Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lac’

Désir (Chryssa Nikolakis)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Herbert James Draper
    
Désir

Je te veux comme un ange déchu
ayant atteint son Ciel
et ayant bu à la source de cristal.
Je te veux ainsi qu’une fleur
qui a découvert la fontaine de Castalie
dans un désert d’Israël.
Je te veux semblable à un lac
qui aspire à son évasion,
à l’océan limpide
pour s’y unir avec moi.

J’aimerais pouvoir être le vent léger
sur tes lèvres
pour recevoir le baiser de ton eau
mais ta coupe est trop petite,
comment peut-elle me désaltérer ?

***

ΠΟΘΟΣ
Σε θέλω
σαν έκπτωτος άγγελος
που έφτασε στον Παράδεισο
κι ήπιε από πηγή καθάρια.
Σε θέλω
σαν λουλούδι
στην Ιουδαία έρημο
που βρήκε την Κασταλία Πηγή.
Σε θέλω
σαν λίμνη που αποζητά το αταξίδευτο
Ωκεανός να γίνει ν’ αποδράσει.
Σε θέλω
άνεμος γίνομαι στα χείλη σου
φιλί να με κεράσεις
μα είναι το λαγήνι σου μικρό
και πώς θα με χορτάσεις;

***

***

LONGING

I want you like a fallen angel
who reached his Heaven
and drank water from the crystal spring.
I want you like a flower
that discovered the Castalian Spring
in a Jewish desert.
I want you like a lake
that yearns for its escape
to the untraveled ocean
in which to merge.

I wish I could become
light wind upon your lips
to get the kiss of your water.
But your pitcher is too small
how can it quench me?

***

***

***

***

DESIDERANDO

Ti voglio come un angelo caduto
che ha raggiunto il suo paradiso
e bevuto acqua da una fonte di cristallo.
Ti voglio come un fiore
che ha scoperto la Fonte Castalia
in un deserto ebreo.
Ti voglio come un lago
che ha trovato la sua via di fuga
verso un oceano incontaminato
nel quale fondersi.

Vorrei poter diventare
un vento leggero sulle tue labbra
per essere baciato dalla tua acqua.
Ma la tua brocca è troppo piccola
– come potrai dissetarmi?

***

DESEJO

Desejo-te como um anjo caído
que alcançou o seu Céu
e bebeu a água do manancial cristalino.
Desejo-te como uma flor
que descubriu a fonte de Castália
num deserto judeu.
Desejo-te como um lago
anseia a sua fuga
ao oceano original,
para misturar-se com ele.

Quisera ser o vento suave
sobre os teus lábios
para receber de tua água o beijo
mas tua jarra é demasiado pequena
como poderia me refrescar?

***

DESEO

Te deseo como un ángel caído
que llegó a su Cielo
y bebió el agua del manantial cristalino.
Te deseo como una flor
que descubrió la fuente de Castalia
en un desierto judío.
Te deseo como un lago
que anhela su fuga
al océano prístino,
para mezclarse con él.

Quisiera ser el suave viento
sobre tus labios
para recibir de tu agua el beso
pero tu jarra es demasiado pequeña
¿cómo podría refrescarme?

***

DORINȚĂ

Te ador, ești îngerul căzut
și înălțat la ceruri,
bând apa cristalină.
Te ador ca floarea care află
izvorul de cleștar castilian
din al evreilor deșert.
Te ador ca lacul ce visează
să-și afle albia ce duce
spre-ntinsul ocean,
spre împreunare.

Aș vrea să fiu eu boare
ce buzele-ți alină
și apa ți-o sărută,
– dar nu-i prea mic potirul,
pentru a mă sătura?

***

***

VERLANGEN

Ich will dich als ein gefallener Engel
der seinen Himmel erreichte
und aus der kristallklaren Quelle Wasser trank
Ich will dich wie eine Blume.
die die Kastalische Quelle entdeckte
in einer jüdischen Wüste.
Ich will dich als einen See.
der sich sehnt nach seinem Auslauf
nach dem unberührten Ozean,
um sich mit ihm zu vereinigen.

Ich wünschte ich würde sanfter Wind
auf deinen Lippen
damit dein Wasser mich küsse,
aber dein Krug ist zu klein,
wie kann er mich laben?

