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Poésie

Posts Tagged ‘justesse’

Plus clairement, plus nettement avec l’âge (Marc Chagall)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019



 

Plus clairement, plus nettement avec l’âge,
je sens la justesse relative de nos chemins,
et le ridicule de tout ce qui n’est pas obtenu
avec son propre sens, son âme,
qui n’est pas imprégné d’amour.

(Marc Chagall)

Illustration: Marc Chagall

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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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VOIX DE LA PENSÉE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
VOIX DE LA PENSÉE

justesse
de la voix qui touche
voix off de tout

fond qui affleure
fin fond de tout

les larmes prennent voix
de toi à moi

de l’écume au silence
il n’est question
que de passer

entre l’usure de l’être
et la fraîcheur des choses
ou l’inverse

à traquer les zones
d’effondrement

entrer en clarté
à son corps défendant

la nuit ne tient qu’à un fil

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Le lamantin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
Le lamantin est un être de première main.
Il n’adhère à aucun credo.
Il ne vise aucun au-delà.
Se moque du lendemain.
Peines ou récompenses, paradis ou enfer
— tout cela l’ennuie, insondablement.
Il ne cherche pas à être respectable —
il croît en profondeur.
Il ouvre au silence.
Le lamantin s’exprime —
dans l’insoumission de son discret vertige.

Le lamantin célèbre la lenteur,
la haute justesse des ralentis internes.
Il ne croit pas
au salut par procuration.
Il parie sur
la sagesse
de son propre frémissement.
Il sait s’abandonner;
se laisse inspirer,
renonce à tout point de vue.
La conscience totale est sa seule méthode.
Le lamantin est toujours hors sujet.

Le lamantin n’a aucun principe —
sinon l’absence de tout fondement.
Il porte en lui le grand mystère.
Flotte dans l’inconcevable.
Il ne cherche pas la compétition,
mais l’accomplissement.
Il sort du temps à volonté.
C’est un saint doué d’humour.
Il n’a nul souci d’avoir raison.
N’a que faire
de la mauvaise conscience chronique.
Il préfère l’ouverture à l’amertume.
Le lamantin ne communique pas —
il communie en permanence.

Le lamantin se tient à l’embouchure,
comme un prisme de la création.
Il a le temps,
il fait la planche entre deux eaux.
Il devine
qu’il est une image possible de Dieu —
mais ne s’en soucie guère.
Un bijou facétieux
que n’épuise pas le poids du savoir.
Il sait être grave, mais avec élégance.
Il est pur accueil —
jusqu’à se faire balafrer
par les hélices des hors-bord.
Le lamantin est un Grand Commençant.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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La justesse (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



La justesse

Comment saurais-je
Les mots de l’oiseau
Les mots qui lèvent le jour
En l’élan de l’aile
Les mots où chante
Le vent
Son vouloir de vie
Dans une rumeur de ciel
Si haut
A resplendi son vol
Parmi le murmure des nuées
mais en lui
Si pur
Le frémir d’incertitude
Juste cette justesse de Ta liberté

(Kristel Saint-Cyr)

Illustration: Jean-Robert Doumont

 

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Post-merci (René Char)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2016



Post-merci

Nous sommes des météores à gueule de planète.
Notre ciel est une veille, notre course une chasse,
et notre gibier est une goutte de clarté.

Ensemble nous remettrons la Nuit sur ses rails ;
et nous irons, tour à tour nous détestant et nous aimant,
jusqu’aux étoiles de l’aurore.

J’ai cherché dans mon encre ce qui ne pouvait être quêté :
la tache pure au-delà de l’écriture souillée.

En poésie, devenir c’est réconcilier.
Le poète ne dit pas la vérité ; il la vit ;
et la vivant, il devient mensonger.
Paradoxe des Muses : justesse du poème.

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés,
de chambres d’harmonie, en même temps que d’éléments futurs,
de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant.
Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre.
Et un ordre insurgé.

(René Char)

 

 

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Ci-gît Marilyn Monroe (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2016



 

La tombe de Marilyn Monroe. Lib. Retna.

Ci-gît Marilyn Monroe

Petite Soeur de Toutes les Femmes
Reine des Premiers et Derniers Souffles
Douceur des Revenues de Tout

Premier Pigment de la Création
Sondeuse des Bords du Silence
Justesse des Précipices
Happée au Fond du Ciel

(Zéno Bianu)

 

 

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