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Nuit passée dans un kiosque de montagne (Jia Dao)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Illustration: Shen Zhou
    
Nuit passée dans un kiosque de montagne

Son oreiller : une pierre ramassée dans le ruisseau
L’eau du puits rejoint l’étang sous les bambous
Voyageur de passage, sans sommeil, à minuit
Seul il entend l’arrivée de la pluie de montagne

(Jia Dao)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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CHEVAUX DE BOIS CHEVAUX DE MON ENFANCE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
CHEVAUX DE BOIS
CHEVAUX DE MON ENFANCE

Chevaux de bois, bêtes d’apocalypse,
Sommeils d’enfants, calèches de velours,
Tournez pour nous dans les fêtes foraines,
A mi-chemin de la terre et du ciel.

Pistons crevés, hurlantes limonaires,
Cacophonie haletante d’enfer,
Kiosque braillant de cris et de lumières
Combien plus beau que le chemin de fer !

Virez, chevaux couronnés de visages,
De convoitise et de rires envieux,
Ménagerie des illusions sans âge :
Coqs et cochons, girafes, éléphants.

Nous, pour vous voir, nous venions des villages
La tête rase et les yeux grands ouverts,
Chevaux tout droits cabrés dans la fanfare
Montant, baissant comme la houle en mer.

Coeurs fracassés sous la lune des filles,
Sous le tonnerre ambroisien des tambours.
Le soir venait, lent, chaussé d’espadrilles,
La nuit s’ouvrait sur les champs de velours.

(Maurice Fombeure)

 

 

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Pu-sa-man (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Illustration   
    
Pu-sa-man

Ruban d’arbres, tissé de brumes diffuses
Ceinture de montagnes à l’émeraude nostalgie
Le soir pénètre le pavillon :
Quelqu’un s’attriste, là-haut

Vaine attente sur le perron
Les oiseaux se hâtent au retour
Est-il donc voie de retour pour les humains ?
Tant de kiosques le long des routes, de loin en loin

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Extrême-Orient (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




    
Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau,
Sans savoir où, très lentement. – O charme rare,
Que donne un inconnu fluide où l’on s’égare !…
Par instants, j’arrêtais quelque frêle rameau.

Et je restais, bercé sur un flot d’indolence,
A respirer ton âme, ô beau soir de silence…
Car j’ai l’amour subtil du crépuscule fin ;

L’eau musicale et triste est la soeur de mon rêve
Ma tasse est diaphane, et je porte, sans fin,
Un coeur mélancolique où la lune se lève.

II

La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J’ignore l’heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans 1’Ile d’Émail ma fantaisie est reine.

Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n’y touche jamais qu’avec un soin profond ;
Et l’azur fin, qu’exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.

J’habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J’y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d’or parmi les paysages bleus ;

Et, poète royal en robe vermillon,
Autour de l’éventail fleuri qui l’a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Albert Samain)

 

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OISEAUX DU MATIN (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



pie

OISEAUX DU MATIN

Je réveille la voiture
au pare-brise saupoudré de farine.
Je revêts mes lunettes de soleil.
Le chant des oiseaux s’obscurcit.

Tandis qu’un autre homme achète un journal
au kiosque de la gare
non loin d’un grand wagon de marchandises
entièrement rougi par la rouille
et qui scintille au soleil.

Pas de vides nulle part ici.

À travers la tiédeur printanière, un corridor glacial
où quelqu’un vient à grands pas
nous dire qu’on le diffame
même en plus haut lieu.

Par une porte dérobée dans le paysage
la pie arrive
noire et blanche. Oiseau de Hel.
Et le merle qui s’agite de-ci, de-là

jusqu’à charbonner tout le dessin,
à part ces habits blancs sur une corde à linge :
un choeur de Palestrina.

Pas de vides nulle part ici.

Merveille que de sentir mon poème qui grandit
alors que je rétrécis.
Il grandit, il prend ma place.
Il m’évince.
Il me jette hors du nid.
Le poème est fini.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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