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CHANT FUNÈBRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



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CHANT FUNÈBRE

Ils ont emmené Cordelia
Toute seule dans la terre et les cailloux.
Ils ont emmené Cordelia
Parmi les cailloux toute seule,
Et l’ont descendue.
Ils ont posé Cordelia
Là-bas
Sous un tertre sans herbe.
Seigneur!
Seigneur!
O Seigneur!

Elle a laissé le pauvre Buddy
A vivre comme il peut.
Oui, le pauvre Buddy Jones
Qui est resté derrière.
Maintenant elle est dans la terre et les cailloux,
Mon Dieu! Elle dort toute seule.
Cordelia
Est toute seule
Dans la terre
Et les cailloux!

***

Stony Lonesome

They done took Cordelia
Out to stony lonesome ground.
Done took Cordelia
To stony lonesome,
Laid her down.
They done put Cordelia
Underneath that
Grassless mound.
Ay-Lord!
Ay-Lord!
Ay-Lord!
She done left po’ Buddy
To struggle by his self.
Po’ Buddy Jones,
Yes, he’s done been left.
She’s out in stony lonesome,
Lordy! Sleepin’ by herself.
Cordelia’s
In stony
Lonesome
Ground)

(Langston Hughes)

Illustration

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LE CRÉPUSCULE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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LE CRÉPUSCULE

Errant au crépuscule,
Parfois
Vous vous égarez dans le crépuscule…
Et d’autres fois pas.

En battant de vos poings
La muraille,
Vous vous brisez les os
Sur la muraille…
Et d’autres fois pas.

On sait qu’il est arrivé aux murailles
De s’écrouler,
Au crépuscule de se changer en aube,
Et aux chaînes de tomber.

***

Dusk

Wandering in the dusk,
Sometimes
You get lost in the dusk–
And sometimes not.

Beating your fists
Against the wall,
You break your bones
Against the wall —
But sometimes not.

Walls have been known
To fall,
Dusk turn to dawn,
And chains are gone!

(Langston Hughes)

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LE DESIR (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Carrie Lingscheit  (18)

LE DESIR

Le désir pour nous
C’était comme une double mort,
La mort rapide
De nos souffles confondus,
L’exhalaison
D’un parfum étrange et inconnu,
Vite entre nous
Dans une chambre
Toute nue.

***

Desire

Desire to us
Was like a double death,
Swift dying
Of our mingled breath,
Evaporation
Of an unknown strange perfume
Between us quickly
In a naked
Room.

(Langston Hughes)

Illustration: Carrie Lingscheit

 

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CHANTS A LA JEUNE FILLE NOIRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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CHANTS A LA JEUNE FILLE NOIRE

Que ne suis-je
Un joyau
Un joyau brisé
Pour que tombent à tes pieds
Tous mes diamants éclatants,
O ma ténébreuse!
Que ne suis-je
Un vêtement
Un vêtement de soie chatoyante,
Pour que tous mes plis
Enveloppent ton corps,
Absorbent ton corps,
Soutiennent et cachent ton corps,
O ma ténébreuse!
Que ne suis-je
Une flamme,
Une flamme unique, vive et bondissante,
Pour anéantir ton corps
O, ma ténébreuse!

(Langston Hughes)

 

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LES HISTOIRES DE TANTE SUZANNE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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LES HISTOIRES DE TANTE SUZANNE

Tante Suzanne a la tête pleine d’histoires.
Tante Suzanne a son coeur tout plein d’histoires.
Les soirs d’été sous la véranda de la façade
Tante Suzanne serre tendrement un enfant brun sur son sein
Et lui raconte des histoires.

Des esclaves noirs
Qui travaillent à la chaleur du soleil,
Des esclaves noirs
Qui marchent dans la rosée des nuits,

Des esclaves noirs
Qui chantent des chants douloureux sur les bords d’un immense fleuve
Se mêlent sans bruit
Dans le flot continu des paroles de la vieille tante Suzanne,
Se mêlent sans bruit
Entre les ombres noires qui traversent et retraversent
Les histoires de tante Suzanne.

Et l’enfant au visage sombre qui écoute
Sait bien que les histoires de tante Suzanne sont de vraies histoires.
Il sait bien que tante Suzanne
N’a jamais tiré d’aucun livre ses histoires,
Mais qu’elles ont surgi
Tout droit de sa propre existence.

Et l’enfant au visage sombre se tient tranquille
Les soir d’été
Quand il écoute les histoires de tante Suzanne.

***

Aunt Sue’s Stories

Aunt Sue has a head full of stories.
Aunt Sue has a whole heart full of stories.
Summer nights on the front porch
Aunt Sue cuddles a brown-faced child in her bosom
And tells him stories.

Black slaves
Working in the hot sun,
And black slaves
Walking in the dewy night,
And black slaves
Singing sorrow songs on the banks of a mighty river
Mingle themselves softly
In the flow of Aunt Sue’s voice,
Mingle themselves softly
In the dark shadows that cross and recross
Aunt Sue’s stories.

And the dark-faced child, listening,
Knows that Aunt Sue’s stories are real stories.
He knows that Aunt Sue never got her stories
Out of any book at all,
But they came
Right out of her own life.

The dark-faced child is quiet
Of a summer night
Listening to Aunt Sue’s stories.

(Langston Hughes)

Illustration

 

 

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LA-BAS (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



Julia Perret   t-planete

LA-BAS

Là où la mort
Etend ses vastes horizons,
Là où le soleil ne chevauche plus
A travers le firmament,
Là où le néant
Est tout,
Moi,
Qui ne suis personne
Je serai l’infini,
Et peut-être même
Dieu.

