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Poésie

Posts Tagged ‘lacérer’

Les lames du vent glacé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Illustration: Paul Delvaux
    
Les lames du vent glacé
Lacèrent mon visage

Le code au bout des doigts
Un portail
Puis un autre

Une envolée dans l’escalier
Je fais la nique
A l’ascenseur

Derrière la porte
Et son cadre de fer
Le ventre chaud
De mon enclos

Qu’est-ce que ça change

Invisible dehors

Ici
Dans les miroirs
Compagne unique
De moi-même

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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POÉSIE I (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

POÉSIE I

Poésie
Tu nous mènes
vers la substance du monde

Lacérant en poèmes
le bandeau des mots

Rompant leur cartilage
Dénonçant leurs lézardes

Questionnant la clairière
Cernant tout le brasier.

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Voir un ami pleurer (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



    
Voir un ami pleurer

Bien sûr il y a les guerres d’Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr tout ce manque de tendres
Il n’y a plus d’Amérique
Bien sûr l’argent n’a pas d’odeur
Mais pas d’odeur me monte au nez
Bien sûr on marche sur les fleurs
Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Nos corps inclinent déjà la tête
Étonnés d’être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos coeurs perdent leurs ailes
Mais mais voir un ami pleurer!

Bien sûr ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans
Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr le temps qui va trop vite
Ces métros remplis de noyés
La vérité qui nous évite
Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr nos miroirs sont intègres
Ni le courage d’être juifs
Ni l’élégance d’être nègres
On se croit mèche on n’est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu’on n’est plus étonnés
Que par amour ils nous lacèrent
Mais voir un ami pleurer

(Jacques Brel)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Les manèges tournent (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Les manèges tournent
regardent passer les arbres
un pont trahit le ciel
Puis un corbillard ouvre ses ailes
une annonce est lue
à travers une vitre
On contemple les mêmes vies
qui s’enlisent dans les jours
Des connivences naissent
que le regard n’attend pas
d’humbles choses en quête de temps
chantent comme seuls
savent le faire les pauvres gens
dans les instants où rien
ne lacère leur ciel

(Georges Bonnet)

Illustration: Mark Gertler

 

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Femme totale (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Femme totale

A la limite du désir
A la frontière de la douleur et de la joie
La lumière caresse tes seins fermes

Tu goûtes à la saveur des choses
Et suis du regard
La migration des oiseaux
Tu aimes regarder pousser
Les fleurs du jardin
Dans le bourdonnement des abeilles
Et voleter les papillons que tu aimerais cueillir
Comme des fleurs vivantes
Pour en faire un bouquet
De couleurs animées

Tu as des canines à lacérer l’espace
Des molaires à écraser le temps
D’un esprit primesautier
Tu danses sur l’herbe
Humide des soirs
En épanouissant ta robe
Et rentres au foyer
Pour te contempler
Dans tous les miroirs
Avant que ne s’ouvrent à ta curiosité
Les armoires à glace remplies de trésors.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pascal Renoux

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Quelle lune de sa lame lacère le poème? (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Quelle lune de sa lame lacère le poème?
Amours défuntes, amours en gésine
quelle page recueillera vos cris
et l’encre sèche de nos larmes?

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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La saveur du temps (Paul Farellier)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



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La saveur du temps

Cela passait par la mémoire,
venait très doux

comme une main posée sur l’épaule,
une victoire distraite de l’absence.

Le matin seulement,
sur ses premiers pas,

une rouille fugitive
pour surprendre la saison.

Non l’avenir
qui se grime en promesse,

mais ce bord perdu

à rêver la saveur du temps.

Cette voix
tout au fond du monde,

cette voix qui tombe
loin de ta parole et de son temps,

loin de ces désirs de joie
où tu perds ton ombre,

voix hors de propos,
appel dru lacérant ta présence,

griffe du profond labour,
cette voix sans toi,

pour toi, tout au fond

de toi l’inattentif.

(Paul Farellier)

Découvert ici : Les Mots pour Savoir

Illustration: Agim Sulaj

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LE VOILIER (Katia Granoff)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2016



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LE VOILIER

Les liens de terre se défont…
Quel vent fatal souffle, ô mon âme,
Qui lève ces lames de fond,
Et lacère les oriflammes?

Combien de ressacs traversés,
De coups de mer, de noirs orages!
Mon beau voilier, assez dansé,
Assez tracé de vains sillages!

(Katia Granoff)

Illustration: Katia Granoff

 

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Comment trouver le coeur qui bat? (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



Bris de limaille, de verre.
Ou puzzles émiettés.
Ou gestes qu’on lacère
dans le vide ou le néant.
Terre en mille poussières.
Dès lors, comment trouver
le coeur qui bat?

(Jacques Izoard)

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LES RUES (Serge Brindeau)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



LES RUES

Les rues m’habillent de lumière

J’aime le nom des sources
Et la couleur du ciel
J’aime le clair-obscur
Des ailes et des feuilles
J’aime la nuit marquée de signes
Mais pour des milliers de fleurs rouges
Et pour un roi criant plus haut que sa légende
Je lacère le ciel
Où j’ai choisi d’exalter mon enfance

Autrefois
Quand les hiboux rêvaient de varech
Je glissais mes mains sous la terre
Et j’étais en voyage
Je dénudais les sommets des collines
Le vert s’arrache aux feuilles
Comme un gant
Je transformais la pluie en étoiles d’argent
Je prenais le Sud avec moi
J’étais Seigneur et Valet du printemps
Je buvais aux sources du jour
Avec les agneaux et les tigres
Et les premières fleurs éclataient dans mes veines

Puis ce fut le temps de fer
Où nous goûtions la chair des mots
Tous mes amis
En souvenir des terres odorantes
Retenus au creux des saisons
Tous mes amis posaient leurs mains à plat
Sur le soleil
Et nous chantions face aux prisons
Face aux statues rouillées dressées contre nos murs
Et nous chantions sans modestie
Le chant guerrier de nos vingt ans
Ce fut le temps du pain de moisissure
Où nous parlions d’amour aux quatre vents

Tu as traversé la plaine
Mêlé ton rêve à mon orgueil
Je t’ai donné le nom d’une ville inconnue
Petite
Avec des toits couverts de lierre
Des déesses rouges dansant sur la paille
Et des lucarnes sur la neige
Les pavés et les roses
Te guidaient vers l’aurore
Je t’ai suivie
Comme un insecte son chemin
Comme un enfant suit la lumière
Pour la prière
Et pour l’amour
Nous avons uni nos mains d’ombre
Nos mains de terre
Au long des rues je m’en souviens

Tes lèvres prolongeaient mon enfance
De toute la nuit tiède des chansons.

Personne au monde ne croyait plus à la guerre

Les peupliers ne chantent plus si clair
Aux fontaines taries
Mais j’ai gardé confiance
Dans le grand soleil simple
Qui pèse de tout son poids de moisson droite
Au coeur des hommes
Je laisse derrière moi
Des traces de fougère
Mes mains crispées au sol
Pendant qu’à chaque fenêtre
La couleur des carreaux me montre les chemins d’eau
De la mort

(Serge Brindeau)

Illustration

 

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