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Poésie

Posts Tagged ‘lacéré’

À nouveau (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018



Illustration
    
À nouveau, les vétilles, les lacunes
et le saint tremblement du regard.
Tout s’émiette et l’on ramasse.
papiers lacérés, poussières, osselets.
S’éparpillent alors les mots
qu’on a dû abandonner.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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De la rencontre aléatoire (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



    

— De la rencontre aléatoire
des yeux et des corps,
des mouvements et des mots,
des heures et des sons,
dépend la découverte imprévue
des énigmes que le réel abrite,

S’imposent le refus des contraires évidents,
l’interruption brutale des mélodies sinueuses,
l’admiration des images blessantes,
la recherche cruelle de la douceur cachée,

Naît le privilège offert au coeur lacéré,
de l’adoration muette,
à l’âme de savoir
qu’elle n’est peut-être rien ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Il se souvient (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Il se souvient c’était la troisième saison
ses ambres ses roulis ses sillages
ces trouées d’horizon aspirant les feuillages
Les fougères du sang bruissant de traversées
et la chair irriguée de rivières d’images
il est entré dans le récitatif du temps
Ils mangeaient la poussière rouge
s’endormaient dans l’oeuf des cosmogonies
mais lui comment chercher le chemin de pollen
dans ce récit de brouissures
sans cesse lacéré d’oiseaux
où flotte avec le vent de l’ouest
comme une odeur de foin perdu

(Jacqueline Saint-Jean)

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UNE EXECUTION INTIME (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2015



 

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UNE EXECUTION INTIME

c’est un instant toujours émouvant
que celui où l’on se demande
certains matins
si l’on va pouvoir reconnaître la vie

si les choses ont gardé la même place
si les places ont gardé le même nom
et s’il reste quelque part un miroir de secours
où l’on cesserait enfin de se voir
où l’on verrait plus loin que soi

alors c’est comme si l’on s’avançait tout seul
Boulevard Arago
à l’aube
pour une exécution intime
et l’on n’éprouve aucun soulagement
à l’idée que le bourreau n’est pas là

et pourtant tout à coup on se retourne
c’est bon signe
on se croyait suivi
il y a donc des gens qui en suivent d’autres
il y a donc une suite et c’est tout ce que l’on voulait savoir

dans les sous-bois du langage
une voix cherche à dire
le premier mot de la journée
comme on cherche sa clé
sur le palier dans le noir

on n’hésite plus
on mise sur cet objet perdu
sur cette voix déjà proche des faubourgs
sur l’étrangère qui s’appuie aux affiches lacérées de la vie
mais sur quoi ne s’appuierait-on pas ce matin ?
sur quelle blessure ?
— sur quel outrage ?

(Georges Henein)

Illustration

 

 

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