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Poésie

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Se détourner du temps (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration: Gilbert Garcin
    
Se détourner du temps,
déjouer le compte-gouttes de l’âge
et déchirer le suaire
des minutes répétées comme des abeilles.

Comment fouler le temps
et marcher sur lui
comme sur une plage
dont la mer s’est séchée ?

Comment sauter sur le temps
et avoir pied dans le vide
et son absence creusée ?

Comment reculer dans le temps
et raccorder le passé
à tout ce qui fuit ?

Comment trouver dans le temps l’éternité,
l’éternité faite de temps,
de temps congelé dans les gosiers les plus froids ?

Comment reconnaître le temps
et trouver le fil inconnu
qui coupe ses moments
et le divise toujours
justement au milieu ?

***

Desconocer el tiempo,
desbaratar el cuentagotas de la edad
y rasgar el sudario
de los minutos repetidos como abejas.

¿Cómo pisar en el tiempo
y caminar por el
como sobre una playa
cuyo mar se ha secado?

¿Cómo saltar en el tiempo
y hacer pie en el vacío
y su excavada ausencia?

¿Cómo retroceder en el tiempo
y empalmar el pasado
con todo lo que huye?

¿Cômo encontrar la eternidad en el tiempo,
la eternidad hecha de tiempo,
de tiempo congelado en las fauces mas frías?

Cômo reconocer el tiempo
y hallar el filo ignoto
que corta sus momentos
y siempre lo divide
justamente en el medio?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Et que furent les roses (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
et que furent les roses. Du parfum? pour que
j’oublie ….ou la pure Musique gravissant précairement

le crépuscule
mais il y a quelque chose de plus mûrement
enfantin,de plus beau que toi presque.

Mais sinon des fleurs,dis-moi doucement qui

sont ces habituées des rêves à demi-souriant
gravement sur de calmes visages,se déplaçant purement
d’un pas assourdi,quoique assez fièrement aussi —

ne sont-elles pas des dames,les dames de mes rêves
touchant justement les roses par qui vivent blanchement
leurs doigts?
ou mieux,
des reines, des reines riant légèrement
couronnées de couleurs lointaines,

pensant beaucoup
à rien et que l’aube préfère toucher
sur les ruisseaux penchés,près des saules votives?

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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Comme le proche est proche (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Comme le proche est proche
quand tu me regardes écrire ce poème
sans même savoir qu’il est justement pour toi

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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Le mot (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Le mot.
Une lettre de plus
c’est la mort

mais justement elle est cette inconnue
lettre morte

(Marie-Claire Bancquart)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

 

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Je connais (René Laporte)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



Je connais l’éducateur dont je porte les gestes
je sais qu’il aime les faims claires et justement nommées

Qu’il s’assied au bord des drames avec envie
Cherchant à se démêler comme un grain parmi la poussière

Je sais qu’une ombre peut entreprendre
A l’ombre d’une proie.

(René Laporte)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je ne suis pas seul (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2016


sourire

Chargée
De fruits légers aux lèvres
Parée
De mille fleurs variées
Glorieuse
Dans les bras du soleil
Heureuse
Dun oiseau familier
Ravie
D’une goutte de pluie
Plus belle
Que le ciel du matin
Fidèle

Je parle d’un jardin
Je rêve

Mais j’aime justement.

(Paul Eluard)

Illustration: Anne-Marie Zylberman

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