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Posts Tagged ‘justice’

Rescousse (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



 

David Alfaro Siqueiros hart-crane-1931

Rescousse

Si ma guitare
Que je répare,
Trois fois barbare :
Kriss indien,

Cric de supplice,
Bois de justice,
Boîte à malice,
Ne fait pas bien…

Si ma voix pire
Ne peut te dire
Mon doux martyre…
– Métier de chien ! –

Si mon cigare,
Viatique et phare,
Point ne t’égare ;
– Feu de brûler…

Si ma menace,
Trombe qui passe,
Manque de grâce;
– Muet de hurler…

Si de mon âme
La mer en flamme
N’a pas de lame ;
– Cuit de geler…

Vais m’en aller !

(Tristan Corbière)

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

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Pris dans les rets de l’idée (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo - (98)

Pris dans les rets de l’idée
saluons l’humble moineau.
la hanche des tourterelles.
la possession charnelle,
la Justice sans bandeau,.
chantons d’avant le ciseau
la statue du bloc de pierre,
ce coin de nuit, le flûtieau
et les amours passagères.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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DIES IRAE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



DIES IRAE

Etranger suis en mon pays !
Plus un désir… seul, le calice.
Sombre penser, penser maudit,
Mets un bâillon à la justice.

Il sera tard… Vers moi cheminent
Les silences des anciens temps
Et sinistre, cette famine…
Ou des chants sans cesse pleurant :
— Allons, presse-toi, plus n’attends !

(George Bacovia)

 

 

 

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Sous la falaise (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Sous la falaise

Quand tu marches sous la falaise
N’oublie pas de faire offrande
D’une pensée transparente au pèlerin
N’oublie rien de son vol de cendre
Plus rapide que la pierre qui tombe du roc
O meurtrier silencieux
Souviens-toi de son vol plus lointain
Que le vent qui se jette à l’amont du fleuve
De sa trace coupante au nuage
Imite cet oiseau serein et cruel
Envie sa justice de maître de la vie et de la mort
Passant songeur, envie son aire et la sagesse de sa retraite
Et quand vient l’heure de l’ombre
Jour après jour souviens-toi de plonger en elle
Comme l’oiseau se jette au vide
(Ainsi le cœur au mal, l’âme au vent sans mémoire)
Et regarde en toi blanchir le gouffre
Passant calme
En retard sur l’eau des rêves

(Jacques Chessex)

 

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QUI A MARCHE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

Bezruc_2

QUI A MARCHE

Qui a marché sur ces terres,
Qui a arpenté ces champs détrempés par le sang,
Qui a rêvé par ces routes ?

N’était-ce pas — attends — Peter Bezruc,
quand il composait les chants de Silésie,
Ces poèmes graves, pleins de plomb ?
Je regardais : un collier d’acier,
Oh, et du sang — oh — du sang affreux
Qui dégouttait comme du plomb,
De sorte que le champ en rougit,
Que la route en rougit.

« Peter Bezruc, attends! attends !
Moi aussi comme toi j’ai un collier
Et à moi aussi
Le sang dégoutte des lèvres éclatées!  »

Peter avance, encadré par les policiers.
Ils attendent qu’il ploie,
Qu’il courbe l’échine —
Et au tournant, la voisine :
 » Peter, Peter !  » Et elle éclate en sanglots.
Mais Peter ne se courbe pas.
Que sont la souffrance et la mort
A qui se meurt pour la Justice!

Qui a marché sur ces terres ?
Il ressemblait tout à fait à Peter,
Le sang de sa bouche dégouttait,
Il portait les montagnes sur ses épaules;
Et il a haussé les épaules
Et les montagnes ont résonné;
Et il a replié son bras,
Et les fers se sont brisés,
Et il a ouvert ses bras,
Et cela a tonné dans les carrières.

Qui a marché sur ces champs
Tel un bon agneau blanc,
Et n’a pas même soufflé mot,
Quand on l’a conduit au cachot ?

(Srecko Kosovel)

 

 

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La Justice (Norge)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



La Justice

Omar, le bon Omar se précipite aux pieds du sultan-philosophe.
– Seigneur, pourquoi m’accabler de douleurs ?
Et qu’ai-je fait pour mériter vos châtiments ? –
D’où te vient cette idée, cher Omar, qu’on a ce qu’on mérite ?
Pour le coup, telle erreur mérite un châtiment.

(Norge)

Poème découvert chez Laboucheaoreille ici

 

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Elle est Notre Dame universellement (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Mermet  Marie

Hommage aux anges
[37]

Ceci est un symbole de beauté (poursuis-tu),
elle est Notre Dame universellement,

je la vois comme tu la projettes,
pas du tout déplacée

flanquée de colonnes corinthiennes,
ou dans une nef copte,

ou figée au-dessus de la porte centrale
d’une cathédrale gothique ;

tu t’es montré généreux envers elle
(pour répéter ta propre expression),

tu l’as sculptée haute et on ne peut s’y tromper,
une figure hiératique, la Déesse voilée,

que ce soit des sept délices,
que ce soit des sept fers de lance.

