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EN ÉTÉ DANS UN CHALET DE MONTAGNE (Gao Pian)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



EN ÉTÉ DANS UN CHALET DE MONTAGNE

Pendant les longues journées d’été
Dans l’ombre épaisse des arbres
Un étang reflète mon chalet
Avec son balcon
Le rideau vert frissonne au moindre vent
Les roses grimpant sur la balustrade
Répandent leur parfum dans toute la cour

(Gao Pian)

 

 

 

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Écho (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2019




    
Écho

Pieds nus passant les sables de la lune
Aurore, amour enjoué, tu peuples
D’un écho l’univers exilé, et tu laisses
Dans la chair des journées, sillage
Pour toujours, une plaie voilée.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un fakir part à la recherche de la pierre philosophale (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
Un fakir part à la recherche de la pierre philosophale,
celle qui convertit le plomb en or.
Il prend les chemins de tous les exils,
passant d’un lieu à l’autre afin de trouver cette pierre,
l’une de ces présences à peine aperçues dont la poésie tire sa fulguration.

Pour se simplifier la tâche, il s’est passé à la taille une ceinture de cuivre et,
selon qu’il va, chaque fois qu’il voit une pierre qui pourrait être celle qu’il cherche,
il s’en saisit et la frotte contre son ventre : hélas, rien ne se passe.
Les journées s’écoulent, et les années.

Il fait toujours le même geste d’une manière de plus en plus mécanique :
chaque fois qu’il trouve une pierre susceptible d’être celle qu’il quête,
il la prend, la frotte contre sa ceinture, puis la jette et continue sa route.
Car à quoi bon ?
Finalement, il désespère.

Puis un jour, par hasard, il regarde sa ceinture.
Elle brille, elle étincelle, elle flambe.
À quel moment le cuivre s’est-il métamorphosé ?
Et lui-même, où donc et quand a-t-il rencontré la pierre ?
Il ne le sait pas et sans doute ne le saura-t-il jamais.
C’est ainsi.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Cette journée je l’ai perdue (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Cette journée
Je l’ai perdue
Comme toutes les autres
A moitié en pensant à hier
A moitié en pensant à demain

(Abbas Kiarostami)


Illustration: Michel Rivrain

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En ton absence (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Alex Colville -living-room

en ton absence
la journée
a vingt-quatre heures exactement
en ta présence
parfois moins
parfois plus

(Abbas Kiarostami)

Illustration: Alex Colville

 

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Je suis un berger de troupeaux (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2019



Illustration: Rosa Bonheur
    
Je suis un berger de troupeaux.
Le troupeau sont mes pensées
et mes pensées sont toutes des impressions.
Je pense avec mes yeux et mes oreilles
avec mes mains et mes pieds
mon nez et ma bouche.

Penser une fleur est la voir et la respirer
et manger un fruit est goûter sa saveur.

C’est ainsi que, lorsqu’au cours d’une chaude journée
je me sens triste d’avoir tellement joui
et lorsque dans l’herbe je m’étends
et ferme mes yeux brûlants,
je sens tout mon corps s’enfoncer dans la réalité,
je connais la vérité et je suis heureux.

***

Sou um guardador de rebanhos.
O rebanho é os meus pensamentos
E os meus pensamentos sao todos sensaçaóes.
Penso com os olhos e com os ouvidos
E com as maos e os pés
E com o nariz e a boca.

Pensar urna flor é ve-la e cheirá-la
E comer um fruto é saber-lhe o sentido.

Por isso quando num dia de calor
Me sinto triste de gozá-lo tanto,
E me deito ao comprido na erva,
E fecho os olhos quentes,
Sinto todo o meu corpo deitado na realidade,
Sei a verdade e sou feliz.

***

Ich bin ein Hüter von Herden.
Die Herde sind meine Gedanken
und meine Gedanken sind alle Empfindungen.
Ich denke mit Augen und Ohren
und mit Händen und Füßen
und mit Mund und Nase.

Eine Blume zu denken ist sie sehen und riechen
und eine Frucht essen ist erfahren wie sie schmeckt.

Deswegen, wenn ich an einem heißen Tag
mich traurig fühle, so vieles zu genießen
und mich auf dem Rasen ausstrecke
und die heißen Augen schließe,
fühle ich wie mein ganzer Körper in der Realität versinkt,
ich die Wahrheit kenne und glücklich bin.

***

Sono un guardiano di greggi.
Il gregge è i miei pensieri.
E i miei pensieri sono tutti sensazioni.
Penso con gli occhi e con gli orecchi
e con le mani e i piedi
e con il naso e la bocca.