***

VERLANGEN

Ik wil je als een gevallen engel
die zijn Hemel bereikte
en water dronk uit de kristalheldere bron.
Ik wil je als een bloem
die de Castalische bron ontdekte
in een joodse woestijn.
Ik wil je als een meer
dat hunkert naar zijn ontsnapping,
naar de ongerepte oceaan,
om er mij mee te vermengen.

Ik wou dat ik de lichte wind
op jouw lippen kon zijn
om van jouw water de kus te krijgen
maar jouw kruik is te klein,
hoe kan hij me laven?

(Chryssa Nikolakis)

 

Recueil: ITHACA 608
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Grec / Indi Jyotirmaya Thakur / Anglais Manolis Aligizakis – Stanley Barkan/ Népalais Keshab Sigdel / Arabe Hope Bouchareb / Chinois Zhou Dao Mo / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Hébreu Dorit Wiseman / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Germain Droogenbroodt /
Editions: POINT

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C’est de la poésie (Jean Marcenac)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Ce n’est pas de moi
C’est de la poésie
C’est une statue d’eau dans un lac
De flammes dans le feu
Et d’ombre dans la nuit.

(Jean Marcenac)

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Toutes mes blessures légères ou profondes sont des portes, où s’engouffre le monde (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Il y a là sous la chair
entre les os fragiles
et les réseaux habiles
dans une profondeur
que les mots seuls éclairent
un lac sombre, un monde qui scintille,
d’homme en homme à la file
un fond de vies où j’erre,
où je plonge une et reviens mille

(Carole Zalberg)

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Une pensée est sur la mienne (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Une pensée
est sur la mienne
comme le ciel sur un lac

ma pensée
est dans une autre
comme un lac

dans la main des montagnes

(Werner Lambersy)


Illustration: René Magritte

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La vérité (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



Ráed Al-Rawi Fishing

 

La vérité n’a pas besoin d’erreur
pour s’approcher d’elle-même
mais l’homme a besoin d’erreur pour
s’approcher de la vérité

La raison d’exister de la vérité est le souvenir
de l’erreur qui est la raison de l’être

Nous sommes les enfants du moment
c’est-à-dire dans le présent
de ce qui ne peut se nommer
au delà du langage
sans lendemain ni hier

Il y a un présent du passé
et un présent de l’avenir
et un présent du présent

Si la vérité accepte l’erreur
l’erreur doit accepter la vérité
Nous déchirons les miroirs
toujours en deux
même quand nous nous regardons

La vérité est celle du pêcheur
qui ne pêche que le lac
L’erreur est le poisson
qui lui ressemble
ou le noeud qu’il fait avec son fil

(Serge Pey)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Mille chemins, un seul but (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020




    

Mille chemins, un seul but

Le chasseur songe dans les bois
À des beautés sur l’herbe assises,
Et dans l’ombre il croit voir parfois
Danser des formes indécises.

Le soldat pense à ses destins
Tout en veillant sur les empires,
Et dans ses souvenirs lointains
Entrevoit de vagues sourires.

Le pâtre attend sous le ciel bleu
L’heure où son étoile paisible
Va s’épanouir, fleur de feu,
Au bout d’une tige invisible.

Regarde-les, regarde encor
Comme la vierge, fille d’Ève,
Jette en courant dans les blés d’or
Sa chanson qui contient son rêve !

Vois errer dans les champs en fleur,
Dos courbé, paupières baissées,
Le poète, cet oiseleur,
Qui cherche à prendre des pensées.

Vois sur la mer les matelots
Implorant la terre embaumée,
Lassés de l’écume des flots,
Et demandant une fumée !

Se rappelant quand le flot noir
Bat les flancs plaintifs du navire,
Les hameaux si joyeux le soir,
Les arbres pleins d’éclats de rire !

Vois le prêtre, priant pour tous,
Front pur qui sous nos fautes penche,
Songer dans le temple, à genoux
Sur les plis de sa robe blanche.

Vois s’élever sur les hauteurs
Tous ces grands penseurs que tu nommes,
Sombres esprit dominateurs,
Chênes dans la forêt des hommes.

Vois, couvant des yeux son trésor,
La mère contempler, ravie,
Son enfant, cœur sans ombre encor,
Vase que remplira la vie !

