Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘langoureuse’

Lassitude (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Koh Sang Woo 1978 - Korean photographer -   (6)

Lassitude

De la douceur, de la douceur, de la douceur!
Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante.
Même au fort du déduit, parfois, vois-tu, l’amante
Doit avoir l’abandon paisible de la soeur.

Sois langoureuse, fais ta caresse endormante,
Bien égaux les soupirs et ton regard berceur.
Va, l’étreinte jalouse et le spasme obsesseur
Ne valent pas un long baiser, même qui mente!

Mais dans ton cher coeur d’or, me dis-tu, mon enfant,
La fauve passion va sonnant l’oliphant.
Laisse-la trompetter à son aise, la gueuse!

Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main,
Et fais-moi des serments que tu rompras demain,
Et pleurons jusqu’au jour, ô petite fougueuse!

(Paul Verlaine)

Illustration: Koh Sang Woo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A l’aube d’un avril où naquit ta chanson (Ali Hamouda)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2016



Refleurisse le temps sur la crête des vagues vives
porteuses des vieux chants émergés de l’oubli.
Les barques dansent sous la brise,
valse des parasols dans les soirs du vieux port
où glissent langoureuses les filles d’Italie.

Refleurisse le temps sur l’humble rive où je suivais tes pas
le temps de ma trentième enfance
le temps de l’espérance frêle
comme l’écume comme ta voix et mon sourire
à tes joues d’enfant
à l’aube d’un avril où naquit ta chanson.

(Ali Hamouda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

POUR UNE ÉTERNITÉ LANGOUREUSE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016


 


 

ecorche

POUR UNE ÉTERNITÉ LANGOUREUSE

(sur un vers de Lorand Gaspar)

chant
dans les muscles du chant
tu écoutes
inlassablement
cette grande réserve de bouches
en lisière de tout
ce souffle premier
intarissable
comme il retentit dans le corps
par tout le corps
comme il s’exacerbe
comme il traverse le temps
autrement

chant
dans les muscles du chant
le pouls bat plus fort
une brève une longue
une brève une longue
systole diastole
mise en voix mise en vie
c’est le soufflet du coeur
qui descend dans la nuit

profondément
très profondément
dans toutes les nuits

chant
dans les muscles du chant
Thelonious Monk
qui rêve d’emplir l’univers
d’un flux sonore
dune langue pariétale
Marina Tsvétaïéva
dont les cheveux brûlent
lorsqu’elle lit ses premières pièces
aux jeunes acteurs
du théâtre d’Art de Moscou

chant
dans les muscles du chant
plasma de parole
voix dans la voix
intelligence respiratoire
qui convoque
le monde entier
à l’intérieur d’un seul mot

chant
dans les muscles du chant
pourquoi craindre la mort
pourquoi inventer mille croyances
pour la déguiser
trou noir

ou nuit semée d’étoiles
oublions la marche du temps
nous dit Tchouang-tseu
appelons-en à l’infini

chant
dans les muscles du chant
dans la fraîcheur du lâcher-prise
ou
dans le givre du matin
ou
dans ce saut de pensée soudain
ni ici ni là
ou dans
tout ce que vous voulez
ou plutôt
tout ce que vous aimez

chant
dans les muscles du chant
jusqu’à l’essentiel pressentiment
sans règles ni dogmes
où tout se fait et se défait
une immensité
trempée jusqu’aux os

chant
dans les muscles du chant
chant
qui habite le chant
des langues brûlées
pour faire dire aux mots
ce qu’ils ne peuvent dire
plus que jamais

(Zéno Bianu)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les hirondelles du soir (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Douloureuses langoureuses
Les hirondelles du soir

Perpétuent une famille
Qui ne connaît que chaleur

Une seule saison sonne
Un seul souci de bonheur

(Paul Eluard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’immense abîme (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



L’immense abîme est sombre et transparent,
La fenêtre langoureuse blanchit.
Qu’est-ce qui fait le coeur, si lentement
Et si obstinément s’appesantir ?

Tantôt il coule vers le fond de tout son poids,
Ayant du cher limon la nostalgie,
Tantôt brin de paille manquant la profondeur,
Il fait surface sans effort.

Avec une feinte douceur, reste au chevet
Et sois toute ta vie par toi-même bercé,
Souffre de ton angoisse comme d’une fable,
Et sois tendre, mais avec un superbe ennui.

(Ossip Mandelstam)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :