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TOMBES DE SOLDATS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



TOMBES DE SOLDATS

Près des tombes vertes de lierre
Des soldats tués à la guerre,
Des enfants jouent au cimetière.

Des enfants aux sabres de bois
Jouent naïvement aux soldats
Et font les morts couchés en tas.

Sans un regard pour ces guerriers,
Des moutons broutent dans le pré
Comme toujours ils ont brouté.

L’heure sonne, lente à la tour.
Un chien aboie dans une cour.
Un paysan, au loin, laboure.

(Maurice Carême)

Illustration: Jules Jacques Veyrassat

 

 

 

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En attendant une femme près d’une statue de femme (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



En attendant une femme près d’une statue de femme

Je rêve d’une femme, ah, qu’elle est sensuelle!
Brûlantes, ses si belles mains
Labourent mes cheveux et me soudent contre elle.

Femme à la peau qui luit dans le jour en déclin
Comme cette autre: la statue,
Que la lune salue de son rayon si fin.

Sa lèvre veut s’offrir comme celle, ingénue,
De pierre… offrant à la lueur,
A la lune en émoi, sa belle forme nue.

Sainte et lointaine femme au baiser enchanteur!
Sainte bouche enflammant ma bouche
Et s’y collant comme une pieuvre avec fureur!

Son parfum flotte, épais, m’étouffe sur sa couche,
Et mon cœur tremble en l’adorant
Tel un palmier haut et touffu que le vent touche.

Je montre la statue. Elle se met devant.
0 toi, statue incandescente,
Tu changerais la lune en un baiser fervent.

Près de toi, j’imagine une femme vivante.
Que la statue est froide! Oui, mais…
Ses seins luisants et fiers, dans ma bouche béante…

Amplement, je les mets.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Masqué (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Masqué

La forêt grogne
assiège la maison.

Pour t’affoler, enfant,
ton chien s’est déguisé en loup,
il porte un masque
des gants de fer
mais sous ses gants
les griffes crissent
et sous le masque
les crocs luisent de vraie fureur.

Et le voici dehors, qui laboure le seuil,
mord le vent,
hurle à la lune.

Sois vigilant,
ferme la porte,
pousse bien le verrou,
garde ta main du père.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le chat dans le champ (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018


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Le champ fraîchement labouré ressemble à
un gâteau au chocolat.
Le chat se roule et se roule dans la tendresse
de la terre – jusqu’à l’ivresse.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Syntaxe (Danièle Faugeras)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



    
Syntaxe

qui nous laboure comme il faut
pour semer.

Graine de clarté.

Poème.

(Danièle Faugeras)

 

Recueil: Quelque chose n’est / cing grands poèmes pour voir
Traduction:
Editions: Les Lieux dits

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Ah soudain la peur (Edouard Glissant)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Ah soudain
la peur d’être deux
dans la beauté.

L’éclair de toi la chevelure des neiges
l’éclair de moi et amour entrelacés.
Toi serpente et labourée.
Moi, écume de tes pas.

(Edouard Glissant)

 

Recueil: Le sel noir
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’été nocturne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
L’été nocturne

Dans les herbages jaunes de cet été
Te souviens-tu, nocturne était notre tristesse
Cet été-là, au baiser de la boue
Au chant furieux mêlé au rien
A ces palais de feuilles tombées irrévélées

Et c’est là que ta voix se posait, tremblant
Sous mille fleurs conquises des arbres éternels

S’émeuvent autour de toi ces fleurs qu’on dit sans nom
Mais les fleurs ont un nom mais ta voix s’y absente
Ces fleuves labourés de barques qui s’achèvent
Perdues merveilleusement sur l’écume étagée

Des accords se poursuivent en leur exil noir
Sur ces eaux si amères où je parle en ton nom.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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CIELS TRISTESSES DU MATIN (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CIELS TRISTESSES DU MATIN
A Claude Arrieu,

Les dimanches matins
Les cloches cathédrales
Étonnent et labourent
La mer fraîche du ciel.

Altérées, de guingois,
Plus basses que l’aurore
S’effacent les étoiles,
Solitudes sans fond.

Et sur les villes grises
S’écrasent les fumées;
Les ennuis nous assiègent
Comme pluies de fourmis.

Tous les cris de la vie
Coulent dans les fontaines;
Les bocages de pierre
Ne cachent point d’oiseaux.

Mais l’agile lumière
Qui tremble sur les eaux,
A la pointe des aigles,
Rit à notre destin.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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La pluie d’hier (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018




    
La pluie d’hier n’est pas encor sèche
Et l’herbe est toujours une eau verte !
Champs labourés et laissés, tristes,
L’arroche se flétrit, se flétrit.

Je rôde par les rues et les flaques;
Jour d’automne craintif et sauvage.
Dans chaque visage rencontré,
Je voudrais saisir ta chère image.

Tu regardes de vagues contrées,
Plus énigmatiques et plus belles.
Pour toi seulement notre bonheur,
Mon amitié te reste fidèle.

Que par la volonté de Dieu
La mort vienne fermer tes yeux :
Telle une ombre dans un champ pur,
Je vous suivrai, je te le jure.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Puisque nous venons du silence (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Puisque nous venons du silence
nous devons retourner
labourer le silence d’un autre monde.

Un jour il faut cesser de demander
à la parole ce qu’elle ne sait.
Alors l’ange approche à nouveau
un murmure se fait entendre
qui ouvre les ailes de chaque chose.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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