Tous, dans la joie ou dans l’affront,
Portent, sans nuage et sans tache,
Un mot qui rayonne à leur front,
Dans leur âme un mot qui se cache.

Selon les desseins du Seigneur,
Le mot qu’on voit pour tous varie ;
– L’un a : Gloire ! l’autre a : Bonheur !
L’un dit : Vertu ! l’autre : Patrie !

Le mot caché ne change pas.
Dans tous les cœurs toujours le même ;
Il y chante ou gémit tout bas ;
Et ce mot, c’est le mot suprême !

C’est le mot qui peut assoupir
L’ennui du front le plus morose !
C’est le mystérieux soupir
Qu’à toute heure fait toute chose !

C’est le mot d’où les autres mots
Sortent comme d’un tronc austère,
Et qui remplit de ses rameaux
Tous les langages de la terre !

C’est le verbe, obscur ou vermeil,
Qui luit dans le reflet des fleuves,
Dans le phare, dans le soleil,
Dans la sombre lampe des veuves !

Qui se mêle au bruit des roseaux,
Au tressaillement des colombes ;
Qui jase et rit dans les berceaux,
Et qu’on sent vivre au fond des tombes !

Qui fait éclore dans les bois
Les feuilles, les souffles, les ailes,
La clémence au cœur des grands rois,
Le sourire aux lèvres des belles !

C’est le nœud des prés et des eaux !
C’est le charme qui se compose
Du plus tendre cri des oiseaux,
Du plus doux parfum de la rose !

C’est l’hymne que le gouffre amer
Chante en poussant au port des voiles !
C’est le mystère de la mer,
Et c’est le secret des étoiles !

Ce mot, fondement éternel
De la seconde des deux Romes,
C’est Foi dans la langue du ciel,
Amour dans la langue des hommes !

Aimer, c’est avoir dans les mains
Un fil pour toutes les épreuves,
Un flambeau pour tous les chemins,
Une coupe pour tous les fleuves !

Aimer, c’est comprendre les cieux.
C’est mettre, qu’on dorme ou qu’on veille,
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille !

C’est se chauffer à ce qui bout !
C’est pencher son âme embaumée
Sur le côté divin de tout !
Ainsi, ma douce bien-aimée,

Tu mêles ton cœur et tes sens,
Dans la retraite où tu m’accueilles,
Aux dialogues ravissants
Des flots, des astres et des feuilles !

La vitre laisse voir le jour ;
Malgré nos brumes et nos doutes,
Ô mon ange ! à travers l’amour
Les vérités paraissent toutes !

L’homme et la femme, couple heureux,
À qui le cœur tient lieu d’apôtre,
Laissent voir le ciel derrière eux,
Et sont transparents l’un pour l’autre.

Ils ont en eux, comme un lac noir
Reflète un astre en son eau pure,
Du Dieu caché qu’on ne peut voir
Une lumineuse figure !

Aimons ! prions ! les bois sont verts,
L’été resplendit sur la mousse,
Les germes vivent entr’ouverts,
L’onde s’épanche et l’herbe pousse !

Que la foule, bien loin de nous
Suive ses routes insensées.
Aimons, et tombons à genoux,
Et laissons aller nos pensées !

L’amour, qu’il vienne tôt ou tard,
Prouve Dieu dans notre âme sombre.
Il faut bien un corps quelque part
Pour que le miroir ait une ombre.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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UN HOMME ATTEND L’AUBE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



 

Illustration: Christophe Saccard
    
UN HOMME ATTEND L’AUBE

Le livret militaire, le diplôme de docteur
Et quelques lyriques tourmentes.
Sur la colline,
Tranquille,
Le moulin à vent.
Le miroir du lac
S’assombrit dans le soir.
Sur une maison abandonnée
La chouette chuinte.
Les étoiles sont loin.
De la fraîcheur.
Il fait bon maintenant
Etre avec les siens
Autour de la table
Sous la lampe à pétrole.
Un chien aboie
Sur l’étranger qui passe.
Seul.
Les chemins vont dans les ténèbres.
Silence.
Des diamants — les étoiles —
Ecorchent le verre bleu de la nuit.
Déserte, la plaine.
Un mur inachevé.

