Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lamenter’

Chênes mystérieux (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



 

chênes

Chênes mystérieux, forêt de la Grésigne

Chênes mystérieux, forêt de la Grésigne,
Qui remplissez le gouffre et la crête des monts,
J’ai vu vos clairs rameaux sous la brise bénigne
Balancer doucement le ciel et ses rayons.

Ah ! Dans le sombre hiver, pendant les nuits d’orage,
Lorsqu’à votre unisson lamentent les corbeaux,
Lorsque passe l’éclair sur votre fier visage,
Chênes que vous devez être encore plus beaux !

(Jean Moréas)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En regardant les esquifs à San Sabba (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



En regardant les esquifs à San Sabba

J’entendis leurs cœurs
Crier vers l’amour
Dans le vol des rames
Et les herbes des
Prairies soupirer :
Ah, ne reviens plus!

O cœurs, soupirs d’herbes,
D’amour éventés
Que vos bannerets
Vainement lamentent!
Le vent fou qui passe
Ne s’en revient plus.

***

Watching the needleboats at San Sabba

I heard their young hearts crying
Loveward above the glancing oar
And heard the prairie grasses sighing:
No more, return no more!

O hearts, O sighing grasses,
Vainly your loveblown bannerets mourn!
No more will the wild wind that passes
Return, no more return.

(James Joyce)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La vie est du futur un souhait agréable (Jean-Baptiste Chassignet)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




Illustration: Carrie Vielle
    
La vie est du futur un souhait agréable

La vie est du futur un souhait agréable,
Et regret du passé, un désir indompté
De goûter et tâter ce qu’on n’a pas goûté ;
De ce qu’on a goûté, un dégoût incurable :

Un vain ressouvenir de l’état désirable
Des siècles jà passés, du futur souhaité,
Un espoir incertain, frivolement jeté
Sur le vain fondement d’une attente muable.

Une horreur de soi-même, un souhait de sa mort,
Un mépris de sa vie, un gouffre de remords,
Un magasin de pleurs, une mer de tempête :

Où plus nous approchons du rivage lointain,
Plus nous nous regrettons et lamentons en vain
Que le vent ait si tôt notre course parfaite.

(Jean-Baptiste Chassignet)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il est doux d’écouter le roseau (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



 

 

Il est doux d’écouter le roseau

Il est doux d’écouter le roseau qui soupire
Avec d’autres roseaux dans un riant vallon:
Un front pensif se courbe à ces accords que tire
Des chênes assemblés le rapide aquilon.

Mais, qu’auprès de la voix de l’arbre solitaire,
Les roseaux, la chênaie exhalent un vain bruit,
Quand sur la triste plaine où descend le mystère,
Elle lamente au vent qui précède la nuit !

(Jean Moréas)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fais comme l’oiseau (Michel Fugain)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais je suis seul dans l’univers
J’ai peur du ciel et de l’hiver
J’ai peur des fous et de la guerre
J’ai peur du temps qui passe, dit
Comment peut on vivre aujourd’hui
Dans la fureur et dans le bruit
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais l’amour dont on m’a parlé
Cet amour que l’on m’a chanté
Ce sauveur de l’humanité
Je n’en voit pas la trace, dit
Comment peut on vivre sans lui
Sous quelle étoile, dans quel pays
Je n’y crois pas, je n’y crois plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais j’en ai marre d’être roulé
Par des marchands de liberté
Et d’écouter se lamenter
Ma gueule dans la glace, dit
Est-ce que je dois montrer les dents
Est-ce que je dois baisser les bras
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

(Michel Fugain)


Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :