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Le Poète (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2022



Le Poète

Le mystère poétique l’attire plus que la vie, sans transposition, de chaque jour.
C’est grâce à la fascination de l’inconnu que le poète,
même quand il se trouve devant son meilleur ami, se dit parfois:
« Comme une lettre de toi me ferait plaisir, même en ce moment où tu es en face de moi.
À être là, tu perds de ton mystère alors que tes lettres
je les garde longtemps sans les ouvrir pour faire durer leur imprévu et leurs possibilités. »

(Jules Supervielle)

 

 

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Je rêve que je rêve (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Je rêve que je rêve

Je rêve que je rêve et je suis là pourtant Devant
vous, jeune fille, ô comble de jeunesse,
Mais vous êtes réelle et si sûre du temps
Qui vient vous courtiser, alors qu’il me délaisse
Dans un coin de brouillard toujours sans feu ni lieu
D’où je vois, vivement, aller venir vos yeux
Et d’avancer vers moi quelque secrète barque
Vide, où mon coeur tout seul et sans le corps embarque

(Jules Supervielle)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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L’air était si liant (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022


Maisons-couleurs-vives-Colonia

Dans l’Uruguay sur l’Atlantique
l’air était si liant, facile,
que les couleurs de l’horizon
s’approchaient pour voir les maisons

(Jules Supervielle)

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Les chevaux du temps (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Les chevaux du temps

Quand les chevaux du temps s’arrêtent à ma porte
J’hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leurs soif.
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu’une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu’il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu’un jour où viendrait l’attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer

(Jules Supervielle)

Illustration: Jennifer Morrison

 

 

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Mélancolies manutentionnaire (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Mélancolies manutentionnaire

(…)
J’ai dans mes sabots de la paille,
Avec un bel épi qui dépasse et me raille ;
La porte ne s’ouvre pas,
Le poêle ne fume pas,
Et j’entends qu’on ne vient pas.
Être bien seul avec soi-même,
Ah ! c’est un mets bien délicat !
Des soldats rient ; mais c’est derrière ma fenêtre.
Ils s’éloignent ;
Tout est derrière ma fenêtre,
La vie, les caporaux, les corvées,
Et la fourragère et son cocher laid.
Je me rends visite à moi-même
Et bien que ce plaisir fût longuement mûri,
Il me trouve tout ahuri !
(…)

(Jules Supervielle)

Illustration: Sophie Rocco

 

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Adieu à l’estancia (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Adieu à l’estancia

(…)
Adieu, chardons fleuris, azur frais des pampas,
Bois lointains que l’aurore inondait d’espérance,
Et familier jardin où tout sera silence,
Jardin des souvenirs et des blonds mimosas !

Adieu, ma meule d’or comme une grappe mûre
Que le bœuf sous le joug, regarde tout rêveur,
Chaumine qui t’ouvrais, l’été, fraîche et obscure,
Et qui pendant l’hiver es chaude comme un cœur !

Mes chers eucalyptus, il est tard, je vous quitte,
Adieu, mes vieux amis au feuillage profond,
Vous, le parfum léger et l’âme de ce site,
Je vous laisse mon Rêve épars sur votre front…

(Jules Supervielle)

 

 

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Le clair sourire (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Le clair sourire

(…)

Derrière un éventail de fraîche mousseline,
Ton rire ruisselait en source près de moi ;
Je vois encore mes fleurs s’ouvrir sur ta poitrine ;
J’entends le rythme clair et le chant de ta voix !

Hélas ! tu es plus loin de moi que l’astre frêle,
Enveloppé de soir et fleuri de rayons,
Et dans mon souvenir tes sombres cheveux vont
Comme des rêves las, meurtris, blessés à l’aile.

Cherchant au loin ta forme exquise et mon bonheur,
Sur une barque blanche a fui mon rêve aride,
Et je vois revenir là-bas ma barque vide,
Et ton noir éventail se ferme sur mon cœur…
(…)

(Jules Supervielle)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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Saisir (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Saisir

Saisir, saisir le soir la pomme et la statue,
Saisir l’ombre et le mur et le bout de la rue.

Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d’oiseaux lâchés

Combien d’oiseaux perdus qui deviennent la rue,
L’ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue.

Mains, vous vous userez
A ce grave jeu-là.
Il faudra vous couper
Un jour, vous couper ras.

(Jules Supervielle)

 

 

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Regrets de France (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021




Regrets de France

La lune dans l’étang
Se souvient d’elle-même,
Veut se donner pour thème
A son enchantement,

Mais sa candeur précise
Au frais toucher de l’eau,
De délices se brise,

Et flotte la surprise
Des lunaires morceaux.

(Jules Supervielle)

Illustration

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Le portrait (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



Le portrait

Elle passa comme un parfum de fleur d’automne.
J’espérais la revoir et ne la voyais plus,
Mon cœur était lassé de ne trouver personne,
Mes yeux étaient lassés d’avoir été déçus.

Je me souvins un jour que de notre amour brève,
Il me restait un vieux portrait que je baisais.
Sous les baisers brûlants de larmes arrosés,
L’image s’effaça et s’enfuit comme un rêve.

Et je désespérais quand je vis apparaître
Sur l’image effacée l’azur pur de ses yeux,
Quand je vis la pâleur de ses lèvres renaître
Avec un éclat tendrement mystérieux.

Le souvenir avait refait l’image pure.
Sur le papier vieilli je remis un baiser ;
Ses lèvres vinrent sur les miennes se poser
Et je sentis au cœur une vague brûlure.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

 

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