[38]

Oh oui — tu comprends, dis-je,
tout cela est des plus satisfaisants,

mais elle n’était pas hiératique, elle n’était pas figée,
elle n’était pas de grande taille ;

elle est la Vestale
de l’époque de Numa,

elle transporte le culte
de la Bona Dea,

elle porte un livre mais ce n’est pas
le tome de la sagesse ancienne,

les pages, j’imagine, en sont les pages blanches
du volume non écrit de la nouvelle sagesse ;

tout ce que tu dis, est implicite,
tout cela et bien davantage ;

mais elle n’est pas enfermée dans une grotte
comme une Sibylle ; elle n’est pas

emprisonnée dans les barreaux de plomb
d’une vitre colorée ;

elle est Psyché, le papillon,
sortie du cocon.

[39]

Mais plus proche de l’Ange Gardien
ou bon Démon,

elle est le verso de la médaille
de la terreur primitive ;

elle est non-peur, elle est non-guerre,
mais elle n’est pas une figure symbolique

de paix, charité, chasteté, bonté,
foi, espoir, récompense ;

elle n’est pas Justice aux yeux
bandés comme ceux de l’Amour ;

je t’accorde la pureté symbolique de la colombe,
je t’accorde que son visage était innocent

et immaculé et ses voiles
tels ceux de l’Épouse de l’Agneau,

mais l’Agneau n’était pas avec elle,
ni futur Époux ni Enfant ;

son attention est pleine et entière,
nous sommes son époux et agneau ;

son livre est notre livre ; écrit
ou non écrit, ses pages révéleront

une histoire de Pêcheur,
une histoire de jarre ou de jarres,

les mêmes — différents — les mêmes attributs,
différents et pourtant les mêmes qu’auparavant.

***

This is a symbol of beauty (you continue),
she is Our Lady universally,

I see her as you project her,
not out of place

flanked by Corinthian capitals,
or in a Coptic nave,

or frozen above the centre door
of a Gothic cathedral ;

you have done very well by her
(to repeat your own phrase),

you have carved her tall and unmistakable,
a hieratic figure, the veiled Goddess,

whether of the seven delights,
whether of the seven spear-points.

O yes—you understand, I say,
this is all most satisfactory,

but she wasn’t hieratic, she wasn’t frozen,
she wasn’t very tall;

she is the Vestal
from the days of Numa,

she carries over the cult
of the Bona Dea,

she carries a book but it is not
the tome of the ancient wisdom,

the pages, I imagine, are the blank pages
of the unwritten volume of the new;

all you say, is implicit,
all that and much more;

but she is not shut up in a cave
like a Sibyl; she is not

imprisoned in leaden bars
in a coloured window;

she is Psyche, the butterfly,
out of the cocoon.

But nearer than Guardian Angel
or good Daemon,

she is the counter-coin-side
of primitive terror;

she is not-fear, she is not-war,
but she is no symbolic figure

of peace, charity, chastity, goodness,
faith, hope, reward;

she is not Justice with eyes
blindfolded like Love’s;

I grant you the dove’s symbolic purity,
I grant you her face was innocent

and immaculate and her veils
like the Lamb’s Bride,

but the Lamb was not with her,
either as Bridegroom or Child;

her attention is undivided,
we are her bridegroom and lamb;

her book is our book; written
or unwritten, its pages will reveal

a tale of a Fisherman,
a tale of a jar or jars,

the same—different—the same attributes,
different yet the same as before.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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La paix n’est pas l’absence de guerre (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
La paix n’est pas l’absence de guerre,
c’est une vertu, un état d’esprit,
une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.

(Baruch Spinoza)

 

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C’est quelque chose de lumineux (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Victor Brauner e4ec2a5 [800x600]

C’est quelque chose de lumineux, de doux, que je veux vous annoncer,
A vous tous, hommes d’aujourd’hui et de demain.
C’est pour cela qu’une fois encore j’ai pris les instruments du poète
Car c’est au poète de dire la justice de l’avenir.

Il vient un temps nouveau. Voilà ce dont
Quelques-uns seulement ont eu vent. On eût dit une voile
Qui apparaissait loin au-dessus de l’océan. Un navire
Chargé de tout ce qui manquait aux hommes: du pain et une grande bonté, un grand amour.

Cette joie de cœur de battre non pas pour lui
Mais pour le corps et l’esprit tout entier. Cette joie
Du poète d’écrire non pas pour lui mais pour une foule généreuse,
Cette joie de l’homme de retrouver ses semblables,

Voilà donc ce que je veux vous annoncer:
Le ciel, le printemps, les vacances dont on parlait dans les anciens
Poèmes, seront pour tous dorénavant. Et la beauté,
L’espérance, rendues aux hommes comme la vue aux aveugles.

(Ilarie Voronca)

 Illustration: Victor Brauner

 

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Entre les nuages (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018




    
Entre les nuages
la pleine lune
court derrière
nos rêves qui réclament justice

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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