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Poésie

Posts Tagged ‘laitue’

Le jardin perdu (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



    

Le jardin perdu

Il est venu un jardin cette nuit
qui n’avait plus d’adresse
Un peu triste il tenait poliment
ses racines à la main
Pourriez-vous me donner
un jardin où j’aurais
le droit d’être jardin?
Il faudrait arroser mes laitues
et un mur ayant bu beaucoup de soleil
pour mûrir mes poires en espalier
Deux carrés pour mes asperges
et les plates-bandes de fraisiers
Si vous aviez la bonté
de mettre aussi un vieux figuier
pour donner de l’ombre
et beaucoup d’arbres fruitiers
pour les saisons de confitures
N’oubliez pas un puits profond
et un jet d’eau à volonté
C’est une vie qui n’est pas une vie
que d’être un jardin égaré
qui n’existe qu’en souvenir
et ne sait plus où fleurir

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA GRANDE CHÈVRE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



chèvre 0

LA GRANDE CHÈVRE

La grande chèvre avait déjà brouté la vieille gardeuse et la forêt.
De la maison, elle ne fit qu’une bouchée. Un quartier de lune maintenant.
Puis tout un vent du nord.
Et alors, la bique de boire un si grand coup de mer qu’en va-t-à-pied z’à Douvres.
Enfin, enfin, une feuille de laitue !
Si j’avais eu cette feuille de laitue tout de suite, dit-elle,
je n’aurais rien mangé d’autre.

(Norge)

Illustration

 

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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Ma vie près de l’eau (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



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ma vie près de l’eau

ma vie
près de l’eau –
Écoute

la première
grenouille
du printemps

ou la planche
sur le sol froid
qui craque

Les rats musqués
rongent
les portes

de la jungle verte
des arts et lettres
Razzia

des lapins
sur mes laitues
Un bateau

deux –
pointés vers
ma grève

sous les envols
gouttes d’ailes
traîne d’algues

de la tendre
et grave –
Eau

***

my life
by water —
Hear

spring’s
first frog
or board

out on the cold
ground
giving

muskrats
gnawing
doors

no wild green
arts and letters
Rabbits

raided
my lettuce
One boat

two —
pointed toward
my shore

thru birdstart
wingdrip
weed-drift

of the soft
and serious —
Water

(Lorine Niedecker)

 

 

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Le Jardin de Julie (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




    
Le Jardin de Julie

La petite grenouille
mange bien ses nouilles

La petite souris
grignote bien son riz

Le petit hamster
aime les pommes de terre

Le petit lapin
mange tout son pain

Le petit canard
veut des épinards

La grosse tortue
veut de la laitue

La petite marmotte
croque une carotte

et la belle poule
mange sa semoule

(Brigitte Level)

 

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BATTRE LA CAMPAGNE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Carry Akroyd

BATTRE LA CAMPAGNE
(extrait)

L’espace doux entre verveines
entre pensées entre reines-
marguerites, entre bourdaines
s’étend à l’abri des tuiles

l’espace cru entre artichauts
entre laitues entre poireaux
entre pois entre haricots
s’étend à l’abri du tilleul

l’espace brut entre orties
entre lichens entre grimmies
entre nostocs entre funaries
s’étend à l’abri des tessons

en ce lieu compact et sûr
se peut mener la vie obscure
le temps est une rature
et l’espace a tout effacé

(Raymond Queneau)

Illustration: Carry Akroyd

 

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La cuisine est si calme (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

La cuisine est si calme
En ce matin d’avril
Qu’un reste de grésil
Rend plus dominical.

Le printemps, accoudé
Aux vitres, rit de voir
Son reflet dans l’armoire
Soigneusement cirée.

Les chaises se sont tues.
La table se rendort
Sous le poids des laitues
Encor lourdes d’aurore.

Et à peine entend-on,
Horloge familière,
L’humble cœur de ma mère
Qui bat dans la maison.

(Maurice Carême)

 

 

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