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Poésie

Posts Tagged ‘lac’

Il neige — sur le lac (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Nicole Beauvallet jpg [1280x768]

Il neige — sur le lac,
Sur les branches des ormes,
Sur la neige de printemps.

***

Snowing on the lake,
Snowing on the limbs of elms,
Snowing on spring snow.

(Richard Wright)

Illustration: Nicole Beauvallet

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Viens écouter la glace (Ozawa Minoru)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



Viens écouter
la glace
qui se craquelle sur le lac

(Ozawa Minoru)

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LAC OHRID (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration

    

LAC OHRID

Vinrent les barbares au nombril du monde,
quoique le monde ait plusieurs nombrils.

Ils prirent possession des eaux plissées
et érigèrent en prophétie ce qu’ils désiraient entendre d’eux-mêmes.

Ils tracèrent des frontières sur l’eau, comme si l’eau
pouvait être divisée. Le lac resta insaisissable.

Le Soleil comme un oeil ivre dansa sur les ondes
devant les barbares et le nombril de leur monde.

Il y eut alors une blancheur plus blanche que le blanc.
Et tous les arbres de la rive regardèrent cette lumière.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Peintures noires de Goya (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Francisco Goya
    

Peintures noires de Goya

Noir
plus noir que noir
pupille de la peur

Génie
dans le feu sombre
danse
son ombre

Aimé par les démons
sans pitié

Chant sauvage
du cygne noir
sur le lac du sabbat des sorcières

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Qu’est-il besoin de mots, quand l’amour a fait le coeur ivre ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    

Qu’est-il besoin de mots,
quand l’amour a fait le coeur ivre ?

J’ai refermé mon manteau sur Le diamant;
pourquoi de nouveau l’ouvrirai-je ?

Le plateau de la balance montait tant que sa charge était légère :
à présent que le voici plein qu’ai-je besoin de vérifier la pesée ?

Le cygne a pris son vol vers les lacs par au-delà de la montagne ;
qu’importent pour lui désormais les bassins et les douves ?
C’est en toi que vit ton Seigneur;
tes paupières de chair pourront bien se fermer.

« Mon frère, écoute ! Mon Seigneur,
qui ravit mes yeux, s’est uni lui-même avec moi »
dit Kabîr.

***

Where is the need of words,
when love has made drunken the heart ?

I have wrapped the diamond in my cloak;
why open it again and again?

When its load was light, the pan of the balance went up :
now it is full, where is the need for weighing?

The swan has taken its flight to the lake beyond the mountains;
why should it search for the pools and ditches any more ?
Your Lord dwells within you : why need your outward eyes be opened?

Kabîr says : « Listen, my brother! my Lord,
who ravishes my eyes, has united Himself with me. »

(Kabîr)

 

 

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D’une main (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
D’une main je caresse l’écorce d’un arbre
de l’autre
j’écris sur l’eau du petit lac citadin
dont les ondulations portent
jusqu’à l’homme en face
les mots suaves de l’aubier.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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C’est dans des chambres (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




C’est dans des chambres à commodes bombées,
à crucifix de bois noir,
à albums de photographies reliés de cuir de couleur vieux vin
que les pères ont pu tordre les poignets
de leurs filles, ou des oncles ceux de leurs nièces;
ces femmes étant en crinoline soufre
et leurs amoureux en redingotes couleur feu d’enfer.
Sous des gravures représentant l’Ombrie,
les lacs suisses ou les Etats du Pape,
elles tombaient à genoux, le visage blanc,
et sur leurs bustes éclatants, dans la pénombre,
plus éclatants encore des esclavages d’or.

(Jean Follain)

Illustration: Albert von Keller

 

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Où est l’utilité des mots (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

Illustration

    

Où est l’utilité des mots puisque l’amour a enivré mon coeur ?
J’ai enveloppé le diamant dans mon manteau :
pourquoi le découvrir à tous moments ?

Quand le plateau de la balance était léger, il montait;
à présent qu’il est chargé à quoi bon peser sur lui.

Le cygne a pris son vol jusqu’au lac qui est là-bas derrière les montagnes ;
pourquoi rechercherait-il les mares et les fossés ?

Ton Seigneur est en toi;
pourquoi tes yeux s’ouvriraient-ils sur le monde extérieur ?
Kabîr dit : « Écoute mon frère !
mon Seigneur m’a ravi et m’a uni à Lui. »

(Kabîr)

 

 

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La Venoge (Jean Villard-Gilles)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017




    
On a un bien joli canton :
des veaux, des vaches, des moutons,
du chamois, du brochet, du cygne ;
des lacs, des vergers, des forêts,
même un glacier, aux Diablerets ;
du tabac, du blé, de la vigne,
mais jaloux, un bon Genevois
m’a dit, d’un petit air narquois :
– Permettez qu’on vous interroge :
Où sont vos fleuves, franchement ?
Il oubliait tout simplement
la Venoge !

Un fleuve ? En tout cas, c’est de l’eau
qui coule à un joli niveau.
Bien sûr, c’est pas le fleuve Jaune
mais c’est à nous, c’est tout vaudois,
tandis que ces bons Genevois
n’ont qu’un tout petit bout du Rhône.
C’est comme : «Il est à nous le Rhin !»
ce chant d’un peuple souverain,
c’est tout faux ! car le Rhin déloge,
il file en France, aux Pays-Bas,
tandis qu’elle, elle reste là,
la Venoge !

Faut un rude effort entre nous
pour la suivre de bout en bout ;
tout de suite on se décourage,
car, au lieu de prendre au plus court,
elle fait de puissants détours,
loin des pintes, loin des villages.
Elle se plaît à traînasser,
à se gonfler, à s’élancer
– capricieuse comme une horloge –
elle offre même à ses badauds
des visions de Colorado !
la Venoge !

En plus modeste évidemment.
Elle offre aussi des coins charmants,
des replats, pour le pique-nique.
Et puis, la voilà tout à coup
qui se met à fair’ des remous
comme une folle entre deux criques,
rapport aux truites qu’un pêcheur
guette, attentif, dans la chaleur,
d’un œil noir comme un œil de doge.
Elle court avec des frissons.
Ça la chatouille, ces poissons,
la Venoge !

Elle est née au pied du Jura,
mais, en passant par La Sarraz,
elle a su, battant la campagne,
qu’un rien de plus, cré nom de sort !
elle était sur le versant nord !
grand départ pour les Allemagnes !
Elle a compris ! Elle a eu peur !
Quand elle a vu l’Orbe, sa sœur
– elle était aux premières loges –
filer tout droit sur Yverdon
vers Olten, elle a dit : «Pardon !»
la Venoge !

«Le Nord, c’est un peu froid pour moi.
J’aime mieux mon soleil vaudois
et puis, entre nous : je fréquente !»
La voilà qui prend son élan
en se tortillant joliment,
il n’y a qu’à suivre la pente,
mais la route est longue, elle a chaud.
Quand elle arrive, elle est en eau
– face aux pays des Allobroges –
pour se fondre amoureusement
entre les bras du bleu Léman,
la Venoge !

Pour conclure, il est évident
qu’elle est vaudoise cent pour cent !
Tranquille et pas bien décidée.
Elle tient le juste milieu,
elle dit : «Qui ne peut ne peut !»
mais elle fait à son idée.
Et certains, mettant dans leur vin
de l’eau, elle regrette bien
– c’est, ma foi, tout à son éloge –
que ce bon vieux canton de Vaud
n’ait pas mis du vin dans son eau…
la Venoge !

(Jean Villard-Gilles)

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J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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