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Poésie

Posts Tagged ‘lagune’

Stérilités (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Stérilités

Cautérise et coagule
En virgules
Ses lagunes des cerises
Des félines Ophélies
Orphelines en folie.

Tarentules de feintises
La remise
Sans rancune des ovules
Aux félines Ophélies
Orphelines en folie.

Sourd aux brises des scrupules,
Vers la bulle
De la lune, adieu, nolise
Ces félines Ophélies
Orphelines en folie!…

(Jules Laforgue)


Illustration: John William Waterhouse

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MICASCHISTE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



MICASCHISTE

Somnolence du temps. Feuilles des sédiments
au bas des eaux défuntes.
Socle de la mémoire. Lagune
où gît encore Mélusine endormie
qu’un jour réveillera le prince des limons.

(Jacques Lacarrière)

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VERS ITALIENS VENISE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



VERS ITALIENS
VENISE

I
Avec elle, je partais en mer,
Avec elle, je quittais le rivage,
Avec elle, je m’en allais au loin,
Avec elle, j’oubliais mes proches…

O, la voile rouge
Dans le lointain vert !
Les perles noires
Sur un châle sombre !

Il vient de la messe obscure,
Celui qui n’a plus de sang dans le cœur,
Le Christ, fatigué de porter sa croix…

Mon amour adriatique —
Mon dernier amour —
Pardonne, pardonne-moi !

II

Un vent froid près de la lagune,
Des gondoles les silencieux cercueils.
Je suis cette nuit, malade et jeune,
Prosterné près de la colonne au lion.

Sur la tour, d’un chant d’airain
Les géants sonnent l’heure de minuit.
Et Marc a noyé dans la lagune d’argent
Son iconostase ouvragé.

Dans l’ombre de la galerie
A peine éclairée par la lune
Se cachant, passe Salomé
Portant ma tête ensanglantée.

Tout dort, palais, canaux, humains,
Seul vit le pas glissant du spectre,
Seule, la tête sur le plat noir
Contemple tristement les ténèbres ambiantes.

(Alexandre Blok)

Illustration: Roger Suraud

 

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Au Pays des Miracles (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Jimmy Lawlor

    

Au Pays des Miracles

Impérieusement je prendrai mon essor
Cette nuit : je fuirai vers les espaces d’or.

Je ferai ruisseler, fludités sereines,
Entre mes doigts ardents les cheveux des Sirènes.

Je verrai, dans un halo de parfums flottants,
Les fantômes errer sous le bleu du printemps.

J’entendrai les chasseurs étranges des ténèbres,
Les frissons noirs des ifs, le son des cors funèbres.

Auprès de moi, blancheurs de nuage et de jour,
Luiront les visions mortelles de l’amour.

Je pencherai mon coeur sur l’eau de la lagune,
Lorsque s’attendrira le rire de la Lune…

Impérieusement je prendrai mon essor
Cette nuit : je fuirai vers les espaces d’or.

(Renée Vivien)

 

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Le soir à marée basse (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

Le soir à marée basse

Rentrons ! Déjà le soir déroule ses fuseaux :
Un horizon rougi de soleil – ou de lune…
On ne sait. Mais tout est rouge sur la lagune ;
Un pan du ciel se traîne au dernier feu des eaux.

Tout repose. En mourant, le jour en ses biseaux,
A fait désert la mer et montagne la dune.
C’est l’heure de la nuit comme il n’en est aucune ;
Tout est roide et tranchant comme un coup de ciseaux.

Et la plage s’étale en immensité plate.
En traversant un banc de son sable écarlate,
Pieds nus, il peut sembler que l’on marche à jamais.

Et, se sentant très seul dans son âme très lasse,
Il semble qu’à l’esprit c’est aussi la mer basse,
Et que l’on est bien loin des souvenirs aimés !

(Bernard de Louvencourt)

Illustration: Guy Baron

 

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À toi (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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À toi

À toi la stupeur immobile de ma joie
Mon sourire de marbre blanc
Mon regard lavé dans la source du sous-bois
À toi mes mains de ville ouverte
À toi mes genoux d’écureuils
À toi ma voix la plus lointaine
À toi tout ce qui tisse nuit et jour à travers moi
À toi la lagune où nous nous sommes connus
À toi les revenants du soleil
À toi ces palais de lilas dans nos yeux
À toi tout ce qui est tout ce qui change
À toi
L’explosion de la perle au coeur de l’oiseau noir

(Alain Jouffroy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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A la perverse Ophélie (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



A la perverse Ophélie

LES évocations de ma froide folie
Raniment les reflets sur le marais stagnant
Où flotte ton regard, ô perverse Ophélie !

C’est là que mes désirs te retrouvent, ceignant
D’iris bleus ton silence et ta mélancolie,
C’est là que les échos raillent en s’éloignant.

L’eau morte a, dans la nuit, les langueurs des lagunes,
Et voici, dispensant l’agonie et l’amour,
L’automne aux cheveux roux mêlés de feuilles brunes.

L’ombre suit lentement le lent départ du jour.
Comme un ressouvenir d’antiques infortunes,
Le vent râle, et la nuit prépare son retour.

Je sonde le néant de ma froide folie.
T’ai-je noyée hier dans le marais stagnant
Où flotte ton regard, ô perverse Ophélie ?

Ai-je erré, vers le soir, douloureuse, et ceignant
D’iris bleus ton silence et ta mélancolie,
Tandis que les échos raillent en s’éloignant ?

L’eau calme a-t-elle encor les lueurs des lagunes,
Et vois-tu s’incliner sur ton défunt amour
L’automne aux cheveux roux mêlés de feuilles brunes ?

Ai-je pleuré ta mort dans l’énigme du jour
Qui disparaît, chargé d’espoirs et d’infortunes ?…
— O rythme sans réveil, ô rire sans retour !

(Renée Vivien)

Illustration: Blavatskaya

 

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LES DOUX SOIRS SONT FLÉTRIS (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2016



LES DOUX SOIRS SONT FLÉTRIS

« Les doux soirs sont flétris comme des fleurs d’octobre
— Qu’irions-nous dire au saule, aux ajoncs, aux lagunes? —
Mon âme à tout jamais s’est faite grave et sobre;
— Qu’irions-nous dire aux dunes?

Le vent se lève et vient, discret et sans parole:
Ma tempe est fraîche de son baiser;
La nuit — doucement, comme une mère console
Se lève et vient m’étreindre et me bercer,
Qu’irions-nous dire au saule?

Vous fûtes mon roi pour un printemps fleuri,
Vous fûtes l’élu de vos douces paroles;
Le savions-nous, quand nous avons ri,
Que tous deux jouaient de vieux rôles?

Le savais-je, moi? vous, le saviez-vous?
— Maintenant tout est gris sur la lande nocturne —
Avec nos rires faux et doux?
Que nous en avait dit l’avenir taciturne?
Que savions-nous?

Moi, je rêvais, sans doute, les vieux poèmes,
Et vous, les vieux contes de bonnes fortunes:
« Vous m’aimez? — Je t’aime! — tu m’aimes! »
Quel âge avons-nous donc pour rire de nous-mêmes?
Qu’irions-nous dire aux dunes?
Au saule, aux ajoncs, aux lagunes?
– La lune se lève en ses halos blêmes —
Nos coeurs seront morts sans rancunes. »

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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LE GONDOLIER (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2015




LE GONDOLIER

Près des bords de Venise aux royales dorures,
solitaire nocher, de nuit, le gondolier
vogue sur la lagune, éclairé par Vesper
et chante Godefroi, Herminie ou Renaud.
Il aime ainsi chanter ; il chante par plaisir,
sans arrière-pensée, sans souci de la gloire,
sans peur ni espérance ; une muse sereine
enchante son chemin sur l’abîme des eaux.
Sur les eaux de la vie où l’orage cruel
dans les brumes poursuit ma voile solitaire,
comme lui, sans écho, je chante par plaisir
et chéris le secret où mûrissent mes chants.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Edith Marty

 

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Voeu qui nous mène (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2015




Voeu qui nous mène

si parmi les arbres
tu voulais t’établir
en lagune sans rives

quelque chose de moi
viendrait sur cette eau
en silence te veiller

et claire la promesse
d’une douleur inconnue
en toi se reconnaîtrait

(Mohammed Dib)

 

 

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