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Poésie

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L’héritage est sur notre visage (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



l’héritage est sur notre visage ô presque rien
un soupir un sourire une sorte de neige

une inclination pour la horde
le consentement la ressemblance une fourrure
étouffée derrière le front les yeux les lèvres

la douceur de la souffrance rend supportable
l’incertain crédible la pensée de vivre

nous attendons l’incident la fin du jour

cette attente nous dépouille et nous guide
elle est le givre intact le partage

la surface de nos convulsions le lapsus
qui nous regarde et ne s’achève

cette pupille de la nuit qu’aucun voyageur
ne traverse

elle est le vocabulaire de la brèche
le verbe en soi pour amener hors du temps

l’intensité des réponses

(Dominique Sampiero)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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Avec nos vies (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016




Avec nos vies nous exprimons quelque chose
dans le choeur des lapsus fredonnés.

(Tomas Tranströmer)


Illustration: Joan Miró

 

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AURELIA (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



30 juillet. L’archipel s’est fait excentrique – aujourd’hui,
pour la première fois depuis des années, l’eau
grouille de méduses, elles progressent avec calme
et avec douceur, elles appartiennent à la même
compagnie maritime: AURELIA, elles dérivent comme
des fleurs après des obsèques en mer, lorsqu’on les
retire de l’eau, elles perdent toute forme comme si
l’on tirait de l’ombre une indicible vérité qui se
formulait en gelée amorphe, elles sont en fait
intraduisibles, elles ne peuvent que rester dans leur élément.

2 août. Quelque chose voudrait être dit, mais les mots
ne suivent pas.
Quelque chose qui ne peut être dit, aphasie,
il n’y a pas de mots, mais peut-être un style…
Il arrive qu’on se réveille la nuit
et qu’on jette très vite quelques mots
sur le papier le plus proche, dans la marge d’un journal
(les mots rayonnent de significations!)
mais le matin : les mêmes mots ne veulent plus rien
dire, des gribouillis, des lapsus.
Ou les fragments du grand style nocturne qui nous
aurait frôlés ?

(Tomas Tranströmer)

 

 

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