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Poésie

Posts Tagged ‘jubiler’

Encore un fils (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Encore un fils

N’aurais-tu pas un second fils, Seigneur ?
La terre attend un nouveau labourage,
L’argile est sourde et l’homme est oublieur ;
Ta vieille voix n’a plus le même orage.

Un jeune fils après mille et mille ans
Pour nous éclore une jeune espérance.
L’homme assoiffé guette un jeune printemps,
Ta vieille croix a perdu sa jouvence.

Ce fils cadet viendrait nous enseigner
Les feux, les vins de nouvelles aurores
Et sur son cri saurait beaucoup saigner
Car l’homme croit ce que le sang colore.

Amour viendrait avec ton second fils,
Comme Jésus, longtemps nous jubiler
Et nous, Seigneur, pour changer le supplice,
Nous saurons bien le pendre ou le brûler.

(Norge)

Illustration: Salvador Dali

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La faim qui me tenaille (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
la faim qui me tenaille
il est rare qu’elle me hisse
jusqu’à l’inoubliable festin

le plus souvent elle me voue
aux heures grises de l’attente
aux terres désolées de l’ennui

le plus souvent je l’invective
lui reproche de me harceler
la supplie de lâcher prise

aussitôt
elle m’impose
silence

me rappelle ces instants
où il m’advient
de jubiler

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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J’ai jubilé (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Julia Perret
    
J’ai jubilé à l’approche du gouffre creusé par la lumière.
Je n’avais plus rien à moi, je n’étais plus rien,
c’est pourquoi je n’ai pas craint d’y toucher.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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SEPTEMBRE (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration: Sarah Trefny
    
SEPTEMBRE

Le lent se libère
le banc calme jubile enfin
les femmes qui tricotent l’été
regardent autour d’elles
les mailles filent
filent en exubérance pure
les larmes coulent
et occupent si peu de place dans le lac
les enfants naissent
regardent autour d’eux

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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NOCTURNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
NOCTURNE

le vent plus sûr de nous que nous ne sommes
s’empara du trône de minuit

déjà l’écume avait franchi d’attendre
ébouriffés ses cheveux jubilaient

sachant souffrir le cri des grands lointains
même un brin d’herbe avait sa tâche

entre nous deux s’éboulaient tous les mots
si vif est le silence des yeux clairs qui nous lavent

tu rêvais de marcher sur les eaux
elles s’étaient portées garantes

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Septembre matinal (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
septembre matinal se glisse
dans les chambres souple et jubilant
c’est partout dehors soudain
la moindre des choses déclare
avec une pieuse aisance
à la lumière son amour
le miroir ouvre grands ses yeux rajeunis
un vase avoue les couleurs à jamais
le bois lucidement s’étire

ailleurs le vent prend l’herbe
des steppes en pitié la console et lui offre
les secrets des lointains qu’il sait seulement fuir
l’aube plus loin d’une caresse sûre
réveille la féline fourrure de la mer
indécise entre rire et gronder

la main géante du sommeil
garde encore ta présence nue
et je n’ose te regarder plus
que ces troncs d’arbre aussi purs que des cris
par les vagues patiemment polis
et rejetés par elles sur le sable
pour révéler ce que seront les corps

notre nudité ne surgit
que d’un fourreau d’irréparables gestes
elle n’est vue que du seul bout des doigts
s’évanouit s’ils se taisent
finisterre des promesses
où la nuit vient d’un coup d’ailes
happer nos mots aventurés
entre gémir et murmurer

sous l’ogive des bras qui se tendent
tes paupières se lèvent
il fait moins clair déjà j’entends
croître l’ombre qui coule dans tes veines
comme nos voix sont rauques dans le cristal de l’aube
les étoiles se sont éteintes
et d’autres qui n’ont plus de nom
brûlent en nous désormais jusqu’au soir

de quelques pas soyeux
tu vas auprès de la fenêtre
septembre un peu s’affole
au bord de ton nu contrejour
en de lointaines alpes je le sais
un ruisseau joue sur les pierres
ondule et danse vif
on pourrait presque entendre son murmure

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    

Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être
Tant que la nuit les étoiles brûlent —
Tant que le soir répand sa rosée muette
Ou que le soleil dore le matin —

Le désespoir n’a pas lieu d’être — les larmes
Dussent-elles couler comme un fleuve —
Tes années les plus chères sont-elles pas
Pour toujours autour de ton cœur ?

On pleure — tu pleures — C’est la règle —
Les vents soupirent avec tes soupirs
Et l’hiver épanche son chagrin en neige
Où les feuilles d’automne gisent

Pourtant elles revivent — et de leur destin
Ton destin est inséparable
Alors, homme, avance sinon jubilant
Du moins jamais le coeur brisé —

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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L’excès de ténèbres (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



 

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l’excès de ténèbres
est l’éclat de l’étoile
le froid de la tombe est un dé

la mort joua le dé
et le fond des cieux jubile
de la nuit qui tombe en moi

(Georges Bataille)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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La Rose (Ada Negri)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



La Rose

Parmi les épis d’or, en face du soleil rutilant
Qui incendie la vallée,
Dans le sillon fumant,
Il l’a embrassée sur sa bouche tiède.
Le ciel rit sans nuage et rit le froment
Au couple ravi ;
Et, puissamment, autour du baiser franc et sain,
Jubile la vie universelle.
Les rouges corolles entrouvertes embaument
Comme des bouches haletantes d’amour.
Dans les brises diffuses s’élance
Le chant allègre de la terre en fleur.
Souriant ils s’embrassent au coeur des verdures
Les deux jeunes amants
Pendant qu’un trille d’hirondelles se perd
Sous l’arche des cieux azurés.
Et partout, sous les halliers ombreux,
Dans les calices de fleurs, dans les blondes moissons,
Dans les nids mystérieux,
Frémit le baiser qui enivre et féconde.

(Ada Negri)

Illustration: Carolus Duran

 

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JUDY LA FOLLE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



 

JUDY LA FOLLE

Quand le hameau fêtait une naissance
Judy pleurait :
La joyeuse rumeur des baptêmes
La mettait soupirant à genoux.
On le savait qu’elle était folle
Et nous ménagions son infirmité.

Quand filles et garçons s’unissaient
Pour la frairie d’une noce
Et que nous, dans les mêmes espoirs,
Dansions jusqu’à l’aube naissante,
Elle dodelinait en grommelant : « En voici
D’autres sur ces rudes bords ! »

Quand la Mort, vieux bourreau, saisissait
Des enfants en bas âge,
Elle jubilait et près de l’âtre
Reprenait son chant.
Ce qu’elle aimait, nous le lui passions :
Elle était folle, Judy, nous le savions.

***

MAD JUDY

When the hamlet hailed a birth
Judy used to cry :
When she heard our christening mirth
She would kneel and sigh.
She was crazed, we knew, and we
Humoured her infirmity.

When the daughters and the sons
Gathered them to wed,
And we like-intending ones
Danced till dawn was red,
She would rock and mutter, `More
Comers to this stony shore !’

When old Headsman Death laid hands
On a babe or twain,
She would feast, and by her brands
Sing her songs again.
What she liked we let her do,
Judy was insane, we knew.

(Thomas Hardy)

Illustration: Pascal Renoux

 

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