Pensare un fiore è vederlo e odorarlo
e mangiare un frutto è saperne il senso.

Perciò quando in un giorno di calura
sento la tristezza di goderlo tanto,
e mi corico tra l’erba
chiudendo gli occhi accaldati,
sento tutto il mio corpo immerso nella realtà,
so la verità e sono felice.

***

I am a herdsman of flocks.
The flock is my thoughts,
and my thoughts are all sensations.
I think with my eyes and my ears
and with my hands and feet
and with my nose and mouth.

To think a flower is to see and smell it,
and to eat a fruit is to sense its taste.

Therefore, when on a hot day
I feel sad, because of enjoying so much,
I stretch out on the grass
and close my sun-warmed eyes,
I feel my whole body immersed in reality,
know the truth and am happy.

***

Soy un guardador de rebaños.
El rebaño es mis pensamientos
y mis pensamientos son todos sensaciones.
Pienso con los ojos y con los oídos
y con las manos y los pies
y con la nariz y la boca.

Pensar una flor es verla y olerla
y comer un fruto es saberle el sentido.

Por eso cuando en un día de calor
me siento triste de gozarlo tanto
y me tiendo a lo largo sobre la hierba
y cierro los ojos calientes,
siento todo mi cuerpo tumbado en la realidad,
sé la verdad y soy feliz.

***

Ik ben een herder van kudden.
De kudde zijn mijn gedachten
en mijn gedachten zijn allemaal gewaarwordingen.
Ik denk met mijn ogen en mijn oren
en met mijn handen en mijn voeten
en met mijn neus en mijn mond.

Een bloem te denken is ze zien en ze ruiken
en een vrucht eten is de smaak ervan te proeven.

Daarom is het, als ik mij op een warme dag
verdrietig voel door zoveel te genieten
en als ik mij languit uitstrek op het gras
en mijn warme ogen sluit,
voel ik mijn hele lichaam wegzakken in de werkelijkheid,
ken ik de waarheid en ben ik gelukkig

(Fernando Pessoa)(Pseudo Alberto Caeiro)

 

Recueil: ITHACA 579
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Portugais Original / Allemand Wolfgang Klinck / Italien Luca Benassi / Anglais Stanley Barkan / Espagnol Pablo del Barco / Néerlandais Germain Droogenbroodt /
Editions: POINT

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Sec est le croûton des journées (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Brendan Monroe 111

Sec est le croûton des journées
pour celui qui n’a pas rêvé.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Brendan Monroe

 

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L’amitié de Wang Wei (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
L’amitié de Wang Wei

Un saule pleureur sur le bord
du Lac de la brise de Mai
dans le parc du Midi à Pékin
et l’oiseau blanc dont je ne sais pas le nom
qui se penche dans les rizières du Kuantung
sur le dos d’un buffle d’eau
au frais dans la boue

Ils ont fait le voyage pour venir me dire
ce matin dans l’entre-sommeil
et journée

« Le but secret du voyageur
est d’ignorer où il va»

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il faudrait expliquer l’inexplicable (Charlotte Delbo)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



déportées

Vous voudriez savoir poser des questions
et vous ne savez quelles questions
et vous ne savez comment poser les questions
alors vous demandez des choses simples
la faim la peur la mort
et nous ne savons pas répondre
nous ne savons pas répondre avec vos mots à vous
et nos mots à nous vous ne les comprenez pas
alors vous demandez des choses plus simples
dites-nous par exemple comment se passait une journée
c’est si long une journée que vous n’auriez pas la patience
et quand nous répondons vous ne savez pas comment passait une journée
vous croyez que nous ne savons pas répondre.
Vous ne croyez pas ce que nous disons
parce que si c’était vrai ce que nous disons
nous ne serions pas là pour le dire.

Il faudrait expliquer l’inexplicable.

(Charlotte Delbo)

 

 

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La clairière (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




Illustration: Alexandra Cecconi
    
La clairière,
Elle s’ouvre à chaque pas
Même si tu ne la vois pas.
Elle appartient au chant du fleuve.
Elle niche avec ses oiseaux
Dans le feu des journées.
Elle n’a pas d’autres rides
Que celles du vent remontant vers la Source.

Elle pactise avec le silence,
Avec le souffle,
Avec le rien.

Elle n’attend ni ne guette aucune proie.
Elle laisse aller l’ici
Dans le chant de sa présence.
Elle n’est sûre que de la joie verticale
Et du secret qui la concerne.
Elle est partout décentrée d’elle-même
Et du désir d’en dire trop.

Elle n’a pas son pareil
Pour éveiller les morts.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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