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Poésie

Posts Tagged ‘laide’

UN MARIAGE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



UN MARIAGE

Un garçon comme ça se rencontre rarement :
bon comme le pain, vif comme la poudre,
fort comme un turc, doux comme un mouton.
Et une fille comme ça :
belle comme le jour, fraîche comme la rose,
pure comme l’or se rencontre rarement.

Eh bien, ils se rencontrèrent.
Ils ont une fille laide comme un pou
et une vie bête comme chou.

(Norge)

 

 

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Jeu de la mort de l’infidèle (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Jeu de la mort de l’infidèle

Une fleur de porcelaine
pour la fille pour ma haine.
Une fleur à fleur de peau
pour la fille au bord de l’eau.
Une rose d’épouvante
pour la fille mal aimante.
Une fleur de mandragore
pour apprivoiser sa mort.
Une langueur sans remède
pour qu’elle devienne laide
comme son coeur
une langueur
pour qu’elle meure
pour qu’elle en meure.
La nuit appelle en frémissant
les barons morts aux mains de sang.
La nuit appelle en frémissant
les hérons morts près de l’étang.
La nuit appelle en frémissant
les amants morts aux gants de vent.
La nuit appelle en frémissant
hérons barons morts tes amants.

(Armand Lanoux)


Illustration

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Le soleil est toujours ponctuel chaque jour (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



La diligence est passée sur la route, puis s’en est allée;
Et la route n’en est pas restée plus belle,
ni même plus laide.
Il en est ainsi de l’action humaine
tout autour du monde.
Nous n’enlevons rien,
nous n’ajoutons rien;
nous passons et l’on nous oublie;
Et le soleil est toujours ponctuel chaque jour.

(Fernando Pessoa)

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VOCATION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Frederick Luff Serveuse

VOCATION

Jeune fille du caboulot,
De quel pays es-tu venue
Pour étaler ta gorge nue
Aux yeux du public idiot?

Jeune fille du caboulot,
Il te déplaisait au village
De voir meurtrir, dans le bel âge
Ton pied mignon par un sabot.

Jeune fille du caboulot.
Tu ne pouvais souffrir
Nicaise,
Ni les canards qu’encor niaise
Tu menais barboter dans l’eau.

Jeune fille du caboulot,
Né penses-tu plus à ta mère,
A la charrue, à ta chaumière?…
Tu ne ris pas à ce tableau.

Jeune fille du caboulot,
Tu préfères à la charrue
Écouter les bruits de la rue
Et nous verser l’absinthe à flot.

Jeune fille du caboulot,
Ta mine rougeaude était sotte,
Je t’aime mieux ainsi, pâlotte,
Les yeux cernés d’un bleu halo.

Jeune fille du caboulot,
Dit un sermonneur qui t’en blâme,
Tu t’ornes le corps plus que l’âme,
Vers l’enfer tu cours au galop.

Jeune fille du caboulot.
Que dire à cet homme qui plaide
Qu’il faut, pour bien vivre, être laide,
Lessiver et se coucher tôt?

Jeune fille du caboulot,
Laisse crier et continue
A charmer de ta gorge nue
Les yeux du public idiot.

(Charles Cros)

Illustration: Frederick Luff

 

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Chanson pour une philosophie courante (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



Trois oies fraternelles
cherchent leur tombe au ciel.

 » Je suis lasse « , dit la première.
 » Je suis lasse « , dit la seconde.

Trois oies grasses et laides
jouent le monde dans l’herbe.

 » Je suis lasse « , dit la troisième.

Assises sur leurs œufs,
trois oies défont un bœuf.

 » J’irai seule chez le Bon Dieu  »
dit la première.
 » Je me ferai ange pour lui plaire  »
dit la seconde.

Deux oies émerveillées
s’écroulent foudroyées.

 » Je ferai comme elles « , dit la troisième.
« Je blasphémerai jusqu’au dernier jour.  »

(Edmond Jabès)


Illustration

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De la rue on entend sa plaintive chanson (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015




De la rue on entend sa plaintive chanson

De la rue on entend sa plaintive chanson.
Pâle et rousse, le teint plein de taches de son,
Elle coud, de profil, assise à sa fenêtre.
Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être,
Elle a son dé d’argent pour unique bijou.
Sa chambre est nue, avec des meubles d’acajou.
Elle gagne deux francs, fait de la lingerie
Et jette un sou quand vient l’orgue de Barbarie.
Tous les voisins lui font leur bonjour le plus gai
Qui leur vaut son petit sourire fatigué.

(François Coppée)

Illustration: Koninck Philips

 

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NE CROYEZ PAS (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2015



 

Edson Campos  (33)

NE CROYEZ PAS

Ne croyez pas que la colère
Est laide lorsque vos yeux bleus
Comme la mer soudain s’altèrent
Ou scintillent de mille feux.

J’aime en vous ce qui chante ou gronde,
J’aime vos yeux bouleversés,
Et j’aime la douceur profonde
De votre âme aux flots apaisés.

Tout ce qui fait votre nature,
Tourmente, langueur, volupté,
C’est la quotidienne pâture
Dont se nourrit ma pauvreté.

(Franz Hellens)

Illustration: Edson Campos

 

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