Ruines. Odeur de ciguë.
Ici, dans les fondations,
Le maître-maçon
N’a pas emmuré son amour.
Demain
Sur les pierres chaudes, au soleil,
Sortiront les lézards.
Demain !
Soleil !
Ici il y a du feu dans l’âtre.
Sous les cendres, la braise.
Des vieilles ramures
Jaillit la flamme.
Le passé est une souche
Sur laquelle est assis un homme,
Le visage éclairé
Par la flambée.
Le visage éclairé,
Un homme
Attend l’aube.

(Mihai Beniuc)

 

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CHANSON D’AMOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: William-Adolphe Bouguereau
    
CHANSON D’AMOUR

Viens, toi, chanson d’amour,
Du coeur des éléments,
Sur l’aile de l’orage,
Dans le hurlement des cyclones.
Viens des abîmes de la nuit,
A cheval sur les tourbillons,
Avec le bouillonnement des eaux profondes,
Que t’amènent les pâtres de l’air
En troupeaux d’étoiles
Aboyées par le tonnerre.
Viens,
Tourbillon de démons,
Chair des nuages
Fouettée par l’éclair,
Brisée sur l’échine des ténèbres.
Viens, taureau du crépuscule
Déchiré par la dent-faucille de la lune

Apparue aux gencives du ciel.
Viens,
Frémissement de l’aube,
Avec, sur la tête, la javelle d’or du soleil,
Réveille
Le nénuphar sur le lac,
La tourterelle dans son nid
La voix de
l’usine dans sa poitrine de métal,
La jeune fille dans les bras du sommeil,
Les ivrognes dans la lie du vin,
L’amoureuse dans
sa chair enlacée,
Les abeilles dans la chaleur de la ruche.
Viens sur mille sentiers,
Neige fondue,
Pluie mêlée au soleil,
Herbe folle écartelant la terre,
Feuille tombée,
Raisins au pressoir,
Balbutiement du moût dans les tonneaux,
Cristallise-toi d’un coup
Dans les mots murmurés par l’homme
A l’oreille de la bien-aimée,
Enveloppés dans un baiser,
A peine compris,
Frêles et chauds :
Je suis près de toi.

(Mihai Beniuc)

 

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JOURS QUI VIENDRONT (Pinelopi Ntountoulaki)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2020




    
JOURS QUI VIENDRONT

En un temps où les routes sont désertes
où les personnes qui sortent portent un masque chirurgical
vous verrez peut-être un héron tremper ses pattes dans le lac.
Merles, pigeons sauvages et moineaux volent en tous sens,
ils chantent,
ils partagent leur joie avec chaque âme.
Le gel fait place au soleil,
l’incertitude se mue en attente.
Et une pensée germe en vous: « C’est vrai,
nous sommes à l’aube de jours meilleurs ! »

***

EΟΙ ΜΕΡΕΣ ΠΟΥ ΕΡΧΟΝΤΑΙ

Τον καιρό που οι δρόμοι είναι άδειοι
και όσοι βγαίνουν έξω από το σπίτι
φορούν μάσκα χειρουργείου
μπορεί να τύχει να δεις ένα ερωδιό να βουτά τα πόδια του στη λίμνη.
Κοτσίφια, αγριοπερίστερα, σπουργίτια πετούν γύρω
τραγουδούν
μοιράζονται το τραγούδι τους με κάθε ψυχή.
Η παγωνιά παραχωρεί θέση στον ήλιο
η αβεβαιότητα μετουσιώνεται σε προσδοκία.
Τότε αρχίζεις να σκέφτεσαι: « Αληθινά,θα έρθουν καλύτερες μέρες! »

***

DAGEN DIE ZULLEN KOMEN

In een tijd waar de wegen leeg zijn
en mensen die naar buiten komen chirurgische maskers dragen
zie je misschien een reiger die zijn poten in het meer dompelt.
Merels, wilde duiven en mussen vliegen in het rond,
ze zingen,
ze delen hun vreugde met iedere ziel.
De vorst maakt plaats voor de zon,
onzekerheid verandert in verwachting.
En je begint dan te denken: « Het is waar,
betere dagen zijn op komst!”

