersze
do oprawionego w skórę dziennika.
Nierazmiewałkoszmary
że umiera od zarazy,
że jego wiersze nigdy nie zostały wydane
nawet ich nie odnaleziono.

Amrutlal żył jednakdługim życiem.
(Był moim przyjacielem)
Zażycia
zobaczył narodziny swychWierszy zebranych.
Ale zobaczył też,
jak się starzeją i umierają.
.
* Imię osobowe w Indiach (dosłownie ‘Nieśmiertelny ‘)

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by : Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΑΜΡΟΥΤΛΑΛ ο Ποιητής

Με πράσινο μελάνι, και μερικές φορές κόκινο
έγραφε τα ποιήματα του ο Αμρουτλάλ
στο ημερολόγιο με το δερμάτινο κάλυμα.

Μερικές φορές είχε κι εφιάλτες
πως είχε πεθάνει από λιμό
και πως κανείς δεν είχε βρει
τα ποιήματα του.

Μα ο Αμρουτλάλ έζησε πολλά χρόνια
(ήταν και φίλος μου)
Έζησε να δει μια συλλεκτική έκδοση
όλων των ποιημάτων του
αλλάέζησεναδεικαιτηνπαρακμήτους.

* Name of a person. (Literally, ‘Immortal.’)

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

阿姆鲁特拉尔 *

用绿墨水,有时用红墨水,
阿姆鲁特拉尔会非常仔细,工整地,
写下他的诗歌
在一个皮革壳的日记本里。
他曾做过一个噩梦:
他死于瘟疫,
他的诗从未出版
甚至找不到了。
但阿姆鲁特拉尔活得很长。
(他曾是我的朋友。)
在他有生之年,
他看到了自己诗集的诞生。
但也看到了诗集的
衰老和死亡。
原作:印度尤达彦·特哈克
英译:尤达彦·特哈克-斯坦利·巴坎
汉译:中国周道模

*一个人的名字。(字面意思是“不朽”。)
Translation into Chinese by William Zhou

***

أمروتلال

بحبرأخضر،وأحياناأحمر،
وبخطأنيقبمنتهىالعناية،
دوّنأمروتلالقصائده،
وسطرهابدفترمذكراتمنالجلد.
أحياناكانيراودهكابوس
بأنهماتبالطاعون
ولمتنشرأشعاره
وماعثرعليهاقط.
لكنأمروتلالعاشحياةطويلة.
(فهوصديقي.)
وخلالحياتهتلك،
شهدولادةمجموعتهالشعرية.
لكنهرآهاأيضا
تشيخوتموت.

أودايانثاكر،الهند
ترجمتهعنالإنجليزيةسارةسليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

अमृतलाल *

हरी स्याही के साथ, कभी-कभी लाल के साथ,
अमृतलाल बहुत सावधानी से, साफ लिखावट में,

उनकी कविताएँ लिखो
एक चमड़े की बाउंड्री डायरी में।
कभी-कभी उसे बुरा सपना आता था

कि प्लेग से उसकी मृत्यु हो गई,
उनकी कविताएँ कभी प्रकाशित नहीं हुईं

मिला भी नहीं।

लेकिन अमृतलाल ने लंबा जीवन जिया।

(वह मेरा मित्र था।)
अपने जीवनकाल के दौरान,

उन्होंने अपनी एकत्रित कविताओं का जन्म देखा।

लेकिन उसने उन्हें भी देखा
उम्र बढ़ने और मरने में।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

アムルトラル

緑のインクで、時々は赤のインクで
アムルトラルは革の手帳に
とても丁寧に、美しい字で
詩を書いたものだった
時々彼は悪夢を見た
自分が疫病で死ぬ夢
自分の詩が出版されない夢
さらには詩が消失する夢

アムルトラルは結局長く生きた
(彼は私の友人であった)
そして生前に詩集を出すことができた
しかし、その詩集が古くなり、
朽ちていくことも目にしなければいけなかった
*アムルトラルは人の名
(ウダヤン・タッカー,インド)

Translation into Japanese by by Dr. Manabu Kitawaki

***

امروتلال *

با جوهرى سبز، گاهى قرمز،
امروتلال با دقت بسيار ،
و دست خطى منظم،
اشعارش را مى نوشت
در دفتر خاطرات چرمى اش.
گاهى كابوس مى ديد
كه از طاعون مرده است،
و اشعارش هرگز چاپ نشده
و حتى پيدا نشده.

اما امروتلال عمری طولانی کرد.
( او دوستم بود.)
در زمان حياتش،
او تولد مجموعه اشعارش را ديد.
اما مرگ و پير شدنشان را هم دید.

اودايان تاكر، هند
ترجمه: سپیده زمانی

* نام شخص ( ادبی، جاودانی.

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Амрутлал*

Със зелено мастило, понякога с червено,
Амрутлал написа много внимателно,
с изящен почерк своите стихотворения
вбележник с кожена подвързия.
Понякога той имаше кошмар,
че умира по време на епидемия,
че стиховете му не бяха публикувани,
нито дори намерени.

