Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lapin’

Bonté (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
Bonté

La Bonté me rend visite.
Dame Bonté, elle est trop aimable !
Ses joyaux rouges et bleus étincellent
Dans la buée des fenêtres, les miroirs
Se remplissent de sourires.

Quoi d’aussi vrai que le cri d’un enfant?
Le cri du lapin est peut-être plus sauvage
Mais il n’a pas d’âme.
Le sucre guérit de tout, puisque Bonté le dit.
Le sucre est un fluide essentiel,

Ses cristaux font de petits cataplasmes.
Oh la Bonté de Bonté
Qui ramasse gentiment les morceaux !
Les papillons désespérés de mes soieries japonaises
Seront bien vite épinglés, bien vite anesthésiés.

Et te voilà avec une tasse de thé,
Attention délicate.
Si le sang jaillit, c’est la poésie,
Rien ne peut l’arrêter.
Et tu me tends deux enfants, tu me tends deux roses.

(Sylvia Plath)

 

Recueil: Ariel
Traduction:
Editions: Gallimard
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE LAPIN (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE LAPIN

Tirer un lapin d’un chapeau : bien joli tour,
surtout si c’est un vrai lapin.
Tirer un lapin de rien du tout,
c’est mieux encore et ça devient le travail du Créateur.
La création est comme un gros lapin,
tiré de quel chapeau ?
Mais voilà: est-ce un vrai lapin ?

(Norge)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | 4 Comments »

220 satoris mortels (François Matton)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration

    

Quand ce serait l’heure d’y aller
mais qu’on n’y est pas du tout

Quand en sauvant un papillon
attaqué par des fourmis
on se prend pour un saint

Quand on est si loin de chez soi
qu’on finit par l’oublier

Quand on est couché dans son lit
et qu’on entend soudainement craquer
le plancher du grenier

Quand le spectacle de la Nature
devient le seul spectacle supportable

Quand on est heureux
et malheureux
simultanément
sans raison

Quand
OH Regarde

Quand un arc-en-ciel
une colline jaune
un lapin à deux pas

Quand la projection
est subitement suspendue

Quand on ne saurait dire
si le monde préexiste à la perception

Quand toutes les salles se vident
et que le silence revient

Qaund passer le balai
se révèle plus efficace
qu’avaler un anxiolytique

Quand on n’est plus personne
à l’instant où le petit oiseau va sortir

Quand tout paraît
bulles de savon
à la surface
et au-dedans

Quand un changement de focale
sauve du monde bavard des hommes

Quand on se demande bien
pourquoi
on n’a pas commencé par là

Quand la montagne
déplace la Foi

Quand on hésite à frapper
au seuil de l’Inconnu

Quand on jurerait être
déjà passé par là

Quand les mots s’espacent
à mesure que le souffle s’allonge

Quand la joie se réveille
au moment où
on s’y attend le moins

Quand toute votre enfance resurgit
du simple fait d’être
monté au grenier

Quand on s’arrête
soudainement
de se croire
un monstre

Quand ça chatouille les chakras
à travers la forêt
des plaisir sensoriels

Quand tout l’éclat du monde
se concentre sur un seul point

Quand on espère très fort
que ça n’est pas une mauvaise blague

Quand bêtement
d’un coup
on ne veut plus
mourir

Quand vous n’avez
plus de tête
et que vous ne
le regrettez pas

Quand on assiste
au retour inopiné
de figures
très aimées

Quand la joie descend
jusqu’aux orteils

Quand la tentation est trop forte
bien que le panneau soit énorme

Quand ça semblerait bien
pouvoir durer toujours

Quand Ouuuiii ii i iii i i i i

Quand on n’a plus
qu’une envie

Quand il fait si bon
si doux
si tout

Quand cet élan
qui nous prend
c’est le pur Amour

[…]

(François Matton)

 

Recueil: 220 satoris mortels
Traduction:
Editions: P.O.L.

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai vu… (Huguette Amundsen)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



lapin violonniste

J’ai vu…

J’ai appelé le terrassier
il marchait à cloche-pied
j’ai appelé le moissonneur
il jurait comme un voleur
j’ai appelé le cordonnier
il jetait tous ses souliers
alors je m’en suis allée
j’ai vu des hannetons
tâtonnant en rond
j’ai vu des limaces
faire la grimace
j’ai vu une libellule
très crédule
puis me penchant encore
j’ai vu un chou-fleur
chercher l’heure
j’ai vu un artichaut
qui rêvait d’être au chaud
chemin faisant
j’ai vu un lampadaire
le nez en l’air
j’ai vu un vélo
près de l’eau
j’ai vu un canard
en retard
j’ai vu un lapin
jouer au crincrin
puis j’ai vu des gens
mécontents
car ils ne voyaient rien

(Huguette Amundsen)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La Mère Michel (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




La Mère Michel

C’est la mère Michel qui a perdu son chat,
Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra. (bis)
C’est le père Lustucru qui lui a répondu :
Mais non la mère Michel vot’ chat n’est pas perdu.

Sur l’air du tra la la la
Sur l’air du tra la la la
Sur l’air du tra dé ri dé ra, et tra la la la (bis)

C’est la mère Michel qui lui a demandé :
Mon chat n’est pas perdu, vous l’avez donc trouvé ? (bis)
C’est le père Lustucru qui lui a répondu :
Donnez une récompense, il vous sera rendu.

Sur l’air du tra la la la
Sur l’air du tra la la la
Sur l’air du tra dé ri dé ra, et tra la la la (bis)

Et la mère Michel lui dit : C’est décidé
Si vous m’rendez mon chat, vous aurez un baiser. (bis)
Et le père Lustucru qui n’en a pas voulu,
Lui dit : Pour un lapin votre chat est vendu.

Sur l’air du tra la la la
Sur l’air du tra la la la
Sur l’air du tra dé ri dé ra, et tra la la la (bis)

C’est la mère Michel qui a perdu son chat,
Pauvre mère Michel
C’est la mère Michel qui a perdu son chat,
Pauvre mère Michel
Pauvre mère Michel

(Anonyme)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE GRAND CONTEUR GLORIFIE L’OISEAU MAÏS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



OLYMPUS DIGITAL CAMERA

LE GRAND CONTEUR GLORIFIE L’OISEAU MAÏS

Libre et prisonnier dans la cage de la brise,
tu te nourris de rire,
de maïs de rire !
Une araignée s’esquive :
ton coup de bec est redoutable,
et te suit la fourmi,
te suivent l’agouti, le lapin, l’écureuil
qui vivent de ta ruse.
Tu te nourris de rire,
de maïs de rire,
libre et prisonnier dans la cage de la brise !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MORT DU FURET (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




MORT DU FURET

Entré dans un terrier, il pénétra jusqu’au lapin hagard
suça son sang
s’en saoula, s’endormit;
la fumée des feux de brandes
allumés par les paysans chiches
qui parlent par monosyllabes
ne le réveilla pas
d’une mortelle torpeur.
Sur le chemin s’en revenaient ces petites filles
aux cours à nervures aussi nettes
que celles des feuilles du lilas.
Le lapin saigné demeura sans odeur
mais les furets dès qu’irrités
dégagent une morne puanteur
qui survit tristement après leur mort crépusculaire.

(Jean Follain)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma vie près de l’eau (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



hfad026001, 2009-10-06, 11:03 ,  8C, 3248x3888 (504+2144), 100%, Repro 2.2 v2,  1/60 s, R62.3, G48.8, B58.4

 

ma vie près de l’eau

ma vie
près de l’eau –
Écoute

la première
grenouille
du printemps

ou la planche
sur le sol froid
qui craque

Les rats musqués
rongent
les portes

de la jungle verte
des arts et lettres
Razzia

des lapins
sur mes laitues
Un bateau

deux –
pointés vers
ma grève

sous les envols
gouttes d’ailes
traîne d’algues

de la tendre
et grave –
Eau

***

my life
by water —
Hear

spring’s
first frog
or board

out on the cold
ground
giving

muskrats
gnawing
doors

no wild green
arts and letters
Rabbits

raided
my lettuce
One boat

two —
pointed toward
my shore

thru birdstart
wingdrip
weed-drift

of the soft
and serious —
Water

(Lorine Niedecker)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Perdre son temps vingt-quatre heures par jour (Dôgen)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018


Tenniel-01

Plus de quarante ans
Ont passé
Aussi vite qu’un lapin
Qui s’enfuit, qu’un corbeau
Dans le ciel immense.

(Dôgen)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON DE CHARME (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



 

CHANSON DE CHARME

Chérie viens près de moi
Ce soir je veux chanter
Une chanson pour toi.

Une chanson sans larmes
Une chanson légère
Une chanson de charme.

Le charme des matins
Emmitouflés de brume
Où valsent les lapins.

Le charme des étangs
Où de gais enfants blonds
Pêchent des caïmans.

Le charme des prairies
Que l’on fauche en été
Pour pouvoir s’y rouler.

Le charme des cuillères
Qui raclent les assiettes
Et la soupe aux yeux clairs.

Le charme de l’oeuf dur
Qui permit à Colomb
Sa plus belle invention.

Le charme des vertus
Qui donnent au péché
Goût de fruit défendu.

J’aurais pu te chanter
Une chanson de chêne
D’orme ou de peuplier

Une chanson d’érable
Une chanson de teck
Aux rimes plus durables.

Mais sans bruit ni vacarme
J’ai préféré tenter
Cette chanson de charme.

Charme du vieux notaire
Qui dans l’étude austère
Tire l’affaire au clair.

Le charme de la pluie
Roulant ses gouttes d’or
Sur le cuivre du lit.

Le charme de ton coeur
Que je vois près du mien
Quand je pense au bonheur.

Le charme des soleils
Qui tournent tout autour
Des horizons vermeils.

Et le charme des jours
Effacés de nos vies
Par la gomme des nuits.

(Boris Vian)


Illustration: William Bouguereau

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :