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Poésie

Posts Tagged ‘lambeaux’

Fantômes (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Des fantômes laissent des traces
dans l’écume des vagues

des chaussettes des chapeaux
des pyjamas en lambeaux

caresse et silence
d’amis perdus
dans l’aveuglement de l’éclipse.

***

Fantasmas dejan huellas
en la espuma de las olas

calcetines y sombreros
piyamas desgarrados

caricia y silencio
de amigos perdidos
en la ceguera del eclipse.

(Luis Mizón)


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La pluie obscurcit le jour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




La pluie obscurcit le jour.
De furieux éclairs traversent les nuages en lambeaux,
et la forêt est comme un lion emprisonné
secouant sa crinière avec désespoir.
Un tel jour, au milieu des vents battant des ailes,
laisse-moi trouver l’apaisement en ta présence,
car le ciel affligé a empli d’ombre ma solitude,
rendant plus profond le sens de ton divin toucher sur mon coeur.

(Rabindranath Tagore)

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Les caresses (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016




Les caresses

Les caresses ne sont que d’inquiets transports,
Infructueux essais du pauvre amour qui tente
L’impossible union des âmes par les corps.
Vous êtes séparés et seuls comme les morts,
Misérables vivants que le baiser tourmente !

O femme, vainement tu serres dans tes bras
Tes enfants, vrais lambeaux de ta plus pure essence :
Ils ne sont plus toi-même, ils sont eux, les ingrats !
Et jamais, plus jamais, tu ne les reprendras,
Tu leur as dit adieu le jour de leur naissance.

Et tu pleures ta mère, ô fils, en l’embrassant ;
Regrettant que ta vie aujourd’hui t’appartienne,
Tu fais pour la lui rendre un effort impuissant :
Va ! Ta chair ne peut plus redevenir son sang,
Sa force ta santé, ni sa vertu la tienne.

Amis, pour vous aussi l’embrassement est vain,
Vains les regards profonds, vaines les mains pressées :
Jusqu’à l’âme on ne peut s’ouvrir un droit chemin ;
On ne peut mettre, hélas ! Tout le cœur dans la main,
Ni dans le fond des yeux l’infini des pensées.

Et vous, plus malheureux en vos tendres langueurs
Par de plus grands désirs et des formes plus belles,
Amants que le baiser force à crier : « Je meurs ! »
Vos bras sont las avant d’avoir mêlé vos cœurs,
Et vos lèvres n’ont pu que se brûler entre elles.

Les caresses ne sont que d’inquiets transports,
Infructueux essais d’un pauvre amour qui tente
L’impossible union des âmes par les corps.
Vous êtes séparés et seuls comme les morts,
Misérables vivants que le baiser tourmente.

(René-François Sully Prudhomme)

 

 

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Quand je mourrai (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2015



Quand je mourrai, ne pleure pas :
colle, mon enfant, ta poitrine
la sienne et retiens ton souffle
comme si étais tout ou rien :
tu entendras monter son bras
qui me tenait et qui me livre,
et cette maman en lambeaux
reviendra entière à tes yeux.

***

Cuando muera, no llores, hijo:
pecho a pecho ponte con ella,
y si sujetas los alientos
como que todo o nada fueras,
tú escucharás subir su brazo
que me tenía y que me entrega,
y la madre que estaba rota
tú la verás volver entera.

(Gabriela Mistral)


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LE CRI (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2015




LE CRI

Dans la cité fortifiée
des quartiers s’abîment
un homme s’arrête étonné
d’une voix qui mue
une à une à l’asile
il faut laver les folles
une restant belle s’y prête
malgré des larmes silencieuses.
Des chiens s’acharnent
autour d’os à lambeaux
quelqu’un vainement crie: assez.

(Jean Follain)

Illustration: Edvard Munch

 

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En forêt (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2015



En forêt

La mousse pousse autour du tronc
Qui retrouve sa légèreté
Au retour de la pluie
Qui psalmodie à ras du sol
Où tombent des lambeaux d’écorce
Il flotte des oripeaux de brume
Au-dessus de la mare
Où croupissent des astres

Dans la forêt où s’agenouillent des chemins de paix
Et se chevauchent des sentiers d’automne
Je déserte au plus clair du matin
Je m’expatrie vers des limites jamais atteintes
Jusqu’aux confins de la vie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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