***

***

DÍAS POR VENIR

En un tiempo con carreteras vacías
y gente saliendo con mascarilla quirúrgica
quizás veas una garza mojando sus pies en el lago.
Mirlos, palomas y gorriones vuelan alrededor
cantan
compartiendo su alegría con nosotros.
La helada da paso al sol,
la incertidumbre se vuelve expectativa.
Piensas entonces: « ¡Es verdad
que vendrán días mejores! ».

***

GELECEK GÜNLER

Yolların boş olduğu bir zamanda
ve dışarı çıkan insanlar ameliyat maskesi takar
Ayaklarını gölün içine sokan bir balıkçıl görebilirsiniz
Etrafında karatavuk, yabani güvercinler, serçeler uçar
Şarkı söylerler
Paylaşırlar sevinçlerini her ruhla
Don yerini Güneş’e verir
Bilinmezlik beklentiye dönüşür
Sonra düşünmeye başlarsın “Doğru ki, güzel günler gelecek”

***

DAYS TO COME

At a time when roads are empty
and people getting out wear a surgical mask
you may see a heron dipping his feet into the lake.
Blackbirds, wild pigeons, sparrows fly around
they sing
share their joy with every soul.
The frost gives way to the sun
uncertainty transforms into expectation.
Then you start thinking: »It’s true that better days shall come!

***

GIORNI A VENIRE

Un tempo, quando le strade erano deserte
e la gente usciva indossando mascherine
potevi vedere un airone con le zampe immerse nel lago.
Merli, colombi selvatici, passeri volano intorno
e cantano
per condividere la loro gioia con ogni anima.
Il gelo lascia il passo al sole
l’incertezza si trasforma in speranza.
Allora incominci a pensare:
 » veramente arrivano giorni migliori! »

***

DAGAR Í VÆNDUM

Á tímum þegar göturnar eru auðar
og fólk fer út með skurðstofugrímur
sérðu kannski hegra dýfa fæti í tjörnina.
Svartþrestir, villtar dúfur og spörvar fjúga um
syngjandi
segja hverri sál frá gleði sinni.
Frostið víkur fyrir sólinni
óvissa breytist í von.
Þá ferð þú að hugsa: „Það er satt að bráðum kemur betri tíð! »

***

***

***

JORNA C’HANNU A VENIRI

Di Pinelopi Ntountoulaki
A lu tempu quannu li strati su diserti
E la genti ca nesci si metti na maschira
Si pò vidiri quacchi airuni cu li pedí nta un lagu.
Corvi, picciuni sarvaggi, passunu ntall’aria
Cantanu
Spartennusi la gioia cu lu munnu.
Lu gielu duna postu a lu suli
Ii dubbii diventanu spiranzi
Poi ti veni di pinzari:
“È veru ca megghiu jorna hannu a rrivari”.

***

KOMMENDE TAGE

Zu einer Zeit, in der die Straßen leer sind
und Menschen, die ausgehen, eine chirurgische Maske
tragen,
siehst du vielleicht einen Reiher, der seine Füße in den See
taucht.
Amseln, wilde Tauben und Spatzen fliegen herum
sie singen,
sie teilen ihre Freude mit jeder Seele.
Der Frost weicht der Sonne,
Unsicherheit verwandelt sich in Erwartung.
Dann fängt man an zu denken: « Es ist wahr,
es kommen bessere Tage!

***

OS DIAS QUE VIRÃO

Num tempo em que as estradas estão vazias
e quem sai usa máscara cirúrgica
pode ser que vejas uma garça submergindo seus pés no lago.
Sabiás, pombas selvagens, pardais voam em volta e
cantam
compartilham sua alegria com cada alma.
A geada dá passagem ao sol,
a incerteza transforma-se em expectativa.
Começas, então, a pensar: “É verdade
que dias melhores virão!”

***

ZILE CARE VOR VENI

La vremea străzilor pustii,
cu trecători purtând măști medicale,
poate-ai să vezi un stârc trecându-și tălpile
prin apa vreunui lac și porumbei, mierle sau vrăbiuțe
ciripind în văzduh,
semănând voioșie în orișicare suflet.
Bruma va face-atunci loc soarelui
iar îndoiala, preschimbată în nădejde,
îți va îngădui un gând: „E cert, vin zilele mai bune.“

***

***

***

***

将来的日子

在道路空旷的时候
出门的人都戴着口罩
你也许看到一只鹭丝把脚伸进湖水。
黑鹂,野鸽,麻雀到处飞
他们唱歌
与每个灵魂分享它们的快乐。
霜冻让位给太阳
不确定性转化为期望。
你就开始想: “好点的日子真的会来! ”

***

DNI, KTÓRE NADEJDĄ

W czasie, gdy ulice są puste
a ludzie wychodząc z domu zakładają chirurgiczne maski
może się zdarzyć, że zobaczysz czaplę
zanurzającą nogi w jeziorze.
Wokół latają kosy, dzikie gołębie, wróble,
śpiewają,
dzielą się swoją radością z każdą duszą.
Mróz ustępuje miejsca słońcu,
niepewność zmienia się w oczekiwanie.
Wtedy zaczynasz myśleć: « To prawda, że nadejdą lepsze dni!

(Pinelopi Ntountoulaki)

 

Recueil: ITHACA 632
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Persan Sepideh Zamani / Espagnol Rafael Carcelén / Turc Serpil Devrim / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Islandais Thor Stefánsson / Hébreu Dorit Wiseman / Japonais Naoshi Koriyama / Sicilien Gaetano Cipolla / Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva / Arabe Sarah Silt / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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UNE LIBELLULE EST ARRIVÉE (William Zhou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020




    
UNE LIBELLULE EST ARRIVÉE

Au bord du lac
je jouissais de l’heure matinale

Soudain
une petite libellule s’approcha de moi,
se plaça sur mon épaule
pour s’y reposer,

et je devins pour elle
un arbre de printemps.

***

飞来一只蜻蜓

周道模
静立在湖边
我享受着清晨
突然
一只小蜻蜓飞来
栖息在我肩膀上
把我变成
一棵春天的树

***

A DRAGONFLY ARRIVED

Standing at the shore of a lake,
I enjoyed the early morning.

Suddenly
a small dragonfly arrived
and took a rest on my shoulder

turning me
into a spring tree.

***

EEN WATERJUFFER IS AANGEKOMEN

Aan de oever van het meer
genoot ik van de vroege ochtend
Plotseling
kwam een kleine waterjuffer naar mij toe,
zette zich op mijn schouder neer
om er op uit te rusten,
en ik werd voor haar
een lenteboom.

***

***

EINE LIBELLE IST GEKOMMEN

Am Ufer des Sees
genoss ich den frühen Morgen.
Plötzlich
kam eine kleine Libelle zu mir,
setzte sich auf meine Schulter
um dort auszuruhen
und verwandelte mich
in einen Frühlingsbaum.

***

ΛΙΒΕΛΟΥΛΑ

Στέκομαι στην όχθη της λίμνης
κι απολαμβάνω το εξαίσιο πρωινό
ξάφνου
μια μικρή λιβελούλα πετά
και κάθεται στον ώμο μου
μεταμορφώνοντας με
σ’ ανοιξιάτικο δέντρο

***

***

***

ARRIVÒ UNA LIBELLULA

Sulle rive di un lago,
godevo del primo mattino.

All’improvviso,
arrivò una piccolo libellula
a riposarsi sulla mia spalla

per trasformarmi
in un albero a primavera.

***

UNA LIBÉLULA LLEGÓ

De pie, a la orilla de un lago,
disfruté de la madrugada.

De repente,
una pequeña libélula llegó
y se posó en mi hombro

convirtiéndome
en un árbol de primavera.

***

PRZYFRUNĘŁA WAŻKA

Stojąc na brzegu jeziora,
cieszyłem się wczesnym porankiem.

Nagle,
przyfrunęła mała ważka
i spoczęła na moim ramieniu

zamieniając mnie
w wiosenne drzewo.

***

UMA LIBÉLULA CHEGOU

De pé, na margem de um lago
disfrutei da madrugada.

De repente,
uma pequena libélula chegou
e pousando no meu ombro

convertendo-me
na árvore da primavera.

***

A venit o libelulă
Stam la margine de lac
savurând zorii.
Deodată
o mică libelulă
mi-a poposit pe umăr
făcând din mine
un pom de primăvară.

***

(William Zhou)

 

Recueil: ITHACA 630
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache William Zhou / Chinois / Anglais Germain Droogenbroodt – William Zhou / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Arabe Sarah Silt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Indi Jyotirmaya Thakur / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Japonais Naoshi Koriyama / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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