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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



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DES L’AUBE…

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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Comme les hirondelles (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



Comme les hirondelles

Le temps avait passé.
La maison s’était assoupie.

Les filles étaient parties.
Des gendres barbus
étaient venus s’installer à notre table.

Et voici les chambres se recouvrent de linge blanc.
Les langes encombrent les baignoires.
Les placards s’entrouvrent
libérant les cris et les rires
que nous venions de ranger.

Dans la maison vieillissante,
avec le printemps,
les hirondelles sont revenues.

(Gabriel Cousin)


Illustration

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Brise-lames (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



Illustration: Hinke Schreuders
    
Brise-lames
femme des eaux marines
je plonge mon bras
dans tes dentelles blanches
et je touche ton horizon de coton
dénudée
les mains sur la nuque
tu te moques du vent
et de ses caresses aveugles
mais le vent
comme la vague qui vient
te touche de sa langue verte

(Luis Mizón)

 

Recueil: Poèmes d’eau et de lumière
Traduction:
Editions: Al Manar

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J’ignore (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2016



J’ignore ; j’ignore tout d’un homme perdu
dans le soleil révélé de sa mort.
Seul, inconnu de tous, dans une lumière étrange.
J’ignore qui sera celui-là
dont le regard ne sera plus compréhensible,
le même et un autre que celui qui écrit à présent :
je n’ai pas peur de finir

Je vacille pendant que la phrase qui nomme la Mort
découvre en même temps l’impossibilité de la nommer.
La Mort est là où le langage est impossible.

Alors : je parle d’elle,
mais je n’en parle pas,
puisque je parle.

C’est à l’instant de cette constatation
que je découvre le poème.
Il était sous le drap.

(Jean Tortel)

 

 

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Ô Spasmes (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2016



Ô Spasmes, mélange
Du diable avec l’Ange
Sous le même lange
Où battent leurs coeurs
S’exalte un échange
De vives liqueurs.

(Paul Valéry)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Que ce rien vienne à ton réveil (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2016



Que ce rien vienne à ton réveil
A peine au sortir de l’étrange
Abîme d’ombre du sommeil,
A peine tes yeux sous leur frange

Cherchent encor s’il fait soleil
Et qu’étirée au creux des langes
De la nuque jusqu’à l’orteil
A tes tiédeurs tu te mélanges,

Ceci vient, pour te dire, Amour,
Que quelqu’un, bien avant le jour,
Que j’aime moins que je ne t’aime,

Te parlait, mêlant aux propos
L’impossible et le tendre thème
De caresser ton doux repos.

(Paul Valéry)

 

 

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PARLE-MOI (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2016



PARLE-MOI

Donne-moi la brise en les feuilles rieuses,
Et le vent qui court en poussière aux chemins,
Et l’arôme sain des flores pieuses,
Tous les hiers et les demains;

Donnez-moi le poème des fleuves graves,
Le regard placide des lacs oubliés,
Le rêve intraduit des heures suaves
Où nos regrets sont palliés;

Donnez-moi l’Océan, en la nuit, qu’on écoute
— En la nuit des yeux clos ou des astres voilés —
Donne-moi l’aveu de ton âme toute
Et le son de tes songes parlés;

Parle-moi de ta voix aux gammes réelles
— Que m’importe, à présent, la banale victoire:
J’ai songé vingt ans à des choses mortelles,
Et l’Ombre m’a drapé de ses langes de gloire.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je suis passé dans une rue étrange (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



 

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Je suis passé dans une rue étrange
où des enfants blonds compissaient leurs langes.

À la porte d’un restaurant
un écriteau était collé:

ICI ON PEUT APPORTER SON MANGER

À la porte d’un hôtel meublé
un écriteau était collé:

ICI ON PEUT APPORTER SON AMOUR

(Robert Desnos)

 

 

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Deux filles La Lola (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



 

Elle est sous l’oranger,
lavant des langes de coton.
Ses yeux sont verts
et sa voix violette.

Oh, amour
sous l’oranger en fleur!

L’eau dans le canal
débordait de soleil.
Parmi les olives
chantait un moineau.

Oh, amour
sous l’oranger en fleur!

Et quand elle aura
fini son savon,
les petits toreros viendront.

Oh, amour
sous l’oranger en fleur!

***

Dos Muchachas

La Lola

Bajo el naranjo lava
pañales de algodon.
Tiene verdes los ojos
y violeta la voz.
!Ay, amor,
bajo el naranjo en flor!

El agua de la acequia
iba llena de sol,
en el olivarito
cantaba un gorrion.

!Ay, amor,
bajo el naranjo en flor!

Luego, cuando la Lola
gasta todo el jabon,
vendran los torerillos.

!Ay, amor,
bajo el naranjo en flor!

(Federico Garcia Lorca)

 

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