Но Амрутлал живя дълъг живот.
(Той беше мой приятел.)
Докато беше жив
той видя раждането на своите „Събрани съчинения“.
Но той също ги видя
даостаряватида умират.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

EILÍFUR

Með grænu bleki og stundum rauðu
skrifaði Eilífur ljóðin sín
vandlega með snoturri rtithönd
í dagbók með leðurbandi.
Stundum fékk hann martröð
og fannst hann deyja í plágunni,
og að ljóðin hans væru aldrei gefin út
og fyndust ekki einu sinni.

En Eilífur lifði langa ævi.
(Hann var vinur minn.)
Og hann lifði það
að sjá Heildarsafn ljóða sinna gefið út.
En hann sá þau líka
eldast og deyja.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Амрутлал *

Зелеными и красными чернилами
записывал Амртулал свои стихи.
Сверхаккуратно, четкимпочерком
в красивой кожаной тетради.
Бывало, ночьювидел онкошмары,
чтоумираетотчумы,
а стихи так и не опубликованы,
никто их даже не нашел.

Но Амрутлал прожил долгую жизнь.
(Яснимдружил).
За свою долгую жизнь виделон
как рождался Сборник его стихов,
и также видел он,
как его стихистарились и умирали.

* Имя человека (буквально «Бессмертный»)

ПереводнарусскийязыкДарьиМишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

AMRUTLAL *

Kulayberdengtinta, minsankulay pula
MaingatnamaingatsiAmrutla, samaayosnasulatkamayisinusulatniya angkanyangmgatulasakanyangtalaarawangtakipnayarisabalat ng hayop.
Minsanbinabangungotsiyanasiya ay namataysasalot,
at ang kanyangmgatula ay hindinailathalahindi man natagpuan.
Pero mahaba ang nagingbuhayniAmrutlal (Siya ay akingkaibigan)
Sa panahongsiya ay nabubuhay,
Nakita niya ang pagsilang ng mgakoleksyonn’yangtula.
Subalitnakitarinniyaitongtumanda at namatay.

* Name of a person. (Literally, ‘Immortal.’)

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

נצח *

בִּדְיוֹיְרֻקָּה, לִפְעָמִיםאֲדֻמָּה,
נֶצַח,בִּזְהִירוּתרַבָּה, בִּכְתַב-יָדמְסֻדָּר,
כּוֹתֵבאֶתשִׁירָיו
בְּיוֹמָןבִּכְרִיכַת-עוֹר.
לִפְעָמִיםהָיָהלוֹסִיּוּט-לַיְלָה
שֶׁהוּאמֵתבְּמַגֵּפָה,
שֶׁשִּׁירָיולֹאפֻּרְסְמוּמֵעוֹלָם
אֲפִלּוּלֹאנִמְצְאוּ.

אֲבָלנֶצַחחַיחַיִּיםאֲרֻכִּים
(הוּאהָיָהחֲבֵרִי).
בִּימֵיחַיָּיו
רָאָהאֶתהַלֵּדָהשֶׁלמִבְחָרשִׁירָיו.
אַךְהוּאגַּםרָאָהאוֹתָם
מַזְקִינִיםוּמֵתִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

அம்ருத்லால்

பச்சை மையினால், சில நேரங்களில் சிகப்பு
அம்ருத்லால் கவனமாக , அழகான கையெழுத்தில்
அவருடைய கவிதைகளை எழுதுவார்
ஒரு அழகாக பைண்டான டயரியில் நாள் குறிப்பேட்டில்
சிலநேரங்களில் கொடுங்கனவு வரும்
அவர் ப்ளேக் -கொள்ளை நோயால் இறந்ததாக.
அவருடைய கவிதைகள் என்றுமே பிரசுரிக்கப்படாமலே
எங்கு இருக்கிறது என்பது கூடத்தெரியாமல்.
ஆனால் அம்ருத்லால் நீண்ட வாழ்க்கை வாழ்ந்தார்
(அவர் எனது நண்பர்)
அவரது வாழ்நாட்களில்
அவரது கவிதைத் தொகுப்பு பிறந்ததைக் கண்டார்
அவைகளும் யது ஆகி இறந்ததையும்
கண்டார்.

Translation into Tamil by by Dr. N V Subbaraman

***

AMRUTLAL *

Bi divîtakesk, carna bi yasor,
Amrutlalhelbestênxwe
pirbibaldarî û bipaqijî di deftereke
bergpêstkirî, rojmêrî de dinivisîn.
Carnaewdikete nav şevbestê,
kuewê bi reşavêbimire,
û helbestênwînetênebelavkirin,
netênaskirin.

Lê Amrutlaljiyanekdirijbihurand.
(Ewdostê min bû).
Di salênjiyanaxwe de
wîderketinaçapa
helbestênxwedît
wîpîrîtî û mirin jîdît.

Navêmirov e, bi wateyanemir,

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অমৃতলাল *
কখনোসবুজআবারকখনোলালকালিতে,
অমৃতলালখুবযত্নেরসাথেপরিচ্ছন্নহাতেরলেখায়,
রচনাকরতেনতাঁরকবিতাগুলি
তারচামড়ারবাধাইকরাডাইরিতে।
কখনোতারদুঃস্বপ্নে
তিনিমৃত্যুবরণকরতেনপ্লেগমহামারীতে,
আরতারকবিতাগুলিকখনোহতোনাপ্রকাশিত
কখনো আরখুঁজেপাওয়াযেতনাতারকবিতাগুলিকে।
কিন্তুঅমৃতলালদীর্ঘজীবীছিলেন।
(তিনিছিলেনআমারসখা।)
তারজীবদ্দশায়,
তিনিদেখেছিলেনতারসংগ্রহীতকবিতাগুলোরপ্রকাশ
তবেতিনিপ্রত্যক্ষকরেছেনতারকবিতাগুলির
বার্ধক্যআরমৃত্যু।
উদয়নথ্যাকার,ভারত
অনুবাদ:উদয়নথ্যাকার- স্ট্যানলিবারকান
* একজনব্যক্তিরনাম। (সাহিত্যিক, ‘অমর।’)

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

Amrutal*

Bhreacadh Amrutal síos a chuid dánta
I ndúch glas, uaireanta dearg,
É an-chúramach, lámhscríbhneoireacht néata,
Ina dhialann de chumhdach leathair.
Thagadh tromluí uafásach air anois is arís
Gur cailleadh sa phlá é
Nár foilsíodh a chuid dánta
I ndiaidh a bháis
Nár thángthas orthu fiú

Ach bhí saol fada ag Amrutal
(Cara liom ab ea é)
Le linn dó a bheith beo
Chonaic sé a bhailiúchán dánta i gcló
Chonaic sé ag dul in aois é chomh maith
Is ag fáil bháis

[*ainm duine a chiallaíonn ‘Neamhbhásmhar’ sa Ghúisearáitis].

Translation into Irish by Gabriel Rosenstock

***

અમરતલાલ

અમરતલાલ બહુ ચીવટથી કવિતા લખતા
અને લખ્યા પછી નોટબુકમાં ઉતારી લેતા
એમને ઘણી વાર એક ભયાનક સ્વપ્ન આવતું

સ્વપ્ન પણ કેવું ?
તો કે પોતે જાણે મરકીના રોગમાં મરી ગયા
ને પોતાની કવિતાઓ છપાઈ કે વંચાઈ નહીં
અરે, કોઈને હાથ જ ન ચડી !
પણ અમરતલાલ સ્વયં તો ઘણું લાંબુ જીવ્યા
(મારા મિત્ર હતા )
પોતાની જિંદગી દરમિયાન તેમણે
પોતાના કાવ્યસંગ્રહને
જન્મતો, વૃદ્ધ થતો
અને મરતો જોયો.

-ઉદયન ઠક્કર

Translation into Gujarati by by Udayan Thakker

(Udayan Thakker)

 

Recueil: ITHACA 651
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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Jean Ruet aussi est mort (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
… Jean Ruet aussi est mort ;
Il avait vingt-quatre ans ;
C’était un gars de Saint-Ay
Dans les vignes, sur la Loire.
Jean Ruet a été tué !
Qui donc aurait pu croire
Que celui-là mourrait ?
Il était si vivant
Que c’était grand plaisir
De voir ce garçon-là,
Son nez humant l’espace,
Ses fins sourcils farceurs
Ses gestes de danseur,
Et d’entendre son rire !
Son œil, quand il lisait
La guerre dans les journaux,
Était l’œil de Panurge
Écoutant Dindenault.
Et la belle santé
Excluant la rancune,
Nos grands chefs militaires
Excitaient sa gaîté.
Il est mort un matin
Qu’il pliait son grand corps
Pour saisir aux épaules
Un mort dans un boyau.
Un obus est tombé
Au bord du parapet
Et sa gerbe a criblé
Notre gentil Jean Ruet.
Sur le brancard j’ai vu
Son corps blanc et splendide :
La mort n’avait pas pu
Abîmer sa poitrine.
Hélas ! j’ai vu ses traits
S’amincir et se fondre
Pendant qu’il répétait
L’adresse de sa mère.
Nous l’avons enterré
Dans un bas-fond d’Argonne ;
J’ai vu trois jours après
L’eau qui couvrait la place.
[…]

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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On vit, on parle… (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
On vit, on parle…

On vit, on parle, on a le ciel et les nuages
Sur la tête ; on se plaît aux livres des vieux sages ;
On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement
En voiture publique à quelque endroit charmant,
En riant aux éclats de l’auberge et du gîte ;
Le regard d’une femme en passant vous agite ;
On aime, on est aimé, bonheur qui manque aux rois !
On écoute le chant des oiseaux dans les bois
Le matin, on s’éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une soeur, une fille !
On déjeune en lisant son journal. Tout le jour
On mêle à sa pensée espoir, travail, amour ;
La vie arrive avec ses passions troublées ;
On jette sa parole aux sombres assemblées ;
Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend,
On se sent faible et fort, on est petit et grand ;
On est flot dans la foule, âme dans la tempête ;
Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fête ;
On arrive, on recule, on lutte avec effort… —
Puis, le vaste et profond silence de la mort !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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