Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘laboureur’

Le laboureur du soleil (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Le laboureur du soleil

J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque

Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues

Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres

Triste
était l’enfant
qui avait faim

Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur

J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain

(Tahar Bekri)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

le laboureur (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018




    
Carré SATOR 

le laboureur à sa charrue dirige les travaux

***

SATOR
AREPO
TENET
OPERA
ROTAS

(Anonyme)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Labourage (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018




Des anges porteurs de glaive,
J’en vois de toute couleur,
Mais je n’aperçois qu’en rêve
Le bon ange laboureur.

On a besoin de main-d’oeuvre
Et l’on pourrait se passer
D’un bélître emplumassé
Ou d’un tueur de couleuvre.

Demi-tour, anges sabreurs,
Retournez d’où vous venez
Dire au ciel de nous donner
De l’ange, mais laboureur.

(Norge)


Illustration: Luc Olivier Merson

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EN ALLANT A TCHI-LI (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

EN ALLANT A TCHI-LI
Tin-Tun-Ling

Je me suis assis au bord de la route, sur un arbre renversé,
et j’ai regardé la route qui continuait à s’en aller vers Tchi-Li.
Ce matin, le satin bleu de mes souliers brillait comme de l’acier,
et l’on pouvait suivre le dessin des broderies noires.
Maintenant mes souliers sont cachés sous la poussière.
Quand je suis parti, le soleil riait dans le ciel,
les papillons voltigeaient autour de moi,
et je comptais les marguerites blanches répandues dans l’herbe,
comme des poignées de perles.

Maintenant c’est le soir, et il n’y a plus de marguerites.
Les hirondelles glissent rapidement à mes pieds,
les corbeaux s’appellent pour se coucher,
et je vois des laboureurs, leur natte roulée autour de la tête,
regagner les prochains villages.

Mais moi j’ai encore une longue route à parcourir.
Avant d’arriver à Tchi-Li, je veux composer une pièce de vers,
une pièce de vers triste comme mon esprit sans compagnon,
Et dans un rythme difficile, dans un rythme très difficile,
afin que la route d’ici à Tchi-Li me paraisse trop courte.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les regrets (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Carry Akroyd river-landscape

Les regrets

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s’enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s’envole
Et les amis que j’ai perdus !

Campagne d’Arpajon ! solitude riante
Où l’Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j’ai quitté ta retraite fleurie,
Que d’orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l’éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu’elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D’une tremblante main, j’écrirai dans ces lieux
 » C’est ici que je fus heureux !  »

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j’ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu’un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu’ai-je rapporté ?
L’empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L’illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu’elle m’a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d’errer sur des flots inconstants,
Que n’ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L’un garde les troupeaux ; l’autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n’a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l’homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu’il possède
Et jaloux de ce qu’il n’a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d’habitude
Quand on ne peut changer son coeur ?

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Carry Akroyd

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

Albert Lichten (31) [1280x768]

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :
J’en serai laboureur, vous dame et gardienne.
Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,
Afin que son honneur soit commun à nous deux.

Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux
Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,
Mes yeux l’arroseront et seront sa fontaine
Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux.

Vous y verrez mêlés mille beautés écloses,
Soucis, oeillets et lys, sans épines les roses,
Ancolie et pensée, et pourrez y choisir

Fruits sucrés de durée, après des fleurs d’attente,
Et puis nous partirons à votre choix la rente :
A moi toute la peine, et à vous le plaisir.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Illustration: Albert Lichten

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PROIES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



    

LES PROIES

Les villages de schiste sombre et froid
laissent courir aussi des filles aux lèvres peintes
et souvent le poing des vieux laboureurs s’écrase
sur la table de l’unique bistrot
élargissant d’un coup l’espace de l’attente
où la lumière se rassemble, frileuse
et comme prise au piège d’une lampe
mais il est midi à peine et dans la rue
un chat guette une proie que personne ne voit

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TRISTESSE DU LABOUREUR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018




    
TRISTESSE DU LABOUREUR
Sou-Tong-Po

La neige est descendue légèrement sur la terre,
comme une nuée de papillons.

Le laboureur a posé sa bêche,
et il lui semble que des fils invisibles serrent son cœur.

Il est triste, car la terre était son amie,
et lorsqu’il se penchait sur elle, pour lui confier la graine pleine d’espérance,
il lui donnait aussi ses pensées secrètes.

Et plus tard, lorsque la graine avait germé,
il retrouvait ses pensées, tout en fleur.

Et, maintenant, la terre se cache,
sous un voile de neige.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE LABOUREUR ET SES ENFANTS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
LE LABOUREUR ET SES ENFANTS

Pas de trésor caché dedans
Pas plus que dans mon poing qui meurt
De source claire
Rien sur le dos ni sous la paume de la terre
Rien à gratter sur l’oeuf en plâtre de la terre
Plus de petits poussins tremblants dans les sentiers
Plus de femme en peignoir à fleurs sur le palier
Plus de foule au balcon pour voir passer la foule
Plus de mousse qui perle et de pierre qui roule
Plus de chalands à quai
Plus de lustres au plafond
Plus de zéro de conduite et de leçons
Plus rien qui vaille encor la peine de distraire
Ce temps de nous
A la veille de la misère.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour ressemble un champ (Marguerite de France)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



    
L’amour ressemble un champ, le laboureur l’amant;
L’un et l’autre présume, à la fin de l’année,
Selon qu’elle sera mauvaise ou fortunée,
Moissonner le chardon, la paille ou le froment.

La paille est la douceur d’un vain contentement,
Mais le vent la dérobe aussitôt qu’elle est née;
Le chardon la rigueur d’une Dame obstinée;
Et la grâce est le grain qu’on recueille en l’aimant.

L’amant ne peut gagner, pour service qu’il fasse,
Un point d’honneur plus haut qu’être en la bonne grâce
D’une Dame accomplie, objet de sa langueur.

La grâce vient du coeur, et toute autre espérance
S’éloigne du devoir d’honnête récompense.
Que désire-t-on plus en amour que le coeur?

(Marguerite de France)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :