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Poésie

Posts Tagged ‘lait’

Bestiaire (Jean-Luc Despax)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



 

Michael Sowa (8)

Bestiaire

Ne pas faire aux truies ce qu’on ne voudrait pas qu’elles nous fassent.

Les vaches coquettes sont les seules à faire du lait de toilette.

Les pom-pom girls sont de grosses buveuses de cidre.

Depuis qu’elle sait que le rire est le propre de l’homme
la hyène a commencé une psychanalyse.

(Jean-Luc Despax)

Illustration: Michael Sowa

 

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DEPUIS QUE TU ES PARTIE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Jean-François Millet
    
DEPUIS QUE TU ES PARTIE

C’est depuis que tu es partie que sont plus froids.
Ici, le seau, le lait, le manche de la hache,
Et que le bois fendu s’affaisse et se détache.
Vois-le tomber, livide et tout roide à la fois!

Sur le sol sourd, le vent dans ses habits s’engage.
Il recherche sa proie, s’arrête, fouille et tranche,
Et de son tourbillon précipite les branches.
Frêle, la feuille alors bronche et tombe avec rage.

Moi, dans un doux vallon déjà je me croyais…
L’aube neuve épousait mes cheveux qui ondulent,
La plante de mes pieds brillait au crépuscule,
Et du Nord et du Sud tes seins me protégeaient.

Je suis assis, chétif… toi t’épanouissant,
Monde lointain, fleur de chiendent… Je te regarde.
Dans ton coeur bleu un ciel de cendre se hasarde
Moi langé par le soir qui tombe immensément…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Douze chats et un poète (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Douze chats et un poète

Soleil couchant
Les chats dorment sur le pré
comme s’ils étaient immortels.

Il n’a donné au chat
que le bout de sa queue,
le lézard.

Sous le cyprès,
fouillis de plumes:
le chat, la tourterelle.

Premier avril.
A la queue du chat
un poisson d’argent.

l’entrée du cimetière
assis sur la première tombe
un chat noir me regarde.

Ne serait-il pas un fantôme
ce hérisson qui, chaque nuit,
vient boire le lait du chat?

Chaque matin, il sort du bois
ce chat noir au poil luisant
et se frotte contre mes jambes.

Elle a dormi toute la nuit
sur mes pieds
la chatte noire.

Au milieu de la nuit,
derrière ma fenêtre,
un chat inconnu me regarde.

Le chat bondit.
Sur le pavé
l’oiseau en croix.

Cette nuit, à nouveau,
un chat fantôme
derrière la vitre.

Devenir un chat, cerise ou merle,
dormir d’un oeil, faire noyau,
siffler.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Nés sous un fatras de fautes (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration: William Blake
    
Nés sous un fatras de fautes
personne ne nous délivre du mal

Nos prières tournent
avec le lait

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONTRETEMPS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
CONTRETEMPS

Pureté aimée, dont les yeux jamais
ne parvinrent à jouir. Pureté absurde!

Je sais qu’un jour tu bougeais dans la chair.
alors que j’en étais encore à filer mon embryon de vie.

Pureté en jupe neutre de collège
et lait azur dans le blé tendre

d’une après-midi pluvieuse, lorsque l’âme
a battu son poignard en retraite,

lorsqu’en je ne sais quelle éprouvette
sans contenu s’est figée une pierre insolente:

lorsqu’il se trouve des gens pour être satisfaits; lorsque des
paupières aveugles
pleurent, sur des bordages purpurins.

Ô, pureté qui ne me laissas
pas même un message, en délaissant la triste boue

ni une miette de ta voix ; ni mémo le plus petit nerf
de ton héroïque banquet d’artifices.

Eloignez-vous de moi, bonnes méchancetés,
bouches douces et piquantes.

Je l’en souviens en vous voyant, ô femmes!
Car, si très peu naissent dans l’éternelle
après-midi de la vie, beaucoup en meurent!

***

DESHORA

Pureza amada, que mis ojos nunca
llegaron a gozar. Pureza absurda!

Yo sé que estabas en la carne un día,
cuando yo hilaba aùn mi embrión de vida.

Pureza en falda neutra de colegio;
y leche azul dentro del trigo tierno

a la tarde de lluvia, cuando el alma
ha roto su puñal en retirada,

cuando ha cuajado en no sé qué probeta
sin contenido una insolente piedra.

Cuando hay gente contenta; y cuando lloran
pàrpados ciegos en purpùreas bordas.

Oh, pureza que nunca ni un recado
me dejaste, al partir del triste barro

ni una migaja de tu voz; ni un nervio
de tu convite heroico de luceros.

Alejàos de mi, buenas maldades,
dulces bocas picantes…

Yo la recuerdo al veros oh, mujeres!
Pues de la vida en la perenne tarde,
nació muy poco pero mucho muere!

(César Vallejo)

 

 

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OBITUAIRE DU TEMPS PRÉSENT (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



 

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2011/05/dali_enfant_geopolitique_large.jpg

OBITUAIRE DU TEMPS PRÉSENT

Pour lui c’est tout un —
où il commence

et où il finit. Blanc d’oeuf, le blanc
de son oeil : il dit
lait d’oiseau, sperme

coulant de sa propre
parole. Car l’oeil
est inconstant,
s’accroche seulement à ce qui est, ni plus ni moins

ici que là, mais partout, à chaque

objet. Il n’en retient
aucun. N’écrit

rien. Il s’abstient
du coeur

des choses vivantes. Il attend.

Et s’il commence, il finira,
comme si son oeil s’était ouvert dans la bouche
d’un oiseau, comme s’il n’avait jamais commencé

à être en aucun lieu. Il parle

de distances
non moins éloignées que celles-ci.

(Paul Auster)

Illustration: Salvador Dali

 

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Chamois (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Chamois

Le roc me légua sa robe
De prudence et de rigueur
Solitaire je traverse
Le passage
de l’éclipse
Et lèche le lait bleui
de l’altitude.

(Charles Dobzynski)


Illustration

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LA SOLITUDE LA NEIGE LA RECOUVRE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LA SOLITUDE LA NEIGE LA RECOUVRE

l’amour tète le printemps
et de sa petite bouche
le lait tombe
se répand à terre
puis soudain vient l’hiver
la solitude la neige la recouvre

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Les regrets (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Carry Akroyd river-landscape

Les regrets

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s’enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s’envole
Et les amis que j’ai perdus !

Campagne d’Arpajon ! solitude riante
Où l’Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j’ai quitté ta retraite fleurie,
Que d’orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l’éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu’elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D’une tremblante main, j’écrirai dans ces lieux
 » C’est ici que je fus heureux !  »

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j’ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu’un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu’ai-je rapporté ?
L’empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L’illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu’elle m’a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d’errer sur des flots inconstants,
Que n’ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L’un garde les troupeaux ; l’autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n’a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l’homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu’il possède
Et jaloux de ce qu’il n’a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d’habitude
Quand on ne peut changer son coeur ?

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Carry Akroyd

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Comme un rêve (Monsieur Cinq saules)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018


Les_amants

Toute la nuit, ils ont joué aux nuages et à la pluie,
leur désir est violent, ils ignorent le temps qui passe.

La rosée inonde le cœur de sa Pivoine
elle sent son corps fondre, se dissoudre comme du lait caillé

l’amour pèse dans son ventre, l’amour est lourd
le rêve des immortels sous le règne d’une mère arc-en-ciel.

(Monsieur Cinq saules)

Illustration

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