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Posts Tagged ‘lamentation’

La rose écarlate déchire sa robe (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
La rose écarlate déchire sa robe,
et je suis le seul à savoir pourquoi.

Le saule laisse pendre ses branches en rangées rectilignes,
Afin de rattraper toutes les prières qu’il a omises.

Le lys avec son épée, et le jasmin avec son bouclier
se préparent pour la Guerre Sainte.

Le pauvre rossignol anéanti par la souffrance
soupire devant la rose qui parade.

Toutes les beautés du jardin disent:
«La rose me regarde».

Le rossignol répond:
«C’est pour moi, l’infortuné, qu’elle fait tout ce charme».

Le platane a levé ses mains en signe de lamentation,
te dirai-je ses supplications?

Qui a coiffé le bourgeon d’un chapeau?
Qui a courbé en deux la violette?

Bien que l’automne ait été très cruel,
vois la loyauté du printemps.

Ce que l’automne a pillé,
le printemps l’a rapporté.

Je parle de roses, de rossignols et des splendeurs du jardin
pour ne pas nommer autre chose. Pourquoi cela?

À cause de la jalousie de l’Amour,
mais en fait je décris les bienfaits de Dieu.

(Mawlana Rûmî)

 

 

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La rose écarlate (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
La rose écarlate déchire sa robe,
et je suis le seul à savoir pourquoi

Le pauvre rossignol anéanti par la souffrance
soupire devant la rose qui parade.

Toutes les beautés du jardin disent :
« La rose me regarde ».

Le rossignol répond : « C’est pour moi, l’infortuné,
qu’elle fait tout ce charme ».

Le platane a levé ses mains en signe de lamentation,
te dirai-je ses supplications ?

 

(Mawlana Rûmî)

 

 

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La Course grinçante de la charrette (Chen Zilong)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



La Course grinçante de la charrette

La vieille charrette pousse ses lamentations stridentes le long du chemin ocre
Et laisse derrière elle des sillons de poussière dans le soir venu.
Un couple l’encadre d’efforts ; il pousse, elle tire.
Où conduiront leurs pas lourds qui les éloignent du foyer ?
La faim ne se laisse pas tromper par les feuilles d’orme que nous mangeons.
Nous espérons une terre qui nous donnera un peu de riz.
La main glacée du vent agite les joncs desséchés.
Mais voilà que surgit au loin une ancienne demeure.
Ils auront peut-être gardé pour l’étranger un coin de table.
La porte est muette, la salle est vide, le feu et la marmite absents.
Ils hésitent sur le seuil ouvert de la route désertée ;
Une pluie de larmes inonde leurs joues creuses.

(Chen Zilong)

 

 

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LES VOITURES PASSENT… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



LES VOITURES PASSENT…

Les voitures passent et font trembler la maison,
La maison où je suis seule.
Ici, depuis longtemps déjà les choses ont été vécues :
Il y a dans l’air des espaces éteints,
La forme gravée en creux
Des voix et des gestes de jadis.
Et mes mains ne peuvent rien saisir.

Cependant je regarde la nuit
Et j’ai besoin de chaque feuille.

Elle roule, elle tourne en l’air, ta vie,
Loin de moi…
Même pour souffrir ce tourment de ne pas être,
J’ai besoin d’être seule.

Plutôt la solitude des éternels départs,
Des projets et des questions,
Des combats avec leur inextinguible
Poids de morts et de lamentations.
Plutôt la solitude parce qu’elle est complète.

Je crois à la nudité de ma vie.
Tout ce qui m’arrive est superflu.
J’éprouve la sensation d’être extérieure à tout,
Avec l’éternité qui flotte sur les montagnes.

Jardin, jardin perdu,
Nos membres enveloppent ton absence…
Les feuilles se racontent ton secret
Et, comme la peur, mon amour se cache.

***

PASSAM OS CARROS…

Passam os carros e fazem tremer a casa
A casa em que estou só.
As coisas há muito já foram vividas :
Há no ar espaços extintos
A forma gravada em vazio
Das vozes e dos gestos que outrora aqui estavam.
E as minhas mãos nao podem prender nada.

Porém eu olho para a noite
E preciso de cada folha.

Rola, gira no ar a tua vida,
Longe de mim…
Mesmo para sofrer este tormento de nao ser
Preciso de estar só.

Antes a solidão de eternas partidas
De planos e perguntas,
De combates com o inextinguível
Peso de mortes e lamentaçóes
Antes a solidão porque é completa.

Creio na nudez da minha vida.
Tudo quanto me acontece é dispensável.
Só tenho o sentimento suspenso de tudo
Corn a eternidade a boiar sobre as montanhas

Jardim, jardim perdido
Os nossos membros cercando a tua ausência…
As folhas dizem urna à outra o teu segredo,
E o meu amor é oculto corno o medo.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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C’est vrai (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2015



C’est vrai:

Il faut un mur
Pour les lamentations.

(Guillevic)

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Le château (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2015





Le château

La lune, ronde, sombre,
Dans l’eau glacée d’un lac
Laisse sa trace.
Le rocher aux reflets marbrés
Masse sombre,
Couronnée d’ombre:
C’est le château des chevaliers
Et des secrets.
Témoin de l’histoire
Il est sa mémoire.

Quelle sorcière, naguère, y fit retentir
Ses larmes, ses soupirs,
Ses prières et ses malédictions
Peut-être ses lamentations ?

Fantômes pourpres ou argent,
N’êtes-vous pas la mémoire du temps?
L’empreinte du bûcher
Où tout fut consumé?

Tout dort…
Seules quelques lumières
Altières
Du haut du château endormi
Scintillent dans la nuit.

(Mireille Gaglio)

Illustration

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Comme… (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2015



 

Euan Macleod x [1280x768]

Comme…

comme sur le ciel de nuit, les nuages glissent au dessus de la forêt
comme sur le cou du vagabond, un foulard battu par le vent
comme tendus vers là-haut vos bras étoilés
et ici sont les nôtres, et ici sont les nôtres

comme les sanglots sans larmes dans la nuit pluvieuse

comme coupable-non-coupable remords de conscience
qu’on vit et les morts sont si nombreux, nombreux

comme les sanglots sans larmes dans la nuit pluvieuse

comment soigner les blessures faites avec précision
comment recoller le coeur écrasé en poussière

comme les sanglots sans larmes dans la nuit pluvieuse

la pierre énorme, la pierre énorme
je vais monter sur elle, elle va monter sur moi
elle va monter sur moi, je vais me lever de dessous d’elle

comme les sanglots sans larmes dans la nuit pluvieuse

comme une sphère en or au dessus des eaux
comme l’aube en dessous des yeux gonflés
comme les belles aurores, les prés merveilleux
comme la poitrine de Soleil
comme porter sa bosse
comme ce chant de lamentation
pour vous mes soeurs nébuleuses

comme courir jusqu’à la fin, tu te reposeras plus tard
les détours merveilleux, les détours merveilleux

(Edward Stachura)

Illustration: Euan Macleod

 

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