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Poésie

Posts Tagged ‘(Jules Supervielle)’

« Au secours! » (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018




Un homme à la mer lève un bras,
crie: « Au secours! ».
Et l’écho lui répond: « Qu’entendez-vous par là ? »

(Jules Supervielle)

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Quand nous tiendrons notre tête entre les mains (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




Quand nous tiendrons notre tête entre les mains
Dans un geste pierreux, gauchement immortel,
Non pas comme des saints – comme de pauvres hommes –
Quand notre amour sera divisé par nos ombres,

Si jamais vous songez à moi j’en serai sûr
Dans ma tête où ne soufflera qu’un vent obscur;
Surtout ne croyez pas à de l’indifférence
Si je ne vous réponds qu’au moyen du silence.

(Jules Supervielle)

 

 

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Je n’ose plus ouvrir mes secrètes armoires (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Je n’ose plus ouvrir mes secrètes armoires
Que vient bouleverser ma confuse mémoire.
Je lui donne une branche, elle en fait un oiseau,
Je lui donne un visage, elle en fait un museau,
Et si c’est un museau, elle en fait une abeille.
Je te voulais sur terre, en l’air tu m’émerveilles.

(Jules Supervielle)

Illustration: René Magritte

 

 

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J’ai tant de fois, hélas (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



J’ai tant de fois, hélas, changé de ciel,
Changé d’horreur et changé de visage,
Que je ne comprends plus mon propre coeur
Toujours réduit à son même carnage.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

 

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LE LAC ENDORMI (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    
LE LAC ENDORMI

Un sapin, la nuit,
Quand nul ne le voit,
Devient une barque
Sans rames ni bras.
On entend parfois
Quelque clapotis,
Et l’eau s’effarouche
Tout autour de lui.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’infini qui nous désaltère (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: coeur de hêtre au microscope
    
L’infini qui nous désaltère
Nous fait un même firmament…
Mais tronc de bois ou coeur de chair
Nous n’avançons que dans nous-mêmes.

(Jules Supervielle)

 

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)


    

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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LE FORÇAT (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: La Rouille
    
LE FORÇAT

Je ne vois plus le jour
Qu’au travers de ma nuit,
C’est un petit bruit sourd
Dans un autre pays.
C’est un petit bossu
Allant sur une route,
On ne sait où il va
Avec ses jambes nues.
Ne l’interroge pas,

Il ignore ta langue
Et puis il est trop loin,
On n’entend plus ses pas.
Parfois, quand je m’endors,
La pointe d’un épi
Déserte mon enfance
Pour me trouver ici.
Épi grave et pointu,
Épi que me veux-tu?
Je suis un prisonnier
Qui ne sais rien des champs,
Mes mains ne sont plus miennes,
Mon front n’est plus à moi
Ni mon chien qui savait
Quand j’étais en retard.

Puisqu’au ciel grillagé
L’étoile des prisons
Vient briser ses rayons
Sans pouvoir me toucher,
Avec un brin de paille,
Un luisant bout de bois
Et le cil d’une femme
Approchons d’autrefois.
Mais vous vous en allez
Sans atteindre mon coeur,
Brindilles du bonheur,
Mes mains sont surveillées.

(Jules Supervielle)

 

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Vous dont les yeux sont restés libres (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Vous dont les yeux sont restés libres,
Vous que le jour délivre de la nuit,
Vous qui n’avez qu’à m’écouter pour me répondre,
Donnez-moi des nouvelles du monde.
Et les arbres ont-ils toujours
Ce grand besoin de feuilles, de ramilles,
Et tant de silence aux racines ?
Donnez-moi des nouvelles des rivières,
J’en ai connu de bien jolies,
Ont-elles encor cette façon si personnelle
De descendre dans la vallée,
De retenir l’image de leur voyage,
Sans consentir à s’arrêter.

Donnez-moi des nouvelles des mouettes
De celle-là surtout que je pensai tuer un jour.
Comme elle eut une étrange façon,
Le coup tiré, une bien étrange façon
De repartir!
Donnez-moi des nouvelles des lampes
Et des tables qui les soutiennent
Et de vous aussi tout autour,
Porte-mains et porte-visages
Les hommes ont-ils encore
Ces yeux brillants qui vous ignorent,
La colère dans leurs sourcils,
Le coeur au milieu des périls?
Mais vous êtes là sans mot dire.
Me croyez-vous aveugle et sourd?

(Jules Supervielle)

 

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Et voici la muraille (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Et voici la muraille, elle use le désir,
On ne sait où la prendre, elle est sans souvenirs,
Elle regarde ailleurs, et, lisse, sans pensées,
C’est un front sans visage, à l’écart des années.
Prisonniers de nos bras, de nos tristes genoux,
Et, le regard tondu, nous sommes devant nous
Comme l’eau d’un bidon qui coule dans le sable
Et qui dans un instant ne sera plus que sable.
Déjà nous ne pouvons regarder ni songer,
Tant notre âme est d’un poids qui nous est étranger.
Nos coeurs toujours visés par une carabine
Ne sauraient plus sans elle habiter nos poitrines.
Il leur faut ce trou noir, précis de plus en plus,
C’est l’oeil d’un domestique attentif, aux pieds nus.
Oeil plein de prévenance et profond, sans paupière.
A l’aise dans le noir et l’excès de lumière.

(Jules Supervielle)

 

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