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Poésie

Posts Tagged ‘laid’

Beauté (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Beauté

Sur les lacs sulfureux,
Narcisse se contemple.
Et l’eau devient un temple
De la laideur des Dieux.
Mais les lyres des Vieux
Enivrent les mystiques
D’Amour et de musiques.
Je veux aimer le Beau
Sous le frou-frou de l’eau
Où le Laid s’illumine
Et la Beauté divine
Parfume le Sacré.

(David Marino)


Illustration: John William Waterhouse

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Toi ma laide, tu es une châtaigne hirsute (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Toi ma laide, tu es une châtaigne hirsute,
toi ma belle, tu es belle comme le vent,
ma laide, de ta bouche on en peut faire deux,
ma belle, tes baisers sont des pastèques fraîches.

Ma laide, tes deux seins, où les as-tu cachés ?
Ils sont petits, petits, c’est deux coupes de blé,
quand j’aimerais voir deux lunes sur ta poitrine :
les tours géantes de ta souveraineté.

Laide, en sa boutique la mer n’a pas tes ongles,
belle, fleur après fleur, étoile par étoile,
vague par vague, amour, moi j’ai compté ton corps :

ma laide, je t’aime pour ta ceinture d’or,
ma belle, je t’aime pour la ride à ton front,
mon amour, j’aime en toi le clair avec l’obscur.

***

Mi fea, eres una castaña despeinada,
mi bella, eres hermosa como el viento,
mi fea, de tu boca se pueden hacer dos,
mi bella, son tus besos frescos como sandías.

Mi fea, dónde están escondidos tus senos ?
Son mínimos como dos copas de trigo.
Me gustaría verte dos lunas en el pecho :
las gigantescas torres de tu soberanía.

Mi fea, el mar no tiene tus uñas en su tienda,
mi bella, flor a flor, estrella por estrella,
ola por ola, amor, he contado tu cuerpo :

mi fea, te amo por tu cintura de oro,
mi bella, te amo por una amiga en tu frente,
amor, te amo por clara y por oscura.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Jadis c’était la couleur du dire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2019



Illustration: Margaret Brohan
    
Jadis c’était la couleur du dire
Qui inondait ma table sur le versant le plus laid d’une colline
Avec un champ chaviré où une école se tenait, tranquille
Et un carré noir et blanc de filles s’y répandait en jeux ;
Les doux glissoires du dire je les dois détruire
Pour que les noyés enchanteurs se relèvent pour chanter comme coq et tuer.
Quand je sifflais avec des gamins joueurs à travers le parc du réservoir
Où la nuit nous lapidions les froids, les niais
Amants dans la boue de leur lit de feuilles,
L’ombre de leurs arbres était mot à plusieurs obscurités
Et lampe d’un éclair pour les pauvres dans la nuit ;
Maintenant mon dire doit me détruire,
Et je déviderai chaque pierre comme un moulinet.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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C’est une étoile dont le coeur noir est un astre (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



C’est une étoile dont le coeur noir est un astre.
Et cette étoile étire ses rayons à travers nos regards
et pose son coeur noir sur nos paupières.
Mais cela se passe ailleurs, et ne se fait sur nous qu’en image.
C’est une étoile qui redevient une étoile, et se retrouvant,
nous invente un corps si beau que le nôtre ne s’y reconnais plus.

Pourtant le vieil homme avait gardé un coin de naïveté dans sa chair,
un morceau de pain à partager avec son image la plus belle.
Jamais il ne s’était vu si beau, jamais il ne s’était vu si laid.
Etoile perdue au fond du ciel que tu es.

Le noir aussi est lumière, et voit le noir en s’obscurcissant.
L’étoile s’illumine en reculant en elle les larmes du noir.
Sa clarté c’est celle qu’elle voit.

Le soleil c’est où la lumière se ferme sur sa montée la plus lumineuse.
Une lumière qui se caille comme le sang.
C’est la lumière qui monte à sa tour par un escalier de couleurs.
Et l’étoile, c’est la nuit qui monte à sa tour.

(Joë Bousquet)

Illustration: Renaud Baltzinger

 

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Laids sont les démons (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




Illustration: Francisco Goya
    
Laids sont les démons,
beau est notre dieu,
mais tous dansent de même.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Si notre vue (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




    
Si notre vue était plus longue ou plus courte,
ou si notre constitution était autre,

les choses qui nous semblent belles aujourd’hui
nous sembleraient laides,

et celles qui semblent aujourd’hui laides
nous sembleraient belles

(Baruch Spinoza)

 

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SERA CELLE QUI M’AIMERA (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
SERA CELLE QUI M’AIMERA

Ronde

Tout en dansant la ronde
Héla ! celui qu’est au mitan !
Faut que tu nous répondes,
Mais lorgne ben auparavant,
Hé là ! dis-nous laquelle
Est la plus belle ?

Refrain
La plus belle ?…
Dam’ je n’sais pas.
La plus belle
Sera celle
Qui m’aimera

Tout en dansant la ronde
Oh ! ces yeux que vous a Margot !
Et la nuque si blonde
De Suzon, quel nid à bécots !
Et les lèvres de Lise,
Quelles cerises !

Toutes après la ronde,
Margot comme Lise et Suzon,
Se sont, au bout du monde,
Ensauvées au bras d’un garçon ;
M’est restée la Mariotte
Laide et boscotte.

Dernier refrain
La plus belle ?…
Eh ben ! la v’là…
La plus belle
Sera celle
Qui m’aimera !

(Gaston Couté)

 

 

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A SOI-МÊМЕ (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
A SOI-МÊМЕ

Écris maintenant pour le ciel
Écris pour la courbe du ciel
Ét que nul plomb de lettre noire
N’enveloppe ton écriture

Écris pour l’odeur et le vent
Écris pour la feuille d’argent
Que nulle laide face humaine
N’ait regard connaissance haleine

Écris pour le dieu et le feu
Écris pour un amour de lieu
Et que rien de l’homme n’ait place
Au vide qu’une flamme glace.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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TABLEAU DE SAINTETÉ (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Mary Cassatt
    
TABLEAU DE SAINTETÉ

La mère et l’enfant, éternel objet
De tout philosophe et de tout artiste!
Chasser ta pensée ou féroce ou triste,
Sans la mère et sans l’enfant, qui le fait?

Un chapeau trop grand, un verre de lait,
C’est l’enfant content. Et la mère insiste
Pour le faire boire. Oh! la grâce existe
Au milieu du crime, au milieu du laid.

Le ton rouge et frais des mignonnes lèvres
Nous font oublier nos malsaines fièvres.
Oh! les petits mots qu’on ne comprend pas.

La mère, charmante, hésite à sourire,
Elle sait l’amour qu’on ne peut pas dire
Tenant doucement son fils dans ses bras.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE VILAIN GAS ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LE VILAIN GAS !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui dansez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Au temps des contes de grand’mères,
C’était un rustaud si laid,
Si laid, si pauvre, et si bête
Que, pour danser dans les fêtes,
Nulle fille n’en voulait !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez par couples roses,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Ses vingt ans murmuraient des choses
Et son cœur n’était point sourd.
Il en eut telle souffrance
Qu’il mourut, un soir de danses,
Au son des crincrins d’amour.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui savez les baisers tendres,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Le vieux sonneur alla descendre
Son méchant corps au tombeau.
Mais du froid cercueil de planches
Son cœur, au temps des pervenches,
Monta vers l’amour nouveau.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui passez, les gais dimanches,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Son âme prit corps de pervenche…
Et, comme une fille allait
Vers les danses coutumières,
Cueillit la fleur printanière
Pour la mettre à son corset…

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !…

(Gaston Couté)

 

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