(Langston Hughes)

Illustration: Julia Perret

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UN ALLER SIMPLE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Martin Luther King

UN ALLER SIMPLE

J’ramasse ma vie
Je l’emporte avec moi
Et j’la dépose
A Chicago, à Detroit
A Buffalo, à Scranton.
N’importe où
Au Nord, à l’Est…
Que ce ne soit pas Dixie.

J’ramasse ma vie
Et j’la mets dans le train
Jusqu’à Los Angeles, Bakersfield,
Seattle, Oakland, Salt Lake,
N’importe où
Au Nord, à l’Ouest…
Que ce ne soit pas le Sud.

J’en ai marre
Des règlements pour Jim Crow,
Des gens qui sont cruels
Et qui ont peur.
Des gens qui lynchent et qui courent,
Des gens que j’effraie
Et qui m’effraient.

***

One Way Ticket

I pick up my life,
And take it with me,
And I put it down in
Chicago, Detroit,
Buffalo, Scranton,
Any place that is
North and East,
And not Dixie.

I pick up my life
And take it on the train,
To Los Angeles, Bakersfield,
Seattle, Oakland, Salt Lake
Any place that is
North and West,
And not South.

I am fed up
With Jim Crow laws,
People who are cruel
And afraid,
Who lynch and run,
Who are scared of me
And me of them

I pick up my life
And take it away
On a one-way ticket-
Gone up North
Gone out West
Gone

(Langston Hughes)

 

 

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LEVER DU JOUR EN ALABAMA (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



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LEVER DU JOUR EN ALABAMA

Quand je serai devenu compositeur
J’écrirai pour moi de la musique sur
Le lever du jour en Alabama.
J’y mettrai les airs les plus jolis
Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages
Et qui tombent du ciel comme des rosées douces.
J’y mettrai des arbres très hauts très hauts,
Et le parfum des aiguilles de pins
Et l’odeur de l’argile rouge après la pluie
Et les longs cous rouges
Et les visages couleur de coquelicot
Et les gros bras bien bruns
Et les yeux pâquerettes
Des noirs et des blancs des noirs des blancs et des noirs,
Et j’y mettrai des mains blanches
Et des mains noires des mains brunes et des mains jaunes
Et des mains d’argile rouge
Qui toucheront tout le monde avec des doigts amis,
Qui se toucheront entre elles ainsi que des rosées
Dans cette aube harmonieuse,
Quand je serai devenu compositeur
Et que j’écrirai sur le lever du jour
En Alabama.

***

Daybreak In Alabama

When I get to be a composer
I’m gonna write me some music about
Daybreak in Alabama
And I’m gonna put the purtiest songs in it
Rising out of the ground like a swamp mist
And falling out of heaven like soft dew.
I’m gonna put some tall tall trees in it
And the scent of pine needles
And the smell of red clay after rain
And long red necks
And poppy colored faces
And big brown arms
And the field daisy eyes
Of black and white black white black people
And I’m gonna put white hands
And black hands and brown and yellow hands
And red clay earth hands in it
Touching everybody with kind fingers
And touching each other natural as dew
In that dawn of music when I
Get to be a composer
And write about daybreak
In Alabama.

(Langston Hughes)

Illustration

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LES ÉTOILES (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



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LES ÉTOILES

Cette traînée d’étoiles sur les rues de Harlem
Ce léger souffle d’oubli qu’est la nuit.
Toute une ville s’élève
Au chant d’une mère.
Toute une ville rêve
Au son d’une berceuse.
Tends ta main, petit enfant noir, et prends une étoile.
Du fond de ce léger souffle d’oubli
Qu’est la nuit,
Ne prends
Qu’une seule étoile.

***

O, sweep of stars over Harlem streets,
O, little breath of oblivion that is night.
A city building
To a mother’s song.
A city dreaming
To a lullaby.
Reach up your hand, dark boy, and take a star.
Out of the little breath of oblivion
That is night,
Take just
One star.

(Langston Hughes)

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LA MERE A SON FILS (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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LA MERE A SON FILS

Eh bien mon fils, je vais te dire quelque chose :
La vie ça n’a pas été pour moi un escalier de verre.
Il y a eu des clous,
Des échardes,
Et des planches défoncées,
Et des endroits sans moquettes,
A nu.
Mais quand même,
Je grimpais toujours,
Je passais les paliers,
Je prenais les tournants,
Et quelquefois j’allais dans le noir
Quand y avait pas de lumière.
Alors mon garçon faut pas retourner en arrière.
Faut pas t’asseoir sur les marches
Parce que tu trouves que c’est un peu dur.
Et ne va pas tomber maintenant…
Parce que, mon fils, moi je vais toujours,
Je grimpe toujours,
Et la vie ça n’a pas été pour moi un escalier de verre.

***

Mother to Son

Well, son, I’ll tell you:
Life for me ain’t been no crystal stair.
It’s had tacks in it,
And splinters,
And boards torn up,
And places with no carpet on the floor—
Bare.
But all the time
I’se been a-climbin’ on,
And reachin’ landin’s,
And turnin’ corners,
And sometimes goin’ in the dark
Where there ain’t been no light.
So, boy, don’t you turn back.
Don’t you set down on the steps.
‘Cause you finds it’s kinder hard.
Don’t you fall now—
For I’se still goin’, honey,
I’se still climbin’,
And life for me ain’t been no crystal stair.

(Langston Hughes)

Illustration: Christian Carrette

 

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