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LA MERE A SON FILS (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



 

Christian Carrette  infinity-stairs- [1280x768]

LA MERE A SON FILS

Eh bien mon fils, je vais te dire quelque chose :
La vie ça n’a pas été pour moi un escalier de verre.
Il y a eu des clous,
Des échardes,
Et des planches défoncées,
Et des endroits sans moquettes,
A nu.
Mais quand même,
Je grimpais toujours,
Je passais les paliers,
Je prenais les tournants,
Et quelquefois j’allais dans le noir
Quand y avait pas de lumière.
Alors mon garçon faut pas retourner en arrière.
Faut pas t’asseoir sur les marches
Parce que tu trouves que c’est un peu dur.
Et ne va pas tomber maintenant…
Parce que, mon fils, moi je vais toujours,
Je grimpe toujours,
Et la vie ça n’a pas été pour moi un escalier de verre.

***

Mother to Son

Well, son, I’ll tell you:
Life for me ain’t been no crystal stair.
It’s had tacks in it,
And splinters,
And boards torn up,
And places with no carpet on the floor—
Bare.
But all the time
I’se been a-climbin’ on,
And reachin’ landin’s,
And turnin’ corners,
And sometimes goin’ in the dark
Where there ain’t been no light.
So, boy, don’t you turn back.
Don’t you set down on the steps.
‘Cause you finds it’s kinder hard.
Don’t you fall now—
For I’se still goin’, honey,
I’se still climbin’,
And life for me ain’t been no crystal stair.

(Langston Hughes)

Illustration: Christian Carrette

 

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LES HISTOIRES DE TANTE SUZANNE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



 

old-black-woman

LES HISTOIRES DE TANTE SUZANNE

Tante Suzanne a la tête pleine d’histoires.
Tante Suzanne a son coeur tout plein d’histoires.
Les soirs d’été sous la véranda de la façade
Tante Suzanne serre tendrement un enfant brun sur son sein
Et lui raconte des histoires.

Des esclaves noirs
Qui travaillent à la chaleur du soleil,
Des esclaves noirs
Qui marchent dans la rosée des nuits,

Des esclaves noirs
Qui chantent des chants douloureux sur les bords d’un immense fleuve
Se mêlent sans bruit
Dans le flot continu des paroles de la vieille tante Suzanne,
Se mêlent sans bruit
Entre les ombres noires qui traversent et retraversent
Les histoires de tante Suzanne.

Et l’enfant au visage sombre qui écoute
Sait bien que les histoires de tante Suzanne sont de vraies histoires.
Il sait bien que tante Suzanne
N’a jamais tiré d’aucun livre ses histoires,
Mais qu’elles ont surgi
Tout droit de sa propre existence.

Et l’enfant au visage sombre se tient tranquille
Les soir d’été
Quand il écoute les histoires de tante Suzanne.

***

Aunt Sue’s Stories

Aunt Sue has a head full of stories.
Aunt Sue has a whole heart full of stories.
Summer nights on the front porch
Aunt Sue cuddles a brown-faced child in her bosom
And tells him stories.

Black slaves
Working in the hot sun,
And black slaves
Walking in the dewy night,
And black slaves
Singing sorrow songs on the banks of a mighty river
Mingle themselves softly
In the flow of Aunt Sue’s voice,
Mingle themselves softly
In the dark shadows that cross and recross
Aunt Sue’s stories.

And the dark-faced child, listening,
Knows that Aunt Sue’s stories are real stories.
He knows that Aunt Sue never got her stories
Out of any book at all,
But they came
Right out of her own life.

The dark-faced child is quiet
Of a summer night
Listening to Aunt Sue’s stories.

(Langston Hughes)

Illustration

 

 

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LE NOIR PARLE DES FLEUVES (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



 

Pedro Ruiz  1957 - Colombian painter -  (22) [1280x768]

LE NOIR PARLE DES FLEUVES

J’ai connu des fleuves,
J’ai connu des fleuves vieux comme le monde et plus anciens que le sang qui coule dans les veines des hommes.

Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves.

Je me suis baigné dans l’Euphrate quand l’aurore du monde était jeune.
J’ai bâti ma hutte près du Congo qui a bercé mon sommeil
J’ai regardé le Nil et j’ai construit au-dessus les Pyramides.
J’ai entendu le chant du Mississippi quand Lincoln descendit à la Nouvelle-Orléans, et j’ai vu ses fanges profondes devenir au couchant comme de l’or.

J’ai connu des fleuves,
Des fleuves très vieux et ténébreux.
Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves.

***

The Negro Speaks of Rivers

I’ve known rivers:
I’ve known rivers ancient as the world and older than the flow of human blood in human veins.

My soul has grown deep like the rivers.

I bathed in the Euphrates when dawns were young.
I built my hut near the Congo and it lulled me to sleep.
I looked upon the Nile and raised the pyramids above it.
I heard the singing of the Mississippi when Abe Lincoln went down to New Orleans, and I’ve seen its muddy bosom turn all golden in the sunset.

I’ve known rivers:
Ancient, dusky rivers.

My soul has grown deep like the rivers.

(Langston Hughes)

Illustration: Pedro Ruiz

 

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QUAND SUZANNE JONES EST VÊTUE DE ROUGE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



 

robe rouge

QUAND SUZANNE JONES EST VÊTUE DE ROUGE

Quand Suzanne Jones est vêtue de rouge,
Sa face est comme une camée antique,
Brunie par les siècles,
Viens Jésus, avec un appel de trompettes!

Quand Suzanne Jones est vêtue de rouge,
C’est une reine qui revient
D’une nuit d’Egypte depuis longtemps défunte.
Sonnez Jésus les trompettes!

Et la beauté de Suzanne Jones vêtue de rouge
Brûle au fond de mon coeur une flamme d’amour
Vive comme une douleur.

Douces trompettes d’argent,
O Jésus!

***

WHEN SUSANNA JONES WEARS RED

When Susanna Jones wears red
Herface is like an ancient cameo
Turned brown by the ages.

Come with a blast of trumpets,
Jesus!

When Susanna Jones wears red
A queen from some time-dead Egyptian night
Walks once again.

Blow trumpets, Jesus!

And the beauty of Susanna Jones in red
Burns in my heart a love-fire sharp like pain.

Sweet silver trumpets,
Jesus!

(Langston Hughes)

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CHANT FUNÈBRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



tombe 

CHANT FUNÈBRE

Ils ont emmené Cordelia
Toute seule dans la terre et les cailloux.
Ils ont emmené Cordelia
Parmi les cailloux toute seule,
Et l’ont descendue.
Ils ont posé Cordelia
Là-bas
Sous un tertre sans herbe.
Seigneur!
Seigneur!
O Seigneur!

Elle a laissé le pauvre Buddy
A vivre comme il peut.
Oui, le pauvre Buddy Jones
Qui est resté derrière.
Maintenant elle est dans la terre et les cailloux,
Mon Dieu! Elle dort toute seule.
Cordelia
Est toute seule
Dans la terre
Et les cailloux!

***

Stony Lonesome

They done took Cordelia
Out to stony lonesome ground.
Done took Cordelia
To stony lonesome,
Laid her down.
They done put Cordelia
Underneath that
Grassless mound.
Ay-Lord!
Ay-Lord!
Ay-Lord!
She done left po’ Buddy
To struggle by his self.
Po’ Buddy Jones,
Yes, he’s done been left.
She’s out in stony lonesome,
Lordy! Sleepin’ by herself.
Cordelia’s
In stony
Lonesome
Ground)

(Langston Hughes)

Illustration

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L’AMOUR RECOMMENCE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2015



 

L’AMOUR RECOMMENCE
(Blues)

Ma vie c’est rien du tout,
Des tas de choses, Dieu sait ce que c’est!
Je dis ma vie c’est rien du tout,
Des tas de choses, Dieu sait ce que c’est!
Rien qu’une chose puis une autre
Qui s’ajoute au tracas que j’ai.

Quand je t’ai connu, moi
J’ai cru que je tenais un ange d’innocence.
Quand je t’ai connu,
J’ai cru que je tenais un ange d’innocence,
Mais tu n’étais qu’un démon
Et j’ai failli en perdre tous les sens.

Dis-moi, dis-moi donc,
Ce qui fait que l’amour tant vous lance ?
Dis-moi ce qui fait
Que l’amour tant vous lance ?
Ça vous prend puis ça vous brise…
Et puis faut que ça recommence.

(Langston Hughes)

 

 

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LA-BAS (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2015



Julia Perret   t-planete

LA-BAS

Là où la mort
Etend ses vastes horizons,
Là où le soleil ne chevauche plus
A travers le firmament,
Là où le néant
Est tout,
Moi,
Qui ne suis personne
Je serai l’infini,
Et peut-être même
Dieu.

(Langston Hughes)

Illustration: Julia Perret

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LE DESERT (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2015



 

LE DESERT

N’importe qui
Vaut mieux
Que personne.

Dans le soir sans vie
Le serpent lui-même
Qui déroule
Sa terreur sur le sable…

Vaut mieux que personne
Dans ce solitaire
Pays.

***

Desert

Anybody
Better than
Nobody.

In the barren dusk
Even the snake
That spirals
Terror on the sand –

Better than nobody
In this lonely
Land.

(Langston Hughes)

Illustration: Caroline Duvivier

 

 

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LE CIEL (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2015



 

beach_stones [1280x768]

LE CIEL

Le Ciel
C’est un pays
Où il y a du bonheur
Partout.

Les animaux
Et les oiseaux chantent.
Et aussi
Toutes les choses.

Et à chaque caillou
Qui dit : « Comment vas-tu ? »
Un autre caillou répond
« Très bien, et toi ? »

***

Heaven is
The place where
Happiness is
Everywhere.
Animals
And birds sing—
As does
Everything.
To each stone,
« How-do-you-do? »
Stone answers back,
« Well! And you? »
Heaven

(Langston Hughes)

Illustration

 

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PRIÈRE A L’ARC-EN-CIEL (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2015



 

PRIÈRE A L’ARC-EN-CIEL

O Dieu de poussière
Et d’arc-en-ciel,
Aide-nous à voir
Que sans la poussière
Il n’est point
D’arc-en-ciel,
Que sans la nuit
Le matin
Serait sans gloire :
O Dieu de poussière
Et d’arc-en-ciel
Aide-nous à savoir.

***

Oh, God of dust and rainbows, help us see
That without dust the rainbow would not be

[…]

(Langston Hughes)

Illustration

 

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