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Poésie

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Quand se met à souffler ce vent d’automne (Kokinrokujô)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Quand se met à souffler ce vent d’automne
qui nous glace le coeur
On jugererait qu’il est de ces choses
qui n’ont pas de couleur

(Kokinrokujô)


Illustration: Egon Schiele

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SANS PLUS DE POIDS (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Josephine Wall 
    
SANS PLUS DE POIDS

Pour un Dieu qui rirait comme un enfant,
Tant de cris de moineaux,
Tant de danses dans les branches,

Une âme se délivre de son poids,
Les prés gagnent une telle tendresse,
Une telle pudeur parmi les yeux revit,

Les mains, comme des feuilles
Dans l’air, qui s’enchantent…

Qui tremble encore, qui juge?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ne juge pas si lointain ce qui peut s’atteindre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



 

Ne juge pas si lointain ce qui peut s’atteindre
Bien que le couchant t’en sépare
Ni si proche ce qui, voisin,
Est plus loin que le soleil.

***

Count not that far that can be had
Though sunset lie between
Nor that adjacent that beside
Is further than the sun.

(Emily Dickinson)

Découvert ici: https://www.flickr.com/photos/150410475@N04/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Il a plu cette nuit (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Daniel Siguier  4da59p10002622

Il a plu cette nuit,
c’est la première fois que je regarde,
jusqu’au silence qui résonne.

Sac, ressac, je ne juge pas,
l’instant demeure,
l’écume transparente.

Je m’interromps comme je parle,
en la marée,
chaque jour y a-t-il un jour de plus?

Le ciel n’est jamais vide, le sol nous porte,
on n’aperçoit aucun arbre,
on sait pourtant qu’ils sont proches.

Une marge, un rivage,
il n’y a de secret que le visible
épanoui…

(Pierre Dhainaut)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Daniel Siguier

 

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Mourir d’aimer (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    

Mourir d’aimer

Les parois de ma vie sont lisses
Je m’y accroche mais je glisse
Lentement vers ma destinée
Mourir d’aimer

Tandis que le monde me juge
Je ne vois pour moi qu’un refuge
Toute issue m’étant condamnée
Mourir d’aimer

Mourir d’aimer
De plein gré s’enfoncer dans la nuit
Payer l’amour au prix de sa vie
Pécher contre le corps mais non contre l’esprit

Laissons le monde à ses problèmes
Les gens haineux face à eux-mêmes
Avec leurs petites idées
Mourir d’aimer

Puisque notre amour ne peut vivre
Mieux vaut en refermer le livre
Et plutôt que de le brûler
Mourir d’aimer

Partir en redressant la tête
Sortir vainqueur d’une défaite
Renverser toutes les données
Mourir d’aimer

Mourir d’aimer
Comme on le peut de n’importe quoi
Abandonner tout derrière soi
Pour n’emporter que ce qui fut nous, qui fut toi

Tu es le printemps, moi l’automne
Ton cœur se prend, le mien se donne
Et ma route est déjà tracée
Mourir d’aimer
Mourir d’aimer
Mourir d’aimer

(Charles Aznavour)

 

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« L’enfer c’est les autres » (Jean-Paul Sartre)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



« l’enfer c’est les autres » a été toujours mal compris.
On a cru que je voulais dire par là
que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés,
que c’était toujours des rapports infernaux.
Or, c’est tout autre chose que je veux dire.

Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés,
alors l’autre ne peut être que l’enfer.
Pourquoi ?
Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes,
pour notre propre connaissance de nous-mêmes.

Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître,
au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous,
nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont,
nous ont donné, de nous juger.

Quoi que je dise sur moi,
toujours le jugement d’autrui entre dedans.
Quoi que je sente de moi,
le jugement d’autrui entre dedans.

Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais,
je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer.
Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer
parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui.
Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres,
ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

[…]

C’est une mort vivante que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements
et d’actions que l’on ne veut pas changer.
De sorte que, en vérité, comme nous sommes vivants,
j’ai voulu montrer par l’absurde, l’importance chez nous de la liberté,
c’est à dire l’importance de changer les actes par d’autres actes.

Quel que soit le cercle d’enfer dans lequel nous vivons,
je pense que nous sommes libres de le briser.
Et si les gens ne le brisent pas, c’est encore librement qu’ils y restent.
de sorte qu’ils se mettent librement en enfer.

(Jean-Paul Sartre)

Illustration: Bernard Buffet

 

 

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QUAND LES CORPS SERONT JUGES (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Júlia Fernández Sánchez 727

QUAND LES CORPS SERONT JUGES

Tu t’es présenté, tu es apparu dans la lumière
comme une icône.

Tu as vu beaucoup de soleils
Et tu ne les as pas comptés.

Le crépuscule et l’aube.

Tu as ouverts les yeux,
De grands yeux étonnés.

Tu as fait pousser des mains à la racine des ailes.

Tu as touché des fruits divers,
Beaucoup de pommes, des lys et des roses.

Tu portes la trace des clous.

Tu as marché sur la terre, tu as retenti
Dans le vide, dans le désert du temps,
Tu as émis un son, puis fait beaucoup de bruit.

Le soleil t’a vu, le vent t’a écouté et te fait vibrer.

Qui se portera témoin de ton sang,
Le sang qui a coulé et a teint
Le sommeil, le choses, la lumière.

Quand les corps seront jugés,
Ta poudre vaine sera pesée,
Ta pauvreté, ta nudité.

Ta tristesse est infinie et elle aura du poids.

(Georges Themelis)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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Nous ne faisons effort vers aucune chose (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Nous ne faisons effort vers aucune chose,
nous ne la voulons pas et nous ne tendons pas vers elle
par appétit ou désir, parce que nous jugeons qu’elle est bonne ;

c’est l’inverse : nous jugeons qu’une chose est bonne,
parce que nous faisons effort vers elle,
que nous la voulons et tendons vers elle par appétit ou désir.

(Baruch Spinoza)

 

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Rondeaux (Jean Froissart)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Rondeaux

On doit le temps ainsi prendre qu’il vient :
Toujours ne peut durer une fortune ;
Un temps s’en va, et puis l’autre revient :
On doit le temps ainsi prendre qu’il vient.

Je me conforte à ce qu’il me souvient
Que tous les mois avons nouvelle lune ;
On doit le temps ainsi prendre qu’il vient.

Il n’est plaisir, divertissement, ni joie
Qui vienne au cœur, si ce n’est par aimer ;
Je veux le dire, partout ou que je sois:
Il n’est plaisir, divertissement, ni joie;
Les ignorants, je voudrais volontiers
Etre amoureux, pour honorer cet état.
Il n’est plaisir , divertissements, ni joie
Qui vienne au cœur, si ce n’est par aimer.

Duquel des deux fait Amour plus grande cure ?
Ou de la Dame ou du Loyal ami
Quand chacun d’eux en bonne amour procure ?
Duquel des deux fait Amour plus grande cure ?
Je veux me taire, la matière est obscure,
Et je laisserai juger un autre que moi.
Duquel des deux fait Amour plus grande cure ?
Ou de la dame ou du loyal ami?

Si je me plains, ma dame j’ai bien de quoi,
Car vos regards me sont un peu trop fiers:
Adoucissez-les quand les jetez sur moi.
Si je me plains, ma dame, j’ai bien de quoi.
Ils ne me font que tristesse et anoi
Et ce n’est pas ce dont j’ai besoin.
Si je me plains, ma dame, j’ai bien de quoi,
Car vos regards me sont un peu trop fiers.

On écrit bien telle lettre à la chandelle,
Qui plait moult bien quand on la lit au jour.
Amour, je suis dans cette affaire pareil;
– On écrit bien telle lettre à la chandelle –
J’ai en mon cœur écrit la nonpareille
Qui est nommée fleur de marguerite.
On écrit bien telle lettre à la chandelle
Qui plait moult bien quand on la lit au jour.

(Jean Froissart)

Illustration: Ary Scheffer

 

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LA PIE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Marion Rose
    
LA PIE

L’ombre des frondaisons sur les prés bouge.
Le foin reste accroché aux haies par touffes.
Un églantier sur le talus s’étale.
La brise emporte en passant ses pétales.

La vapeur pâle erre au fond de l’azur.
Le soleil jette aux chemins ses dorures.
Un portail s’ouvre au passant sous un saule.
Le courant d’air va d’une arcade à l’autre.

Ainsi la pie d’arbre en arbre au verger,
ainsi la vie d’heure en heure, au juger.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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